Observations archéologiques sur les églises de Rome
On a beaucoup écrit, depuis plusieurs siècles, sur les églises de Rome. Il serait peut-être difficile de dire du nouveau. Cependant, il est permis de présenter les mêmes choses sous une forme nouvelle, non nova^ sed nove.
Presque tous les auteurs ont été préoccupés d'une pensée exclusive. Pour les. uns, il n'y avait d'intéressant que Tart antique ou ce qu'il avait inspiré; les autres ne s'attachaient qu'à l'art moderne, qu'ils trouvaient bien supérieur à l'antiquité. Enfin, de nos jours, on s'est attaqué spéciale'-* ment au Moyen- Age, qui ne manque pas plus à Rome que dans les autres contrées de l'Europe.
Condensant cette triple opmion et n'en formant plus qu'une seule, j'ai pensé qu'il était du devoir de l'archéologue de rechercher les diverses formes de l'art à toutes les époques. On peut avoir des préférences, mais il ne faut pas exclure systématiquement certaines œuvres qui sont de nature à piquer la curiosité d'une classe particulière de visiteurs ou de lecteurs. C'est dans cet esprit que j'ai rédigé un guide spécial, résumant toutes les connaissances acquises. lia déjà eu les honneurs de la réimpression en Angleterre et en anglais.
Or je crois utile de faire suivre l'édition française de quelques observations archéologiques, qui feront mieux saisir l'enchaînement des monuments entre eux et les déductions que l'on peut en tirer au point de vue de la science.
Je ne fais pas de l'histoire ou plutôt j'écris l'histoire avec les monuments eux-mêmes. Je parlerai donc seulement de ceux que j'ai vus et étudiés, sans me préoccuper de ceux qui ont àisparu, quelque fût leur intérêt. Il y
a encore dans la Rome actuelle assez de monuments de premier ordre pour ne pas poursuivre au-delà les investigations.
Mes observations porteront sur trois points : l'origine des églises, leur forme architecturale et leur mobilier.