COLONNES
Des quatre colonnes qui décorent les places de Rome, Tune, sur la place d'Espagne, est consacrée à Tlmmaculée Conception (Pie IX) ; une autre, sur la place de Ste-Marie-Majeure, à la Ste Vierge (Paul V) ; la troisième, sur la place Trajane, à S. Paul (Sixte V), et la dernière, place Colonne, à S. Pierre (Sixte V).
Une autre sur l"Esquilin (Clément VIII) rappelle la conversion de Henri IV, et une se prépare depuis 1870, en mémoire du concile du Vatican, laquelle sera dressée devant S.-Pierre in Montorio,
ARCHITECTURE DBS ÉGLISES.
L'architecture varie suivant les siècles.
Le mouvement architectural se fait surtout sentir à certaines époques : au IV* siècle, grâce à l'initiative de Constantin ; au IX®, sous les papes S. Pascal I et S. Léon IV ; aux XI" et XIP, époque de rénovation générale ; aux XV® et XVP, par suite de la renaissance ; au XVII**, qui continue et développe la tradition du siècle précédent.
L'architecture comporterait une foule d'observations, je ne m'attacherai X|u'aux principales.
Abside. — L'abside est la partie terminale d'une église ; elle s'arrondit en demi-cercle, est plus ornée que la nef et* est disposée de manière à recevoir le clergé.
Toutes les églises, de forme basilicale, ont une abside accolée au transsept. Plus généralement, là où il n'y a qu'une seule nef, l'abside est .à la fois moins large et moins élevée. La forme à pans coupés se rencontre à Ste-Marie du Chêne et Ste-Marie des Grâces.
Je ne connais que deux églises, celle du Campo santo des Allemands et Ste-Marie du Chêne, qui aient deux absides opposées, aux deux extrémités de la nef.
Il est rare également de rencontrer les transsepts arrondis en abside : tels sont St- Pierre au Vatican, St- Pierre m Montorio, Ste-Catherine de la Rota.
Absidiole. — L'absidiole, plus petite que l'abside, est destinée à recevoir des autels secondaires, ou plutôt c'est une variante du plan des chapelles.
A St-Saba et à St-Clément, deux absidioles flanquent à droite et à gauche l'abside principale et correspondent aux nefs latérales.
Ailleurs, les absidioles longent la nef de chaque côté. Telles sont les chapelles de St-Pierre in Montorio^ Ste-Catherine deiFunan\ St-Esprit m Sassia.
Architectes. — Les noms qui méritent d'être mentionnés, sont les suivants :
Algardi (Alexandre), de Bologne. 1593-1654.
Berettini (Pierre), de Cortone. 1596-1669.
Bernini (Laurent), de Naples. 1598-1680.
Bibiena (Antoine Galli de), de Bologne. 1700-1774.
Bramante (Donato Lazarri), d'Urbino. 1444-1514.
Buorroraini (BVançois), de Côme. 1599-1667.
Fontana (Charles), de Bergame. 1634-1714.
Fontana (Dominique), de Côme. 1543-1607.
Fuga (Ferdinand), de Florence. 1699-1750.
Galilei (Alexandre), de Florence. 1691-1737.
Longlîi (Martin), Milanais. 1580.
Longhi (Honoré), de Rome, vers 1624.
Maderne^ (Charles), de Côme. 1556-1629.
Michel-Ange Buonarotti, de Caprese. 1474-1564.
Peruzzi (Balthazar), de Sienne. 1481-1536.
Pintelli (Bach), de Florence. 1475.
Porta (Jacques délia), de Milan. 1530-1595.
Rainaldi (Charles) fils de Jérôme, de Rome. 1611-1641.
Rainaldi (Jérôme), de Rome. 1570-1655.
Raphaël Sanzio, d'Urbin. 1483-1520.
Rossi (Antoine de), de Bergame. 1616-1695.
Salvi (Nicolas), de Rome. 1699-1751.
San Gallo (Antoine Giamberti, dit de), de Florence. 1470-1534.
San Gallo (Julien), son frère. J 443-1517.
Vanvitelli (Louis), de Naples. 1700-1773.
Vignole (Jacques Barozzide), de Modène. 1507-1573.
Atrium. — V atrium est une cour ou préau qui précède l'église.
Complet, il est entrouré d'un portique à la manière des cloîtres et tels sont les atriums de St-Clément, St-Grégoire au Cœlius et Ste-Agathe alla Suburra. Le portique est incomplet ou même n'existe pas à St-Sylvestre in Capite, à Ste-Praxède, à St-Cosimato, et aux Quatre-SS.-Couronnés.
Basilique. — On nomme basilique une église honorée par le S. Siège, d'un titre et de privilèges particuliers, comme la cappa pour les chanoines et le port de la clochette et du pavillon aux processions.
Les basiliques se di\dsent en majeures et mineures^ suivant leur importance.
Les basiliques majeures sont, selon Tordre hiérarchique : St-Jean de Latran, le Saint des saints, St- Pierre au Vatican, Ste-Marie Majeure et St-Paul hors-les-Murs.
