Observations adressées en forme de lettre à Mm. Th. Say, C.-S. Rafinesque, Is. Lea, S.-P. Hildreth, T.-A. Conrad et C.-A. Poulson, sur la synonymie des coquilles bivalves de l'Amérique septentrionale, et essai d'une table de concordance à ce sujet
Sur la Synonymie des Coquilles bivalves de l'Amérique Septentrionale, et Essai d'une T'able de Concordance
à ce sujetf /
Par Le B°N pe FÉRUSsAc.
ut
« Messieurs,
« L’étonnante quantité de coquilles bivalves, particulièrement d’espèces appartenant aux sous-genres Anodonte, Symphynote, Alasmodonte et Mulette, découvertes depuis quinze à vingtans dans les eaux douces de l'Amérique septentrionale par suite de vos heureuses recherches , de celles de feu Barnes et des premières investigations de quelques-uns de nos compatriotes , tels que MM. Richard , Bosc, Michaux, Milbert et Le Sueur? ; la difficulté de bien les distinguer les unes des autres, à cause des différences d’âges et de localités, des variétés qui, dans une même espèce , font le passage à d’autres , et, aussi, des différences , assez difficiles à saisir
Ce mémoire est sans planches. Pour lui conserver un ordre dans la publication, nous lui avons donné les n°* 59 et Go. Il comptera ainsi pour la valeur de denx planches.
* C’est à ces savants voyageurs que sont dus les premiers individus connus à Paris de plusieurs des Bivalves de l'Amérique septentrionale ; mais , à l'exception de Bosc, aucun d’eux n’a publié ses découvertes en
ce genre. 1835. 5
2 CL. V. N° 59 et Go.
et, surtout, à énoncer, entre plusieurs de ces espèces qui se distinguent cependant par un /facies particulier ; lisolement dans lequel la plupart d’entre vous, Messieurs, avez décrit ces coquilles en leur imposant le plus souvent, chacun de votre côté , des noms différents , toutes ces causes réunies ont occasionné une telle confusion dans leur synonymie, qu’encore actuellement, malgré les efforts de trois d’entre vous et d’un auteur anonyme ", il y a une partie de ces mêmes espèces sur lesquelles vous n’êtes pas d’accord, et un nombre assez grand dont on ne dit plus rien depuis leur découverte et que personne ne reconnaît , ce qui fait présumer, parmi celles-ci, des doubles emplois d’autres espèces.
« Mais si cette difficulté pour se fixer à l'égard de ces espèces est si grande, Messieurs , que vous, qui êtes sur les lieux, et qui pouvez consulter les types originaux qui ont servi à les établir, ne puissiez complètement y réussir, combien ne doit-elle pas être plus considérable encore pour les naturalistes de l’Europe, dont les collections, nécessairement bien moins riches , n’offrent pas les mêmes ressources que les vôtres, et où ces coquilles ne sont pas déterminées ou se présentent tantôt sous plusieurs dénominations diffé rentes, quoiqu'elles soient semblables , tantôt sous le même nom, quoiqu’elles soient distinctes, résultat d'erreurs sans nombre , de rectifications hasardées ou enfin des noms divers qui leur ont été imposés.
« Ces motifs, Messieurs, j'ose l’espérer du moins, vous feront excuser la liberté que je prends de m'adresser directement à vous pour vous soumettre, Comme aux seuls juges compétents, mes obervations et mes doutes, en vous priant, dans l'intérêt de la science et dans celui des naturalistes de l'Europe qui se consument, comme moi, en efforts infructueux
‘MM. Lea , Poulson, Say, et un auteur anonyme (Voyez Journal de Sillimann, juin 1832), qui ont publié chacun une table synonymique de
ces espèces.
Create NS 59 et Go, 3
pour fixer votre synonymie, de répondre à ma demande et d’avoir la bonté de rectifier la Table de Concordance que je soumets à vos lumières.
