X . NOTICE
le champ stérile des belles-lettres et de la philosophie Dans
les mois de février, mars et avril, je composai VÈloge de t Amour; en mai, l'Hymne à l'Amour; en juin et juillet, Hermann. J'ai toujours travaillé seul et sans maîtres. Le tfefaut
de société m*a beaucoup nui et je crains de devenir
farouche et pédant.... Mon avenir m'effraie....
« Je dois ajouter que j'ai toujours eu de l'horreur pour ceux qui tournent la Bible en dérision et pour ces esprits-forts pervers, Voltaire, d'Argens, La Mettrie, Edelmann. Je me proiK)sais alors d'être le premier successeur de Spinosa, c'est-à-dire d'être esprit' fort vertueux ; mais je sentis bientôt que , sans Dieu et sans religion, il n'y a point de vertu »
Tel est le récit, disons plutôt la confession , un peu ingénue, qu'à son entrée dans la carrière, le génie, encore incertain de sa force et de sa vocation, faisait respectueusement à l'homme qu'il considérait alors comme le maître de la littérature. Cette opinion, du reste, ainsi que l'autorité exercée par Bodmersur son catidide admi^teur, ne devait être qu'un accident passager dans la vie du poêle.
Sa mère, femme spirituelle, nerveuse, impressionnable, comme on dit aujourd'hui, eut sur lui une influence plus marquée. Il dut à son père, avec le goût de l'étude, une érudition précoce : elle, pour sa part, lui légua la vivacité, la délicatesse des perceptions, la poésie en un mot. Les femmes , du reste, occupèrent dans sa vie une place assez grande. On voit dans ses confidences à Bodmer qu'il eut une femme, sa cousine Soph^p, pour premier, pour unique ami de sa jeunesse. Comme il l'avouait sans façon , il recherchait la société des dames de préférence à celle des savants. • Il les aimait, non pas à la façon des libertins , mais avec une espèce dé culte. « J'ai aimé, écrivait-il en français à l'une de ses amies , qui fut aussi celle de Rousseau , Julie Bbndely ; j'ai aimé depuis ma dix-septième année (il n'en avait pas vingt-sept alors) au moins une bonne douzaine de femmes charmantes. . C'étaient des divinités que j'adorai.... »
Mais nous trouvons, dans un écrit de son ami Boetligep \
i. Liierarlsche Zmtœmle iind ZettgenossBy de. — Affaires et contemporains liUéraircs, esquisses lirécs des manuscrils de Charles- Auguste BoBTTiGER, et publiées par Cu.-W. Doettigrr , professeur à Erlangen. Leipzig, 4838; Drockliaus. ln-8o.