Les basiliques mineures sont : Ste-Marie m Trastevei^e^ St-Laurent in Damaso^ Ste-Marie-sur-Minerve, Ste-Marie in Cosmedinjète-Msine de Monte Santo,
On nomme encore basilique une forme architecturale déterminée, imitée de la basilique païenne. Elle se compose d'une nef, flanquée de deux latéraux, avec colonnes monolithes pour les séparer, d'un transsept et d'une abside. La forme basilicale a été conservée aux églises de Ste-Gécile au Transtevère , St- PicFre-ès-liens , Ste-Marie Majeure , Ste-Sabine , Ste-Praxède, etc.
Bas-reliefs. — Pendant les premiers siècles, la sculpture s'attache aux sarcophages ; on peut, au musée chrétien de Latran, étudier les curieux bas-reliefs relatifs à J.-C, aux Apôtres et aux deux Testaments. Mais entre tous je dois citer le tombeau de Junius Bassus, à St-Pierre et un autel à Ste-Marie-Majeure (chapelle du St-Sacrement).
Le Moyen-Age est pour le bas-relief d'une pauvreté désespérante. Néanmoins, j'ai plaisir à mentionner les fragments du ciborium de St-Jeande-Latran (XIII* siècle) et le tombeau du cardinal d'Alençon, à Ste-Marie I» Trastevere (XIV* siùîe).
Le XV* siècle a de magnifiques tableaux à St-Pierre dans la crypte et à Ste-Marie-Majeure ; les sujets y sont traités avec finesse et grâce.
Les monuments de Sixte V, de S. Pie V, de Paul V et de Clément VIII, à Ste-Marie-Majeure, offrent chacun quatre tableaux en bas-relief, qui, poijr le goût, l'arrangement, l'habileté du sculpteur et la perspective, méritent d'être considérés comme des chefs-d'œuvre.
liQ nec plus ultra du bas-relief, vigoureusement accusé par une main telle que celle de TAlgarde, se voit dans les retables de Ste-Agnès à la place Navone et à l'autel de S. Léon, dans la basilique de S.-Pierre.
Les tombeaux des papes et le Bernin ont été les propagateurs du genre maniéré.
Presque toutes les sculptures, depuis trois siècles, sont signées du nom de leurs auteurs.
Nous citerons, parmi les principaux sculpteurs qui ont travaillé pour les églises de Rome :
Algardi (Alexandre), de Bologne. 1593-1654.
Ange et Augustin, de Sienne, vers 1300.
Ammanati (Barthélémy), de Florence. 1511-1592.
Bandinelli (Barthélémy Baccio), de Florence. 1487-1559.
Baratta (François), de Cararre. — 1666.
Bertholet, de France. - 1615.
Bernini (chevalier Laurent), de Naples. 1598-1680.
Buonarotti (Michel- Ange), de Caprese. 1474-1564.
Canova (Antoine), de Trévise. 1757-1822.
Cavallini (Pierre), de Rome. 1259-1344,
Cordier (Nicolas), de Lorraine. 1567-1612*.
Donatello (Donato), de Florence. 1383-1466.
Gros (Pierre Le), de Paris. 1656-1719.
Houdon (Jean- Antoine), de Versailles. 1741-1828.
Maderno (Etienne), de Lombardie. 1571 1636.
Monnot (Etienne), de Besançon. — 1733.
Mino, de Fiesole, vers 1486.
Porta (Guillaume délia). — 1577.
Porta (Jean-Baptiste de la), frère de Jacques. 1542-1597.
Quesnoy (François du), dit il Fiammtngo, 1594-1644.
Raggi (Antoine), élève de Bernini. — 1686.
Sansovino (André di), de Florence. 1460-1529.
Sansovino (Jacques Tatti, dit), de Florence. 1479-1570.
Thorwaldsen (Albert), de Copenhague. 1779*1844.
Vacca (Flaminio), de Rome. 1530-1596.
Chapelles. — Les chapelles, accolées aux flancs ou aux transsepts des églises, ne datent, comme système régulier, que du XVP siècle. Avant cette époque, on ne les rencontre que comme exception. St-André délia Valle et le Gesù donnent une idée exacte de cette innovation, qui naissait de ce triple motif : la dévotion des fidèles pour les saints dont s'augmentait graduellement le calendrier ecclésiastique; la concession de sépultures et de caveaux de famille ; enfin les fondations de chapellenies et de messes à l'intention des défunts inhumés en des endroits différents de ceux consacrés à la foule.
En plan, les chapelles dessinent ordinairement un carréet se ressemblent toutes, au moins dans la même église. Cependant, elles sont parfois de forme irrégulière, suivant le caprice ou la richesse des fondateurs ; on en a un exemple à St Jean-de-Latrân. Mais nulle part ailleurs, il n'y a un plus grand luxe de marbres, dorures, peintures et ornementation.
Charnier. — Le charnier ou ossuaire reçoit les ossements des défunts inhumés dans un cimetière trop étroit pour les y laisser séjourner plus d'une quinzaine d'années.
Deux sont en plein air, à Ste-Maxie m Trastevere et à St-Prançois à Monte-Mario ; les autres, à St-Théodore le rond, à la Mort et aux Capucins, sont établis dans des cryptes. On visite par curiosité, mais avec horreur et dégoût, les charniers de la Mort et des Capucins, où les ossements, classés par catégories de foi me, ont été employés à faire des lustres, des bouquets, des caissons, des ornements de toute sorte et encadrent des squelettes qui parlent aux spectateurs de la mort, du temps et de l'éternité.
