PROPOSITIONS
Les quatre cavités du cœur se contractent deux à deux par un mouvement simultané,' de manière quç dans l’état normal elles ne font entendre que deux bruits. On peut cependant concevoir que par un
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état morbide particulier, les quatre cavités se contractent les unes après les autres, et fassent chacune entendre un bruit séparé. C’est ce que prouve l’observation suivante que j’ai recueillie à la pitié, étant interne dans le service de M. Andral.
Ati n® 2 de la salle Saint-Léon, le 2 mai 1835, Lenfant, âgé de cinquante-quatre ans, conducteur d’omnibus, homme fort et d’une complexion sanguine, se plaint depuis dix-huit mois de respiration courte, de catarrhes fréqtients, d’œdème aux extrémités, de palpitations sans douleur à la région précordiale. Il a eu une hémoptysie il y a vingt ans, à la suite d’un coup dans la poitrine. Le 30 avril 1835, sans cause appréciable, nouvelle hémoptysie, dont l’expuition sc fait en crachats noirâtres.
Etat antérieur. — IN'i douleurs rhumatismales , ni hemorrhoïdes , ni dartres; la gale une seule fois, à Flessingue; une seule gonorrhée. [I Etat actuel du 2 mai. — Pommettes injectées, face violacée, point d’épistaxis, ni de céphalalgie; soif; un peu d’appétit; point de nausées ni vomissements; ventre volumineux avec commencement d’ascite , membres inférieurs infiltrés; point de dévoiement, plutôt constipation. Pouls petit, très-irrégulier, donnant, à la minute, cent-seize pulsations , pendant vingt-huit inspirations ; son mat de la région précordiale dans une assez grande étendue ; battements du cœur irréguliers, avec impulsion, sans bruit spécial, s’entendant dans tout le côté droit antérieur de la poitéine, et point en arrière; simple choc à la carotide. Demi orthopnée; percussion sonore en avant des deux côtés ; respiration pure et assez forte sous la clavicule droite, plus faible à gauche: râle sonore sec en arrière, très-fort des deux côtés.
Il a été saigné le 30 avril; il l’est de nouveau le 2 mai.
Le 4, le pouls, irrégulier, donne cent-quarante pulsations à la minute, pendant vingt inspirations. ( Chiendent nitré. )
Le 6, même état (Frictions scillitiques; potion antispasmodique; trois pilules de digitale d’un grain chacune).
Le 9, un nouvel examen fait découvrir des symptômes qui se sont développés depuis l’entrée du malade ou qui ont échappé à la pre-
mière inspection: c’est le défaut de simullanéité dans les battements du cœur; tout à fait à gauche, on n’entend que deux bruits, un sonore et l’autre sourd, mais avec impidsion et irrégularité: on peut les rapporter au cœur gauche; tout à fait à droite et dans toute la région droite, deux bruits assez normaux que l’on peut rapporter au cœur droit ; enfin , entre ces deux régions, dans un lieu fort limité qui correspondrait aux cloisons inter-ventriculaire et inter-auriculaire, on entend, l’un après l’autre, quatre bruits distincts qui se succèdent rapidement, comme les coups des batteurs de plâtre, sans interruption; tandis qu’à droite ou à gauche, on n’entend que deux bruits, suivis d’un repos plus ou moins long. Quelquefois ces quatres bruits sont moins distincts, sans qu’on puisse en deviner la cause par l’état apparent du malade; on n’entend que trois bruits suivis d’un moment de repos qui tiendrait lieu du quatrième. Souvent aussi, à droite et à gauche, on peut entendre les bruits des deux cœurs, mais ils ne sont pas aussi distincts que sur la ligne intermédiaire que j’ai indiquée, et sur laquelle il faut ausculter pour les saisir facilement tous les quatre.
Le 15 mai, le malade, se trouvant soulagé, demande sa sortie.
Bien que nous n’ayons pu encore découvrir les moyens d’arrêter la marche de tuberculisation et d’opérer la cicatrisation des cavernes du poumon, nous ne devons pas, dans certaines circonstances, désespér-er d’y parvenir, puisque la nature nous offre des e.\emples de guérison de phthisies les plus avancées.
