‹ Obermann;Chapitre 96 sur 121 · avenir, rarrangement A B · texte numérisé non relu

avenir, rarrangement A B

qu'au jour où un homme, qui a trop peu vécu, s'est mis 210 à déchirer quelque partie du voile étendu par les barbares I.

Ensuite je fais un mouvement qui me distrait, je change d'attitude, et je ne vois plus rien de tout cela.

D'autres fois je me trouve dans une situation indéfinis-

215 sable ; je ne dors ni ne veille, et cette incertitude me plaît beaucoup. J'aime à mêler, à confondre les idées du jour et celles du sommeil. Souvent il me reste un peu de l'agitation douce que laisse un songe animé, effrayant, singulier, rempli de ces rapports mystérieux et de cette inco-

220 hérence pittoresque qui amusent l'imagination.

Le génie de l'homme éveillé n'atteindrait pas à ce que lui présentent les caprices de la nuit. Il y a quelque temps que je vis une éruption de volcan ; mais jamais Thorreur des volcans ne fut aussi grande, aussi épouvantable, aussi

225 belle. Je voyais d'un lieu élevé ; j'étais, je crois, à la fenêtre d'un palais, et plusieurs personnes étaient auprès de moi. C'était pendant la nuit, mais elle était éclairée. La Lune et Saturne paraissaient dans le ciel, entre des nuages épars, et entraînés rapidement, quoique tout le

230 reste fût calme. Saturne était près de la Terre ; il paraissait plus grand que la Lune, et son anneau, blanc comme le métal que le feu va mettre en fusion, éclairait la plaine immense culti | vée et peuplée. Une longue chaîne, très- [469] éloignée, mais bien visible, de monts neigeux, élevés,

235 uniformes, réunissait la plaine et les cieux. J'examinais :

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