« J'ai dressé cette Table en faisant d’abord le relevé aussi exact, aussi complet que possible, de toutes les espèces qui ont été signalées jusqu’à présent, comme appartenant à l'Amérique septentrionale, dans tous les écrits qui me sont connus. Je me suis servi des exemplaires de ma collection dont la détermination m'a paru certaine, puis j’ai pro fité de vos observations, de la synonymie que vous avez indiquée dans vos travaux, lorsque vous vous êtes tronvés dans un accord qui en assurait l’exactitude.
« J'ai le bonheur d’avoir recu directement de plusieurs d’entre vous , Messieurs, la plupart de ces coquilles, par exemple de MM. Say, Rafinesque et Barnes : j’ai été assez heureux pour obtenir de M. Lea , lui-même , plusieurs de ses espèces et, lors de son voyage à Paris, qu’il déterminât toutes celles de ma collection d’après sa nomenclature ; mais il n’a pu , malheureusement , me donner la synonymie de celui de vous, Messieurs, qui a fait connaître le plus grand nombre de ces coquilles. Malgré ces secours précieux, je n’ai pu établir pour toutes une concordance exacte. A la vérité il me manque encore un certain nombre de vos espèces, surtout de celles qu’a fait connaître M. Rafinesque ; et pour quelques autres, mes individus ne sont pas assez complets ou assez parfaits pour bien fixer leurs rapports. Je n’ai, du reste, comme vous le croirez aisément, aucune préten— tion dans un semblable travail, et je n’ai adopté , en général, une opinion particulière que pour les espèces sur lesquelles vous n’étiez point d’accord entre vous. Mon seul but est de vous offrir un tableau beaucoup plus complet que ceux que vous avez publiés et dont vous puissiez rec tifier les détails.
« Jai cru devoir commencer par établir la liste chronologique des travaux qui me sont connus, où l’on trouve la
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description d’un plus ou moins grand nombre des coquilles qui nous occupent, afin de fixer la priorité à accorder aux dénominations qui leur ont été données. C'était le moyen de ne blesser personne et d’être juste avec tout le monde. C’est ainsi qu’en suivant le généreux exemple donné par M. Say, j'ai dû restituer à M. Rafinesque les noms qu’il avait donnés, avant tout autre, à un grand nombre d’espèces.
« Je n’ai point fait mention, dans cette liste, de Lister, de Banister, de Petiver, et de quelques autres anciens auteurs qui n’ont fait qu'indiquer ou figurer quelques-unes de vos bivalves ; ni de Linné, de Gmelin, de Chemnitz, de Spengler, de Bruguière et de quelques autres écrivains qui ont rapporté les figures qui existaient à nos espèces vulgaires , ou qui ont décrit et figuré un trop petit nombre d'espèces pour en faire état.
« Vous remarquerez dans le Catalogue que j'ai dressé, à la fin des especes de Mulettes reconnues par chacun de vous, toutes celles de M. Rafinesque qui me sont inconnues, que je ne vois citées dans aucun autre ouvrage que dans ceux où il les a fait connaître et dont il est bien à desirer que des exemplaires parviennent en Europe pour y constater leur existence et éviter qu’on ne donne aux mêmes espèces de nouvelles dénominations. Nous ne pouvons nous empêcher de déplorer que cet observateur si zélé , dans l'intérêt même de ses nombreuses découvertes, n’ait pas cru devoir employer le moyen dont vient de se servir M. Conrad , pour s'assurer la priorité de ses nouvelles espèces, celui d’en publier une bonne description avec des figures exactes. En l’absence des espèces dont il s’agit, ce travail aurait suffi pour les faire bien connaitre; et si M. Rafinesque ne se décide point à l’entreprendre, M. Conrad son ami, ou tout autre d’entre vous, Messieurs , devrait se hâter de rendre ce service aux amis de la science ; nous ne saurions trop vous exciter à exécuter cette entreprise.