Charpente apparente. — La charpente en fortes pièces de bois choisies avec soin et parfaitement équarries n'a pas été dissimulée, soit par un plafond, soit par une voûte, dans les églises de Ste- Sabine, SS.-Nérée-et- Achillée, SS.-Vincent-et-Anastase aux trois fontaines, St-Saba et Ste Balbine (1489).
On remarque à St-Saba, ainsi qu'au portique de St-Laurent-hors-les- Murs, des traces de décoration peinte sur les poutres et poutrelles.
Choeur. — Partie de l'église où siège le clergé et placée en avant de l'autel, quelle que soit sa direction.
St-Glément est la seule église où il existe deux chœurs : un pour le clergé dans l'abside, l'autre pour le clergé inférieur dans la nef. On a donné à ce dernier le nom de Schola Caniorum^ parce que les chantres s'y tenaient autrefois.
On nomme également chœur la chapelle, fermée par des vitrages, où les chanoines chantent l'office divin chaque jour : tels sont les chœurs de St-Jean de Latran, St-Pierr.^ au Vatican, Ste-Marie Majeure, Ste-Marie m Co.smerfm, St- Laurent ùi Damaso^ etc.
Pour les monastères, le chœur est une tribune grillée ouvrant d'une part sur l'église et de l'autre communiquant avec la communauté.
Des chœurs provisoires sont formés à St-Pierre et ailleurs, avec des bancs, lorsque l'office doit être fait, en raison d'une fête particulière, à un autel latéral.
CiBORiUM. — Dais en marbre, soutenu par des colonnes disposées en carré et destiné à couvrir le grand autel. Le plus ancien est celui que l'on voit à Ste-Anastasie, à l'autel de St-Jérome. Le ciborium de St-Laurenthors-les-Murs remonte au XIP siècle, ainsi que celui de Ste-Marie au Transtévèrë. Au XIIP, appartiennent ceux de St-Georges m Velabro^ Ste-Marie in Cosmedin^ Ste-Cccile in Trastevere et St-Paul-hors-les-Murs. Le ciborium de St-Jean de Latran date du XIV siècle. Enfin, sont du XVIP ceux de Ste-Agnès-hors-les-Murs, de St-Chrysogone, et de St- Alexis. Le plus célèbre est le baldaquin de St-Pierre, fondu, sous Urbain VIII, par le chevalier Bernin, avec le bronze qui couvrait le Panthéon.
Clochers. — Les clochers ou campaniles sont destinés à recevoir les cloches dont le son annonce aux fidèles les solennités religieuses. Ils sont de trois sortes : tours, tours avec flèches et bretèches.
Les bretèches sont des pans de murs tout droits, terminés en fronton et percés d'une ou de plusieurs arcades où sont suspendues les cloches : tels sont les clochers de St-Louis-des-Français, Ste-Marie m via^ St-Honamebon, St- Adrien, etc. C'est simple et peu élégant : aussi les relègue-t-on d'ordinaire là où on les voit difficilement.
Les tours surmontées de flèches sont si rares que je n'en remarque que trois, à Ste-Marie Majeure, Ste-Marie delV Anima et Ste-Marie du Peuple- La tour au contraire est très-fréquente. Elle se place très-irrégulièrement, tantôt à la façade, tantôt au chevet, ou même est isolée de l'église, comme aux SS.-Jean et Paul. Il* y en a de toutes les époques, mais les plus intéressantes, quoique fort mutilées par de prétendues restaurations, sont celles qui ont été construites aux XII*' et XIII* siècles. Bien appareillées en briques rouges, elles offrent à chaque étage des fenêtres cintrées, séparées par des colonnettes de marbre et des applications de serpentin ou de porphyre taillé en disque ou en croix, quelquefois aussi des faïences vertes ou des marbres sculptés. Au sommet est presque toujours un dais qui devait abriter une Madone peinte ou en mosaïque. Les modèles du genre sont à St- Georges m Velabro^ St-Laurent hors -les -Murs, St-Laurent m Lucina, St-Sauveur délie coppelle^ St-Eusèbe, Ste-Pudentienne, St-Jean Porte-Latine, Ste-Croix de Jérusalem, Ste-Marie in Trastevere, Ste-Françoise Romaine, S t- Alexis, SS.-Jean et Paul, Ste-Marie in Cosmedin, St-Benoît in Piscinula, Ste-Rufine, Ste-Praxède, etc.
Deux campaniles, sans autre but que la symétrie, flanquent les façades de St-Jean de Latran, de St-Athanase des Grecs, Ste-Anastasie, Ste-Marie de la Rotonde et la Trinité des Monts.
En somme, le clocher ne semble avoir été compris comme décor extérieur que par le Moyen- Age, les architectes des temps modernes n'y ayant attaché aucune importance et n'ayant envisagé le monument que sous le rapport de l'utilité et non de l'art : de là les bretèches et les tours banales, comme celle de St- Apollinaire (XVIIP siècle).
Cloîtres. — Le cloître est une galerie de communication qui ouvre sur un préau que des colonnettes entourent en carré.
Les plus anciens, et ils datent du XIP siècle, sont ceux de Saint-Laurent hors-les-Murs, des SS.-Vincent et Anastase aux Trois-Fontaines et de Sainte-Sabine.
