FAR M. LALLEMAND
PROFESSEUR DE CLINIQUE EXTERNE A LA FACULTÉ DE MEDECINE DE MONTPELLIER.
M. Firmin de Hoyos, de Bilbao (Biscaye) , d’un caractère vif et décidé , d’une constitution sèche et robuste, marin depuis l’âge de 9 ans, eut d’abord la variole qui laissa des taches sur les cornées ; à 20 ans il contracta des ulcérations à la verge qui furent cautérisées et se guérirent sans aucun autre traitement; à 22 ans blennorrhagie traitée par les délayans ; à 2 5 ans pendant le cours d’une seconde blennorrhagie, à la suite d’une orgie , disparition subite de l’écoulement, douleur très vive à l’épigastre ; depuis cette époque sensibilité extrême sous l’influence de la plus légère pression , espèces de crampes et de douleurs périodiques de l’estomac, entretenues par un régime très irrégulier presque toujours composé de viandes salées ou d’alimens fortement épicés , par un usage immodéré du piment , de l’ail, de l’eau-de-vie , du tabac sous toutes les formes. Plus tard administration de divers émétiques ou purgatifs qui mettent la vie en danger, augmentent l’affection de l’estomac ; apparition successive de quatre nouvelles blennorrhagies traitées par des délayans et par quelques pilules présumées être mercurielles; fièvre jaune contractée dans les Antilles, plusieurs plaies graves reçues dans différens combats, fracture de quatre côtes, trois naufrages, détention pendant trois ans dans les pontons d’Angleterre : tels sont les principaux événemens qui ont signalé la vie orageuse du capitaine Firmin de Hoyos.
A quarante-trois ans, douleurs vagues dans différentes articulations, soulageaient du côté de l’estomac , douleur plus vive fixée subitement sur le genou droit , application de quatre sangsues , guérison en douze jours. Pendant un an rien de remarquable; à cette époque retour subit de la douleur au genou droit, diminution de celle de l’estomac. Application de cinquante sangsues en quatre fois, cataplasme de graines de lin, fumigations émollientes et narcotiques autour du genou, point de soulagement. Au bout dç trois mois, application successive de six vésicatoires autour du genou , exaspération notable des douleurs ; le malade, excellent observateur , sent des pulsations au-dessous de l’articulation , mais ses médecins refusent d’y croire et regardent la maladie comme une affection rhumatismale ou goutteuse ; plus tardd autres médecins soupçonnant une cause syphilitique appliquent sur le genou des cataplasmes unis au mercure ; augmentation rapide des douleurs et du volume du genou. Enfin au bout