Cr VAINSS 59 et Go. 5
« À la suite des espèces inconnues de M. Rafinesque, j'ai placé celles que M. Conrad vient de découvrir dans l’Alabama , et celles que M. Lea vient de publier dans son dernier Mémoire.
« J'ai marqué d’un astérisque toutes les espèces que je ne possède pas ou qui me sont inconnues. Permettez-moi, Messieurs , de solliciter ces espèces de votre obligeance et de votre intérêt pour la science, en échange d’autres coquilles qui pourraient vous convenir, afin de me mettre à même de les comprendre dans la seconde partie de mon Prodrome des Mollusques terrestres et fluviatiles, laquelle serait publiée depuis long-temps, si j'avais été édifié sur ces mêmes espèces ; mais le nombre en était trop grand pour que j’aie pu passer outre et les négliger. Vous sentirez d’ailleurs l’intérêt, pour vos propres découvertes et pour l'intelligence de vos travaux, que vos espèces se trouvent en Europe et particulièrement à Paris, dans une collection où on puisse les connaître et les étudier.
« C’est une chose remarquable assurément, que ces vingtcinqou trente nouvelles coquilles découvertes par M. Conrad dans une seule localité non encore explorée par les naturalistes. Combien d’autres parties de cette vaste contrée comprise entre les deux océans, le golfe du Mexique et la mer du Nord sont encore vierges sous ce rapport? Et si l’on calcule leurs richesses en ce genre d’après le nombre des espèces déjà connues de cette contrée, ne peut-on pas dire, avec vérité, que l'Amérique septentrionale est le pays des Mulettes, comme l'Amérique méridionale paraît être celui des Cochlogènes ? Sans doute cette dernière contrée est riche aussi en bivalves des eaux douces : on y trouve particulièrement les Hyries , les Castalies, et beaucoup d’espèces remarquables de Mulettes et d’Anodontes; mais, si l’on en juge par les recherches de MM. Spix et Martius, et par celles de M. d'Orbigny, il n’y aurait aucune comparaison à faire , sous le rapport du nombre, entre les deux contrées.
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«Combien l’Europe, avec ses deux seules grosses Muleties, l’uniformité de ses autres produits en ce genre, composés d’une vingtaine d’espèces, petites et minces, dont la plupart sont tellement rapprochées les unes des autres, se lient tellement par leurs nombreuses variétés ; qu’on serait tenté de n’en admettre qu’une seule , est éloignée de cette fécondité, de cette variété d'espèces remarquables que l’on observe chez vous, Messieurs !
« L'Afrique ne paraît offrir également qu’un petit nom bre de Mulettes et d’Anodontes ; mais on y trouve les Ethérées, qui caractérisentses eaux douces, etaussi les Galathées. On ne connaît point encore les espèces des grands fleuves du nord de l’Asie, ni de sa région intermédiaire; mais l’Asie méridionale , ou l'Inde, ne paraît offrir que des Mulettes et des Anodontes petites et minces, analogues à celles de l'Europe, et aucune autre partie du monde que l’Amérique septentrionale ne présente ces grosses et lourdes espèces à charnière si forte qui prennent les formes les plus étranges, les plus variées, et qui offrent des accidents si caractérisés.