Les plus élégants se voient à Saint-Jean-de-Latran et à Saint-Paul hors-les-Murs. Leurs colonnettes torses, égayées de mosaïques, leur donnent un charme particulier, propre au XIII* siècle.
Le XVe a donné beaucoup de grâce, par ses colonnettes isolées, aux cloîtres de Saint-Onuphre, Saint-Jean des Génois et Saint-Grégoire-riUurainateur.
Le XVIe siècle a élevé les cloîtres admirables de Sainte-Marie de la Paix (1504), Sainte-Marie des Anges, la Chiesa nuova^ Saint-Sauveur in Lauro.
Le XVII® se fait remarquer par les cloîtres de Sainte-Marie m Fi'a (1609), Saint-André délie fratte (1622), Saint-Grégoire (1633), Saint-Sylveslre m Capite (1693).
Ce qui attire non moins l'attention, ce sont les fresques dont les parois des cloîtres sont historic^es. Pour la plupart, ces fresques, élucidées par des inscriptions latines, font allusion aux fondateurs des ordres religieux ou aux saints que ces mêmes ordres ont produits. Ainsi à Saint-Pierre m Montorio^ on voit la vie de S. François d'Assise; à Saint Sixte-le-Vieux, celle de S. Dominique; celle de S. François de Paule, à Saint-André délie fratte et à Saint- François à 7î?/)a, ainsi qu'à Saint-Isidore, tous les saints, bienheureux et autres personnages illustres de Tordre franciscain.
Quelquefois aussi, comme à Saint-Jean de Latran, Saint-Laure; t horsles-Murs et Saint-Paul hors-les-Murs, les cloîtres sont transformés en véritable musée lapidaire, tellement les tombeaux et les inscriptions y abondent.
CoLOiNNEs. — Le Moyen-Age, qui aimait la besogne faite, prit, pour diviser les nefs de ses églises, des colonnes de marbre ou de granit qui avaient déjà servi à des édifices païens et quel que fut leur diamètre, leur hauteur et leur nature, il les employa dans les constructions nouvelles, les exhaussant sur des bases et les coiffant de chapiteaux également antiques, mais recueillis à tout hasard, indistinctement partout.
Ces colonnes, ainsi inégales et irrégulières, existent encore dans les églises de Saint-Laurent hors-les-Murs, Saint-Etienne le Rond, Sainte- Marie in Cosmedin^ Sainte- Marie m Trastevere^ Saint- Yves des Bretons, Sainte-Marie in Ara Cœli^ Saint-Nicolas m Carcere^ Saint-Benoît m Piscinula.
Nous ne saurions trop blâmer le mauvais goût de certains architectes des deux derniers siècles, et même du siècle où nous vivons, qui n'ont pas hésité, lors d'une prétendue restauration, à enclaver les colonnes dans de massifs piliers de sluc, à Saint-Jean de Latran, Sainte-Cécile, Saint-Michel m Borgo^ Sainte- Prisque et Sainte-Pudentienne.
Confession. — Petite grotte ou excavation, creusée au-dessous d'un maître-autel et où sont vénérés les corps des saints confesseurs de la foi,
Les plus importanles sont celles de SaintJean de Latran, Saint-Pierre, Sainte-Marie-Majeure, Saint-Paul hors-les-Murs et Sainte-Sabine.
Quelques-unes sont fermées par des grilles de fer ou de marbre, comme à Saint-Alexandre, Saint-Césaire, Saints-Nérée et Achillée, ou ornées de mosaïques d'émail, comme à Saint-Georges in Velabro^ Saints-Jean et Paul, etc.
La confession de Saint-Pierre dessine une croix. Son ornementation en stucs dorés date du pontificat de Clément MIL Grégoire XVI a privilégié Tautel pour les vivants et pour les morts. Au retable est un tableau sur bois représentant S. Pierre et S. Paul (XI V« siècle). Il reste dans le pavage quelques débris de mosaïque du XIII® siècle.
Lorsqu'on nivela les rues de Rome, dont le sol s'était prodigieusement exhaussé, ou qu'on voulut prévenir les débordements dans certains endroits de cette ville, au moment des grandes inondations du Tibre, ou bien s'opposer aux courants des eaux pluviales, non seulement les confessions disparurent, mais encore les basiliques et un nombre assez considérable d'églises furent recouvertes de terre. Quelques-ufies même servirent de fondement à de nouvelles églises qu'on bâtit dessus. De cette façon s'élevèrent les anciennes églises de Sainte-Marie in MonticelU\ des Saints-Côme et Damien, de Sainte-Marie Libératrice, et des Saints-Cyret Julitte. Sur la façade de cette dernière, on lit l'inscription suivante qui ne nous laisse aucun doute à cet égard :
Paul, F, Pontif, Mcuv.j Ecclesiam hanc^ titulo vacante, ex dépression loco, et aquarum inundationibus exposito^ jactis fornicibus^ strato pavimento, in altiorem melioremque formam restituit, anno Sal. Hum. M.D.CVI^ Pont. I,
Quelques confessions sont restées dans l'oubli pendant longtemps. Ainsi celle de Sainte-Marie m Cosmedin fut fermée pendant près de deux siècles, et elle resta exposée aux inondations du Tibre. Dans la diaconie de Saint- Nicolas in CarcerCy la confession était encore au XVI® siècle enfouie sous terre, lorsque le cardinal Frédéric Borromée ordonna qu'elle fut déblayée et rendue au culte public.
