SUR W1£LAND. IX
du Pygmalion de Sainte-Hyacinthe , ^dans laquelle, fondant ensemble la doctrine de Leibnitz et celle d« Démocrite, Ressayai de démontrer que Vénus « sans le secours de Dieu et par Teffat seul des lois intimes du mouvement, avait pu naître de Técuroe de la mer, et j*en concluais que le monde avait pu se former sans rinlervention de Dieu. Mais je prouvais en même temps que Dieu n'en existait pas moins comme âme de ce monde. Cet écrit tomba entre les mains de mes mattres et m'attira beaucoup de désagréments « qui eussent été plus sérieux si ma conduite, sous tous les rapports, n'eût pas été à Tabri de repi^cbe.
« Du reste, je ne cessais de méditer ; je ne croyais rien sans examen et je finis par tomber dans le doute sur l'existence de Dieu, ce qui me coûta beaucoup de larmes et me eausa de lonj^iies insomnies
« Je lus également la Poétique de Breitingcr, les i>oésies de Hallcr, le Messie (de KlopstbclL) et une fouie de morceaux de crliiqùe (dans les Braemer Beitraege, les Archives de Brème, journal de l'époque). A seize ans, j'avais likà peu près tous les auteurs des siècles d'or ei^d'argent, Tite-Lî|C, Térence, Virgile, Horace; mais j'avais de la j[>fê(Klectiofi pour Cicéron.
« rallai à Erfurlb chez uH ^'ttftPHiareals (le docteur Baumer, professeur de médecine) , qtS: fii!^ffppit l>eaucoup de bon cl de mauval)» eu philosoplile. To€lol}>i8 je soumettais tout àVexamcn et , après avoir été matérialiste pendant quelque temps, je- me trouvai sur la voie d'une vraie philosophie. Alors seulement je lus avec plaisir ?a Théodicée
« Je n'avais point fl'amis, ne trouvant personne qui eût à la fois du goûtât l'amour de la vertu. A dix>sept ans, je roiournai chez mes parents à Biberach où je pnssai l'été de 1750. Pendant ce séjour, je ils connaissance avec nue cousine (Sophie de Guttermann, plus tard M™» de La Roche) dont l'àme était tellement en harmonie avec la mienne, qu'il ne lui manquait que mes défauts pour que la ressemblance fût parfaite. Son amitié et le peu de temps que je passai près d'elle firent de moi un homme tout différent. Le changement qui s'opéra dans Junius Brutus. niifut guère plus complet. D'inconstant et distrait que j'étais, je devins posé, tendre, généreux, ami de la vertu et de la religion.
« Je vins ensuite ici (à Tubiugue) pour étudier la juris|)rudeoce; mais je ne pus y prendre goût et je continuai de cultiver