Un jeune Allemand de vingt-huit ans, couché au n° 61 de la salle Saint-Antoine, à l’hôpital Saint-Antoine, dans le service de M. Guérard, en l’année 1836, présentait tous les signes évidents d’une caverne du poumon du côté droit: crachats de matière tuberculeuse; à la percussion, son très-manifeste de pot fêlé et vide; à l’auscultation, soufle caverneux et pectoriloquie plus ou moins évidente, selon l’expectora-
lion; dépression de la région sus et sous-claviculaire. Le malade n’avait jamais craché de sang; il ne suait que rarement et n’avait point de dévoiement; il avait conservé assez d’embonpoint, et la respiration était libre et sonore du côté gauche.
Un séton lui fut appliqué du côté malade; on lui donna une nourririture abondante, et, six mois après, il prétendit être guéri et voulut reprendre ses travaux. Il sortit au mois de juin 1836.
Au moins d’octobre 1837, il demanda à passer l’hiver à l’hôpital parce qu’il n’avait plus d’ouvrage; M. Guérard, curieux de l’examiner, l’admit dans son service: le malade assura qu’il s’était bien porté toute l’année; qu’il avait bien quelquefois la respiration un peu gênée, mais pas assez pour ne pas travailler; que ses pieds n’avaient jamais enflé. On constata les mêmes phénomènes que j’ai indiqués, mais moins marqués. 11 mourut inopinément d’une attaque d’épilepsie quelques jours après son entrée.
A l’autopsie, on trouva au sommet du poumon droit une caverne, propre à loger le poing, tapissée d’une membrane fibro-celluleuse , très-épaisse, et tout à fait lisse à sa partie interne; autour, existaient quelques plans cellulo-fibreux, indiquant les cicatrices de petites cavernes; il en aurait été de même de la grande excavation, si le malade n’eut été emporté par une maladie toute différente de celle dont il avait été affecté.
Les hallucinations des sens de la vue et de l’ouïe, dits sens de relalalion, présentent une gravité bien moins grande que les hallucinations de l’odorat , du goût et du toucher en général , dits sens de conservation, de la vie animale.
Chez les aliénés que j’ai observés, elles ont suivi cette marche: hallucination de la vue ou de l’ouïe , de l’odorat, du goût, du toucher en général; de manière que les dernières ont toujours entraîné celles des sens précédents: ainsi, l’halluciné de l’odorat, l’est aussi de la vue et
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de l’ouïe; rhalluciné du toucher général, l’est de la vue, de l’ouïe, de l’odorat et du goût en même temps.
Les expériences de M. Cagnard de la Tour, sur les vibrations moléculaires des liquides, semblent iniîiquer que M. Breschet n’a pas assigné aux pierres et poussières contenues dans l’oreille interne leur véritable usage, en les faisant servir comme d’étouffoirs aux vibrations sonores,
On ne peut nier, dit Meyer ( Journal des progrès, vol. IV, pag. 57), qn’il puisse y avoir formation d’un liquide urineux ailleurs que dans les reins, et notamment dans d’autres organes sécréteurs, lorsque les premiers sont détruits soit par la maladie, soit artificiellement.
Or, le tissu des reins ne présente donc pas une condition nécessaire à la formation de l’urine, puisque plusieurs fois on a présenté, à la société anatomique, des reins entièrement désorganisés, dans lesquels on ne pouvait trouver trace de parenchyme propre, et qui ont fonctionné jusqu’à la mort du malade.
Le son, en lui-même, n’existe pas; ce n’est qu’un mouvement vibratoire, imperceptible pour tous les autres sens que l’oreille; il en est de même pour la lumière; quelques auteurs modernes pensent que les odeurs doivent être aussi attribuées à un mouvement vibratoire; il en résulterait que nous sommes placés dans une atmosphère vibrante, dans laquelle les corps puiseraient chacune^ de leur propriétés lumineuse, sonore, odorante, gustative, tactile; comme nous les voyons puiser dans la lumière la couleur qui est propre à chacun d’eux.