Coupoles. — La plus ancienne est celle du Panthéon, qui date des Romains. Au XV* Siècle fut élevée celle de Saint- Augustin. Au XVI«, Michel- Ange commença la superbe coupole de Saint-Pierre qu'acheva Fontana. Puis vinrent, au XVII®, celles fort élégantes de Saint- André délia valie^ de Saint-Charles ai Catinari^ de Sainte-Agnès de la place Navone. Des chapelles eurent aussi leur coupole, comme la chapelle Corsini, à Saint-Jean de Latran.
La place de la coupole est à l'intersection de la nef et du transsept.
Crypte. — L'on nomme crypte^ d'un mot grec qui signifie cacher, un sanctuaire souterrain, placé le plus ordinairement sous le chœur de réglise supérieure.
Certaines cryptes rappellent des souvenirs historiques, comme celles de Ste-Marie m via lata, de St-Joseph des Charpentiers, de Ste-Prisque, de Ste- Agnès (place Navone), de Ste-Françoise Romaine, de Ste-Croix de Jérusalem, de St-Martin des Monts, de St-Urbain alla Caffarella^ de St- Laurent Pane Perna^ etc.
La forme primitive, que l'on observe à St- Laurent hors-les-murs, à Sl- Pancrace, à Ste-Praxède, à St-Saba et aux Quatre-Saints- Couronnés, est une chapelle à laquelle conduisent deux corridors formant le demi-cercle.
Les cryptes de Stc-Marie m cosmedin^ des SS.-Côme et Damien, de St- Martin des Monts, de Ste-Martine et de St- Alexis, partagées en trois nefs, ressemblent à de véritables églises.
La plus considérable de toutes est celle de St-Pierre au Vatican, qui s'étend sous une partie de la basilique moderne et donne presque les dimensions de la basilique primitive.
En plan, elle figure trois nefs d'égale longueur, que termine, en manière d'abside, un corridor en hémicycle ou déambulatoire, qui conduit à la Confession et donne accès à deux chapelles accolées au midi.
Cette crypte réunit donc les deux types les plus ordinaires à Rome : le type ancien de chapelle avec ses dégagements, le type plus moderne d'église à plusieurs nefs.
La crypte de St-Pierre, établie au-dessus de la catacombe Vaticane et au-dessous de la basilique moderne, n'est pas une crypte historique, à laquelle se rattachent des souvenirs traditionnels ou des faits consacrés par l'histoire.
Sa création est toute récente, puisqu'en la faisant les architectes de St- Pierre n'ont eu d'autre but que d'exhausser, par des voûtes épaisses,soutenues par de robustes piliers, le tout sans élégance aucune, le sol de la nouvelle basilique, et de pouvoir établir cette esplanade et ces marches qui donnent plus de majesté à l'édifice. Nous avons donc le sol de la basilique Gonstantinienne dans les restes du pavé, et nous savons d'une manière positive ù quel niveau le premier empereur chrétien fit baisser le sommet de la colliiie Vaticane pour y asseoir sa vaste basilique.
Cette crypte n'avait non plus aucun but utile, car, à part la Confession, il n'était nullement question d'en faire un lieu propre à la prière. Cependant on y dressa plusieurs autels .
Les architectes des XVP et XVII'* siècles se montrèrent dédaigneux à
l'endroit de la basilique qu'ils furent chargés de démolir. Ils ne respectèrent rien de ce qui intéressait Fart et l'archéologie. Tout devait être neuf, il semblait que le passé n eût aucun mérite.
Cependant, du milieu des ruines et des décombres, on essaya de sauver, sinon quelques monuments, au moins les morceaux les plus importants et on leur chercha un asile dans les souterrains.
Les tombeaux des papes, ainsi que les épitaphes, y trouvèrent également un refuge, mais mutilés, fracassés.
Depuis lors, les papes seuls et par exception quelques personnages illustres y ont été ensevelis d'une manière assez misérable et qui ne correspond pas au faste du tombeau placé dans la basilique supérieure, ni à la dignité du défunt. En effet, le cercueil posé à terre est maçonné dans un mur de briques, coiffé d'un toit en pente et blancfîi à la chaux. Audessus est peint en noir le nom de celui qui repose ainsi dans un monument des plus vulgaires.
Cette crypte a donc été transformée en caveau funéraire et en musée d'art et d'archéologie. L'un coudoie l'autre, ou plutôt ils sont confondus ensemble.
Déambulatoire. — On nomme ainsi le bas-côté qui tourne autour de Tabside. Il n'existe qu'à St-Jean de Latran et à St-Charles au Corso.
Dédicace. — Il importe de connaître au premier abord quel est le saint titulaire d'une église. Les artistes y ont pourvu de quatre manières, par les fresques, les mosaïques, les sculptures et les inscriptions.
Ste Hélène, Ste Anne, S. Joseph, S. Bernard, ont été peints à fresque au-dessus de la porte principale de leurs églises respectives.
La mosaïque brille encore aux façades de Ste-Marie-Majeure, St-Jean de Latran, Ste-Marie in Trastevere, Ste-Marie ïn ara cœh\ pour indiquer le patronage du Sauveur ou de la Vierge.
