‹ Obsèques de ... Jules Quicherat, 10 avril 1882Chapitre 11 sur 43 · OUVRAGES DE JULES QUICHERAT · texte numérisé non relu

OUVRAGES DE JULES QUICHERAT

A propos de la découverte de quelques lettres inédites de l'abbé Lebeuf, Jules Quicherat, qui professait pour cet illustre érudit Tadmiration la plus vive, écrivait : « Il est du nombre de ces esprits a dont les moindres productions méritent d'être conservées. » Ce que Quicherat disait à juste titre du savant qui seul au iviii® siècle sut employer la critique à l'étude des monuments du moyen âge, nous pouvons à notre tour l'appliquer à lui-même. Entre beaucoup d'autres, c'est là un trait qui rapproche l'humble prêtre du xviii® siècle de l'austère savant qui s'est toujours plu à rappeler les droits de l'abbé Lebeuf au titre de précurseur des archéologues de nos jours.

Tous deux en effet ont été de ces hommes rares dont tous les écrits méritent d'être lus et médités, tous deux ont marqué au coin de leur originalité toutes les pages sorties de leur plume, et il faut ajouter encore que tous deux sont morts avant d'avoir publié l'ouvrage qui devait résumer leur doctrine et donner complètement la mesure de leur valeur.

Ce n'est pas aux élèves de Quicherat qu'il convient de rappeler ce que valaient la méthode rigoureuse, la critique puissante et la doc-

1. Extrait de la Bibliothèque de V École des chartes, tome XUII, page 316. — Nous nous faisons un deroir de remercier Tun des élèves les plus affectionnés de Quicherat, M. de Curzon, de l'aide qu'il nous a prêtée pour ce travail en dépouillant plusieurs recueils et en particulier le Magasin pittoresque, dont les articles sont anonymes ; pour retrouver ce qui appartient à Quicherat, il a dû recourir aux registres de l'administration, qui les lui a communiqués avec une parfaite bonne grâce.

trine lumineuse de leur maître. Ces qualités maîtresses de son enseignement ne se rencontrent pas à un moindre degré dans ses écrits, et s'il n'a produit que trop peu d'œuvres de longue haleine pour qu'on puisse retrouver dans ses livres l'homme tout entier, il n'est pas téméraire d'aller demander sa méthode, sa critique, et même sa doctrine, aux mémoires, aux articles, voire aux plus courtes notes dues à sa plume. Il excellait en effet à prendre texte des découvertes, des observations, des publications de documents et des travaux de tous genres pour y chercher les exemples nécessaires à ses . démonstrations, en tirer des conclusions, en extraire les éléments qui pouvaient contrôler ou rectifier ses idées. Il donnait à tout ce qu'il écrivait le tour dogmatique qui convient à l'enseignement, mais surtout ne manquait jamais de ramener à la doctrine chacune des questions qu'il traitait. C'est ainsi que, même dans les nombreux comptes-rendus qu'il a consacrés, soit à des livres, soit aux travaux des Sociétés savantes, il a toujours fait œuvre de maître et de critique au sens le plus élevé*, c'est là ce qui fait l'unité de ses écrits et ce qui conserve à tous une réelle valeur.

Il était à peine besoin de ces considérations pour justifier la publication d'une Bibliographie aussi complète que possible des œuvres de Jules Quicherat, elles expliqueront du moins pourquoi, au lieu de se borner à indiquer les travaux importants qu'il a donnés aux recueils auxquels il travaillait et à mentionner d'une manière générale sa collaboration pour les écrits de moindre étendue, on s'est attaché à consacrer un article spécial à chacune de ses productions. Ce qu'il faut essayer de justifier, c'est l'ordre suivi dans cette longue liste que chacun, suivant ses préférences, aurait voulu voir dresser, soit dans un ordre chronologique, soit dans un ordre méthodique. Après plusieurs essais et mûre réflexion, il a été reconnu que l'un et l'autre étaient moins pratiques et seraient moins commodes qu'il peut sembler au premier abord et dans tous les cas que les indications de provenance, qu'il eût fallu répéter après chaque article, eussent absorbé beaucoup trop de place. A l'avantage d'économiser la place, le système adopté joint celui de montrer à première vue la part de collaboration de Quicherat à chacun des recueils auxquels il a travaillé.

Après rénumération assez courte de ceux de ses ouvrages qu'il a publiés isolément — et qui ne sont pas tous des livres— nous avons placé le dépouillement des cinq recueils qui ont eu la plus grande part de son activité scientifique : la Bibliothèque de l'École des

chartes^ la Revue des sociétés savantes^ la Revue archéologique^ les publications de la Société des Antiquaires de France et le Magasin pittoresque. Après eux nous avons classé les autres recueils, chronologiquement, d'après la date de sa première collaboration à chacun d'eux. Les tirages à part que nous ayons connus ont été indiqués sous les articles des recueils d'où ils sont extraits.

Parmi ces travaux, il en est qui sont des ouvrages considérables, et nous citerons comme exemple les catalogues des manuscrits des bibliothèques d'Arras, de Metz et de Charleville qui ont paru dans le Catalogue général des manuscrits des bibliothèques des départe^ ments; après quelque hésitation, nous n'avons pas cru devoir déroger pour eux à la règle que nous nous étions tracée.

Nous avons borné les renvois d'un article à l'autre aux réimpressions, aux comptes-rendus des différents volumes d'un même ouvrage ou d'une même Société et à quelques travaux qui sont la suite ou la conséquence les uns des autres.

Nous ne nous dissimulons pas que cette liste qui ne comprend pas moins de 363 numéros est un labyrinthe où il ne sera pas toujours facile de se retrouver. Pour remédier en quelque manière à ce défaut à peu près inévitable, nous l'avons fait suivre d'un essai de classement méthodique où nous nous sommes efforcé de mettre en relief les principaux points de l'histoire et de l'archéologie sur lesquels Quicherat avait entrepris de porter la lumière. Nous croyons qu'en donnant quelque attention à celte table on pourra se rendre compte de la suite constante d'idées qui a présidé à ses travaux si variés et qu'on comprendra mieux ce que nous disions plus haut de la doctrine qui fait l'unité de l'œuvré scientifique de Jules Quicherat.

On le comprendra mieux encore lorsque ses opuscules, dispersés dans plus de trente revues ou publications, auront été réunis en un recueil de Mélanges. Ce sera une bonne nouvelle pour le monde savant d'apprendre que le groupe d'amis et de disciples, auxquels les héritiers de Jules Quicherat ont abandonné ses papiers et le droit de disposer de ses œuvres publiées et inédites « pour en faire l'usage a qu'ils jugeraient le plus utile à sa mémoire et aux études auxquelles « il a consacré sa vie », se propose de remplir les généreuses intentions de sa famille de la manière suivante. Us réimprimeront d'abord un choix de ses opuscules d'après le texte des exemplaires que Quicherat n'avait cessé de tenir au courant en apportant à son œuvre des modifications ou en y ajoutant des notes. Ge recueil comprendra en outre plusieurs morceaux inédits. Us préparent dès maintenant la

publication de ceux dès fragments de ses deux grands travaux inachevés : le Cours éC archéologie et V Histoire de l'industrie et du commerce de la laine y qui leur paraîtront de nature à pouvoir être donnés au public. Ils s'occupent en même temps de rassembler, en vue d'une publication ultérieure, sa correspondance scientifique. Quant aux papiers, fragments, notes, albums et dessins, dont ils sont dépositaires, ceux qui n'auront pas été utilisés pour ces publications iront à l'École des chartes, où, lorsqu'ils auront été classés, ils pourront être mis à la disposition des érudits.

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