CL-C
En annonçant dans le dernier numéro delà Revue^ la mort de Jules Quicherat, nous avons exprimé l'intention de lui consacrer une notice spéciale. C'est qu'en effet on mesurerait mal l'influence qu'a eue ce savant éminent sur le développement des études historiques si l'on se bornait à énumérer les titres de ses ouvrages.
Archéologue, il a créé la science de l'archéologie du moyen âge. Dès 1847, alors qu'aucune vue d'ensemble ne s'était encore manifestée, il était seul en état de substituer à l'engouement irraisonné des romantiques un corps de doctrine fondé sur des observations, où se trouvaient en germe la plupart des idées qu'il a semées pendant un enseignement de trente années sans cesse renouvelé. Critique, il a fait servir à la vérification et à l'interprétation des sources de l'histoire, textes ou monuments, les ressources inépuisables d'une sagacité supérieure et d'un jugement admirable de sûreté, servis par l'ensemble des connaissances les plus variées. Historien, il a fixé, en un style sobre et original, en des traits d'une précision merveilleuse la physionomie de l'une des époques les plus curieuses de notre histoire et son nom est désormais associé pour toujours à celui de Jeanne d'Arc. Professeur, il s'est conquis l'affection et le respect de trente-cinq promotions de jeunes , gens sortis de l'Ecole des chartes, auxquels son enseignement a inculqué, non pas seulement les principes des sciences qu'il a enseignées, mais le goût des études sérieuses, l'amour de la vérité, l'ardeur des recherches scientifiques, la connaissance des méthodes les plus rigoureuses de l'investigation et de la critique.
Et ce n'est pas tout encore, l'influence de son enseignement oral n'a pas été restreinte aux privilégiés qui ont pu se grouper