La sculpture a fouillé le marbre et la pierre en statues (St-Jean de Latran, Ste-Croix de Jérusalem, Ste-Marie-Majeure) et en bas-relief (St-Pierre au Vatican).
Entin des inscriptions latines ont été gravées sur les frises en lettres pédales. Le XIII** siècle y a excellé comme en toutes choses, et je ne sache pas qu'aucune dédicace soit comparable à celles qui se lisent, en vers fort ingénieux, aux façades de St-Jean de Latran, SS.^eanet Paul, St-Georges m velabro.
Depuis le XVI* siècle, ces inscriptions, autrefois pieuses, ont été ou une dédicace pure et simple, ou un motif de vanité. A la première catégorie appartiennent celles de Ste-Marie in via lata et de St-Jean-Calybite, que voici :
Deiparae Virgini semper immaculataey MDCLXII Divo Joanni Cailybtae nobili romano die, anno MDCCIL
Mais dans la seconde se rangent les inscriptions des façades de Ste- Suzanne, Ste-Gatherine de Funari^ où tout Thonneur revient au cardinal qui a fait ériger le monument.
Epiôraphie.— L'épigraphie est une science indispensable à l'archéologue qui désire fructueusement visiter Rome chrétienne, caril n'est pas d'église qui ne contienne son histoire sommairement écrite sur ses murs. Or, une inscription, surtout des hautes époques, n'est lisible qu'autant qu'on possède son alphabet, ses sigles et ses abréviations.
L'épigraphie religieuse se divise en plusieurs époques. Romaine, avec la naissance et les premiers développements du christianisme, elle subsiste avec plus ou moins d'altérations e*: de négligé dans l'écriture jusque vers le IX® siècle, où les mosaïques et l'épitaphe du pape Adrien I nous la montrent encore traditionnelle.
Du IX' au XII% l'écriture se fait romane, se complique de ligatures et de lettres enclavées, serre ses lignes et fait pressentir la forme gothique, comme on peut s'en convaincre à Sainte-Marie in eosmedin et Saint- Laurent in Lucina,
Au XIII® siècle, malgré quelque persistance de formes romaines, les lettres suppriment leurs angles et deviennent la gothique ronde, qui se maintient jusqu'au XV® siècle. C'est la plus belle époque de l'épigraphie, et jamais peut-être la main du graveur n'a été plus sûre d'elle-même, ni dirigée par un meilleur goût. Les façades de Saint-Georges in Velabro et de Saint-Jean de Latran en sont une preuve évidente.
La gothique carrée, qui occupe à peine la première moitié du XV® siècle, n'a laissé que peu d'échantillons ; mais il en est un magnifique dans la dalle tumulaire du cardinal Fillastre, à Saint-Chrysogone.
Dès 1435, la majuscule romaine apparaît, fine, amaigrie et courte.
Le XVIe siècle copie vigoureusement la forme romaine primitive, qui a persévéré jusqu'à nos jours.
Escalier. — Quoique plusieurs églises soient de plain-pied avec la rue, conmie Sainte-Marie in Cosmedin, Sainte-Marie in Trastevere^ Saint- Laurent m Damaso, Saint-Sylvestre in Capite, etc., la majeure partie néanmoins a sa façade précédée d'un large escalier de marbre ou de travertin qui élève le monument et le rend plus imposant. Le nombre des marches est très- variable : ainsi on en compte jusqu'à 124 à Sainte-Marie m ara câ?&* et 134 à la Trinité-des-Monts. Mais d'ordinaire le chiffre va de cinq à quinze.
Je ne connais que les églises de Sainte-Agnès-hors-les-murs et de Saint- Théodore-le-Rond, où il faille descendre.
Ces escaliers, parfois à double rampe, sont divisés par des paliers où Ton peut se reposer et reprendre haleine. Ceux de Saint-Pierre et de Saint Jean de Latran, qui datent des deux derniers siècles, sont surtout remarquables par leuf ampleur et la facilité avec laquelle on les monte; ils avaient été ainsi disposés à cause des cavalcades et pour que les chevaux pussent arriver jusqu'au portique.
Façades. — Des façades construites par le moyen-âge, il ne reste que des parties mutilées ou restaurées. Il est donc difficile de se rendre compte d'une façade de cette époque.
Le XV* siècle, si froid et si plat à Saint-Pierre m Montorio, Saint-Marc et Sainte-Marie-du- Peuple, ne manque pas d'élégance à San-Cosimato,
Le XVP siècle s'est plus mis en frais d'architecture et de goût pour les façades, trop régulièrement classiques du Gesù (1575), Saint- Jean-de- Latran, autranssept (1586) et Saint- Jérôme-des-Esclavons (1588).
Le XVII* siècle a été véritablement l'époque des façades monumentales, largement conçues et convenablement ornées. Je ne fais exception que pour celle de Saint-Pierre, qui n*a aucune valeur architecturale et est de beaucoup distancée parcelles de Sainte-Marie in via (1609), Saints- Vincent et Anastase (1650), Sainte-Marie m via fa/a (1662), Saint-André délia valle (1665), ?aint-Nicolas-de-Tolentin (1670), Saints-Dominique et Sixte (1675), Saint-Ignace (1698).
Le XVII P siècle ne se signale que par les façades de Saint- Jean-de Latran (1735), Sainte-Marie-Majeure et Sainte-Croix-de- Jérusalem.