« Des considérations d’un grand intérêt pour la science , Messieurs, se rattachent à la bonne détermination de vos espèces et à lear exacie synonymie. Déjà nous avons reconnu depuis long-temps que votre 4lasmodonta arcuata n’est autre chose que l'Unio margaritifera de Linné, qui est l’espèce caractéristique des fleuves et des rivières de tout le nord de l’Europe, comme l’U. crassissima de Klein (U. sinuata, Lam.) caractérise les fleuves et les rivières du midi. Votre 4nodonia Cataracta diffère moins de notre Cygnea, que plusieurs de ses variétés ne diffèrent entre elles. Votre U. tetralasmus paraît se rapprocher beaucoup d’une de nos espèces qui vit dans les marais Pontins. Une variété de l’U. teres, Raf. (anodontoides, Lea), est presque identique avec VU. tumidus de Spengler. Plusieurs de vos Coquilles univalves sont évidemment les mêmes que
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celles qui vivent en Europe. Si dans vos Mulettes on venait à découvrir quelques autres rapprochements de ce genre, cela confirmerait de plus en plus les lois que j'ai cherché à établir et qui paraissent avoir présidé à la distribution de la vie à la surface du globe’. On ne peut supposer assurément que l'U. margaritifera de vos rivières descende en ligne directe des premiers Unios de cette espèce qui ont vécu dans les nôtres ; dès-lors il faut bien admettre des centres distincts de création où, dans des circonstances semblables ou analogues , les mêmes espèces se sont produites, si l’on veut expliquer la présence de cette espèce dans les deux continents. J’ai fait suivre ma Table de concordance synonymique par quelques observations sur plusieurs des espèces qui y sont portées , afin d'appeler plus particulièrement votre attention sur elles.
« Je profiterai de cette occasion pour vous exprimer mon étonnement, partagé par tous les Naturalistes de ce côté de lPAtlantique qui s'occupent des Mollusques , de l'oubli où on a laissé les animaux de ces mèmes coquilles qui ont , à juste titre, excité votre intérêt. Parmi ces Coquilles, il ÿ en a dont les caractères remarquables font supposer des différences organiques dans leurs animaux. Je vous citerai surtout l’Ænodonta lata de l’un de vous (U. dehiscens, Say) , qui ressemble à un Solen. Les Symphynotes méritent aussi d’être étudiés sous ce point de vue. Enfin, ces Mulettes si remarquables par leur taille , leur épaisseur , la force de leur charnière ou leur forme qui réunit, en un seul genre, celles de plusieurs genres marins distincts , telles que les U, Cardium, rectus, quadrulus, Heros , cylindricus, dilatatus, niger , triqueter, gibbosus, tuberculatus , torsus , lineolatus, nexus, mytiloides, clavus, etc., ont-elles un animal semblable? Nous sommes portés à le croire ; mais il est utile, il est même nécessaire
Voyez notre article Géographie (des Mollusques) , dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle.
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que cette analogie soit constatée sur les espèces les plus disparates , telles que celles que nous venons de vous citer, et qu’une bonne description de cet animal, bien complète, établisse ses rapports ou ses différences avec l’animal des espèces d'Europe dont Poli a donné l'anatomie. On ne peut attendre un semblable travail, Messieurs, que de votre zèle, et il doit être le complément de tout ce qu’on vous doit déjà pour la connaissance des Bivalves des eaux douces de votre pays.
« Nous vous citerons encore un genre intéressant découvert dans le Mississipi par M. Rafinesque; son Mytilus recurvus, qui est également resté dans l’oubli depuis sa découverte, et qui doit appeler votre attention, soit pour retrouver cette Coquille inconnue en Europe , soit pour en faire connaître l’animal *.
« Nous vous parlerons aussi de cet autre genre fort extraordinaire, dû également à M. Rafinesque , et qu'il a nommé Tremesia. Comment se fait-il qu’il n’ait été observé par personne depuis que ce savant l’a fait connaître ? Il mériterait assurément qu’on s’occupât de le rechercher et de le décrire avec assez de détail, pour suppléer au laconisme de son auteur , afin de savoir si nous devons enfin compter parmi les Mollusques des eaux douces un animal multivalve, et surtout pour déterminer si c’est bien un Mollusque ou un Cirripède , et quelle est son organisation. Chose incroyable : j’apprends à l’instant de M. Rafinesque lui-même, qu'il s’est défait de cette précieuse Coquille sans
* Nous avons vu avec étonnement des discussions sérieuses s'établir relativement au genre Io de M. Lea, formé pour le Fusus fluviatilis de M. Say. Pour donner quelque fondement à cette discussion , il fallait d’abord faire connaitre l’animal de cette curieuse coquille ; car tant qu'il ne sera pas connu, M. Say sera tout aussi bien autorisé à le considérer commeun Fusus, que M. Lea à en faire un genre nouveau , lequel n’aura aucune valeur, s’il n’est appuyé sur des différences génériques dans Vanimal.