Fenêtre. — Ouverture destinée à donner de l'air et de la lumière à un édifice. De forme oblongue, les fenêtres furent, à l'époque romane, centrées par le haut (Saint Clén-ent , Sainte-Balbine , Sainte-Françoise- Romaine, Saints-Jean et Paul, Sainte-Praxède, Sainte-Marie-Majeure) ; puis, du XIIP au XV® siècle, amorties en ogive (Saint-des Saints, Sainte- Marie in ara cœli, Saint- Jean-de- Latran, chapelle des Gaétani sur la voie Appienne, Saint-Théodore, Sainte-Prisque, Saint-Onuphre).
Sous le pontificat de Nicolas V (Saint-Etienne-le-Rond), de Paul II (Saint-Marc) et de Sixte IV (Sainte-Anastasie, chapelle Sixtine, Sainte- Agnès-hors-les-murs), c'est-à-dire pendant la seconde moitié du XV« siècle, le plein-cintre reparaît, mais alors la baie est divisée par un meneau central qu'accompagnent deux trèfles et que surmonte un quatre-feuilles.
Le XVI^ siècle et les siècles suivants adoptent la forme rectangulaire, de toutes la plus disgracieuse, et varient quelquefois le linteau en le courbant légèrement.
Autant les fenêtres étaient nombreuses au Moyen- Age, autant on les a épargnées dans les restaurations et constructions modernes, ce qui a rendu les églises sombres, froides et humides. Et pour enlever encore le peu de lumière qu'elles donnaient, on s'est avisé de les voiler par des rideaux de couleur, auxquels je ne trouve d'autre avantage que de dissimuler de grandes vitres blanches, montées sur des châssis à bandes horizontales et verticales.
Les cryptes de Saint-Silvestre-az- 3/on^i et des Quatre-Couronnés ont conservé leurs fermetures primitives en marbre découpé à jour. A Saint- Laurent-hors-les-murs et aux Saints-Vincent et Anastase, les fenêtres sont closes par des dalles peu épaisses en marbre blanc et symétriquement percées de trous ronds que garnissent des morceaux de verre de petite dimension (XII°-XIIP siècle). Sous le clocher de Sainte-Praxède, il reste encore en place une clôture en gypse, qui date du IX* siècle : j'en ai vu une autre du même genre plaquée dans une des parois du cloître de Saint-Laurent-hors-les-murs.
Fresques. — La fresque et la mosaïque constituent la vraie et durable ornementation de nos églises.
Les fresques primitives se voient dans les catacombes ; du IX® et du XI* siècle datent celles de Téglise inférieure de Saint-Clément.
Le XII* siècle est admirablement représenté par l'abside de Saint- Sébastien au Palatin.
Le XIII« a peint à Sain^Laurent- hors-les-murs, à l'oratoire de Saint- Sylvestre, au Saint-des-Saints, à Saint-Urbain alla Caffarella^ et à la Platonia des fresques du plus haut intérêt historique et archéologique.
Le XV® siècle est sans égal pour ses fresques incomparables de Saint- Onuphre, Sainte-Marie m ara cœli, San-Cosimato^ Sainte-Marie du Peuple, et du Vatican: deux noms dominent cette époque féconde, ce sont ceux de Pinturicchio et de Frà Angelico.
Au XVI* siècle, la peinture s'absorbe dans le réalisme ; toute convention, tout idéal disparaissent. Le peintre copie la nature et surtout le nu, qui lui semble le type de la beauté. Les églises de Saint- Antoine sur l'Esquilin et de Saint-Etienne -le -Rond sont entièrement peintes à fresque, ce qui est d'un grand effet.
La décadence est encore plus complète aux siècles suivants, non sous le rapport de la forme toujours scrupuleusement étudiée, mais au point de vue chrétien, et le XVIIP siècle clôt par les extravagances du P. Pozzi, à Saint- Ignace, la série de ces désordres iconographiques qui commencent à la chapelle Sixtine avec les fresques de Michel- Ange et, chemin faisant, ont leur apothéose àla voûte duGesù.
Voici la liste des peintres les plus renommés dont les œuvres se rencontrent dans les églises de Rome, soit en fresques, soit en tableaux :
Albani (François), de Bologne. 1578-1660.
Alunno (Nicolas), de Foligno, jusqu'en 1492.
Arpino (Chevalier Joseph d'), de Rome. 1560-1640. ^
Bassano (Jacques da Ponte, dit il), de Vicence. 1558-1623.
Beilini (Gentile), de Venise. 1421-1501 .
Botticelli (Sandro), de Florence. 1447-1515.
Bourdon (Sébastien), de Montpellier. 1616-1671.
Bourguignon (P. Jacques Courtois, dit le), Jésuite. 1621-1676.
Buonarotti (Michel- Ange), de Florence. 1474-1564.
Caravaggio (Michel-Ange-Amerighi da) 1569-1609.
Carracci (Augustin), de Bologne. 1558-1601.
Carracci (Annibal) , son frère . 1 560- 1 609 .
Carracci (Antoine), fils d'Augustin. 1578-1613.
Carracci (Louis), cousin d'Augustin. 1555-1619.
Correggio (Antoine Allegri da), de Parme. 1494-1534.
Cortone (Pierre Berettini de). 1609-1669.