CR
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en avoir publié auparavant une bonne figure et une description détaillée !
« J’insisterai particulièrement près de vous , Messieurs, sur la nécessité d’observer les animaux de vos espèces les plus remarquables, et je vous prierai, si vous avez des observations à leur sujet, de vouloir bien me les communiquer , en vous assurant que je me ferai un devoir de vous en rapporter l’honneur. Ces observations pourront seules permettre d’asseoir définitivement une bonne classification méthodique de la famille des Nayades. Jusqu'à présent, rien n’autorise à faire plusieurs genres pour les Ænodonta , les Dipsas, les Symphynota, les Hyria, les Alasmodonta, les Unio, les Castalia; on ne peut les considérer que comme des sous-genres d’un même grand genre, limité par l’organisation, commune à tous, du mème animal qui les habite. Les Coquilles elles-mêmes offrent des transitions insensibles de l’un à l’autre de ces sous-genres. Il faudrait donc des différences positives dans l'animal, pour former, dans cette famille, des divisions génériques , et pour justifier la classification proposée par M. Rafinesque, auquel on doit des renseignemens trop vagues et trop incomplets au sujet des animaux des Mulettes qu’il a décrits, pour qu'on puisse s’en contenter. C'est à lui, c’est à vous, Messieurs, qu'il appartient d'éclairer la science sous ce rapport, et elle doit l’attendre de votre zèle et de tout ce que vous avez déjà fait pour elle sous ce point de vue.
« Veuillez recevoir , avec l’expression de nes sentimens les plus distingués, celle du dévoûment avec lequel j'ai l'honneur d’être,
« Messieurs, « « Votre très humble et très obéissant serviteur,
« FÉRussAC.
Paris, ce 25 janvier 1835.
« P. S. Une fois d'accord sur la synonymie de vos es-
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pèces et sur la priorité à accorder aux dénominations qui leur ont été données, il sera nécessaire de changer les noms de plusieurs d’entre elles auxquelles on a donné des noms déjà appliqués à d’autres espèces. A propos d’une note de M. Conrad , en tête de sa Table de Concordance , au sujet de l'U. ater de M. Lea, nous dirons que notre U. lemovicense n’est point l’U. ater de Nillson, lequel est une espèce bien distincte. Par conséquent M. Say a eu raison de ne point adopter le nom d’ater pour l'espèce de M. Lea , et de lui en substituer un autre. »
Nota. Nous venons de recevoir le dernier Mémoire de M. Lea, si riche d’espèces nouvelles, et dont nous sommes heureux de pouvoir profiter pour la suite de ce petit travail.
Nous nous bornerons ici à présenter des observations sur Pextension que M. Lea donne, dans ce Mémoire, à son genre Symphynota, en y ajoutant des espèces qui n’ont aucune dent à la charnière, et qu’il est impossible de séparer des Anodontes. Nous demanderons quels sont alors les caractères que M. Lea assigne à son genre Symphynote. Considérée comme une simple division des Unios, cette coupe, fondée sur le prolongement aliforme des deux côtés des sommets, n’a plus aucune valeur si on lui réunit des espèces sans dents et qui n’offrent pas ce caractère. L’union des valves sur la ligne cardinale estun caractère organique général pour toutes les Nayades , ainsi que l’a indiqué Cuvier, mais plus ou moins distinct, plus ou moins prononcé , et dont les traces s’effacent avec l’âge , dans la plupart des espèces.
Depuis long-temps j’avais adopté comme sous-genre le genre Triquetra de Klein, pour les Hyries de Lamarck et l’U. alata de M. Say ; mais, dans tous les cas, le genre Hyrie rendait superflue la création du genre Symphynote. (Voyez à la fin de cette lettre une Note sur le G. Symphynota.)
Cc. V. Nes 59 ct Go. Fe