Credi (Laurent di), de Florence. 1452-1536.
Dolci (Charles), de Florence. 1616-1686.
Dominiquin (Dominique Sampieri, dit le), de Bologne. 1581-1641.
Durer (Albert), de Nuremberg. 1471-1528.
Feti (Dominique), de Rome. 1589-1624.
Fiesole (Frà Angelico da), de Florence, 1387-1455.
Forli (Melozzo da).— 1492.
François. 1436.
; Gaddi (Thadée), de Florence. 1300-1352.
Gatta (Barthélémy délia). 1408-1481.
Ghirlandaio (Dominique), de Florence. 1451-1495.
Giotto, de Florence. 1276-1336.
Gozzoli (Benozzo), de Florence. 1400-1478.
Guercino (Jean-François Barbieri, dit il). 1590-1666.
Guido (Reni), de Bologne. 1575-1642.
Lanfranco (Jean), de Parme. 1531-1647.
Lippi (Frà Philippe), de Florence. 1412-1469.
Lippi (Filippino), son fils. 1460-1505.
Maratta (Charles), de Camerano. 1625-1713.
Margheritone, d'Arezzo. 1212?-1289?
Masaccio (Thomas-Guidi), de Florence. 1417-1443.
Mengs (Raphaël), de Bohême. 1728-1779,
Muziano (Jérôme), de Brescia. 1528-1590.
Natoire (Charles), de Nîmes. 1700-1777.
Parmeggiano (Francesco Mazzuoli, dit). 1504-1540.
Perugino (Pierre Vannucci, dit il), de Pérouse. 1446-1 524.
Perugino (Sinibâldi), son élève, vers 1500.
Peruzzi (Balthazar), de Volterre. 1481-1520.
Pinturicchio (Bernardin), de Pérouse. 1454-1513.
Piombo (Fra Sébastien Luciano del), de Venise. i485-1547.
Poerson, de Metz. 1609-1667.
PoUaiuolo (Antoine), de Florence. 1426-1498.
Pollaiuolo (Pierre), son frère. 1433-1498.
Pomeranzio (Chevalier Christophe Roncalli). 1552-4626.
l^oussin (Gaspard Dughet), de Rome. 1613-1675.
Poussin (Nicolas), des Andelys. 1594-1665.
Pozzi (Etienne), de Rome. 1708-1768,
Raphaël Sanzio, d*Urbin. 1483-i520.
Restout (Jean), de Caen. 1692-1768.
Ricci (Sébastien). 1659-1734.
Romanelli (Jean), de Viterbe. 1617-1622.
Romani (Jules Pippi,dit). 1492-1546.
Rosa (Salvator). 1615-1673.
Roselli (Cosimo), de Florence. 1416-1484.
Rubens (Pierre-Paul), d'Anvers. 1577-1640.
Sacchi (André), de Rome. 1598-1661,
Salviati (Francesco de Rosi), de Florence. 1510-1562.
Sarto (André Vanucchi del), de Florence. 1478-1530.
Sassoferrato (Jean-Baptiste Salvi de), d'Urbin. i605-1685.
Siciolante da Sermonetta (Jérôme), vers i572.
Signorelli (Luc), de Cortone. 1440-1521.
Subleyras (Pierre), d'Uzès. 1699-1749.
Tempesta (Chevalier Pierre), de Harlem. -1637-1701.
Tiziano (Chevalier Vecellio), de Venise. 1477-1576.
Valentin (Moïse), de France. 1600-1632.
Vanni (François), de Sienne. 1563-1609.
Vasari (Georges), d'Arezzo. 1512-1574.
Vinci (Léonard de), de Florence. 1452-1519.
Volterra (Daniel Ricciarelli de). 1509-1566.
Vouet (Simon), de Paris. 1582-1649.
Zuccari (Frédéric), de Florence. 1542-1609.
Zuccari (Thadée), son frère. 1529-1566.
26 OBSERVATIONS ARCflÉOLOGIQUES
Galeries. — Les galeries, nommées aussi gynécées pvivcequ' elles étaient réservées aux femmes, n'existent que dans les églises de Sainte-Agnèshors-les-murs, des Quatre-Couronnés et de Saint-Laurent-hors-les-murs ; encore dans cette dernière église le plancher, qui constituait un étage audessus du rez-de-chaussée, a-t-il été supprimé. Comme l'étage inférieur, la galerie est divisée par une série de colonnes querellent des arcs cintrés: de plus elle offre une balustrade, qui sert à la fois d'appui et de grillage ou clôture.
Mosaïques. — La mosaïque est de deux sortes : en marbre — tels sont les carrelages — et en émail — telles que les mosaïques absidales.
Or ces mosaïques, les seules dont il soit question ici, se composent de petits cubes d'émail diversement colorés, fixés sur une pâte de chaux et juxtaposés de manière à former toutes sortes de dessins.
La mosaïque est incontestablement le décor le plus brillant, le plus durable et le plus monumental. Du VP au XVI® siècle, elle tapisse, dans un grand nombre d'églises, Tabside et l'arc triomphal. Rai'ement, elle s'étend à toute la voiHe et aux parois.
Le fond est, aux anciennes époques, d'un bleu foncé, auquel, à partir du XIP siècle, l'or se substitue.
Laides dans le principe, les mosaïques acquièrent une incomparable beauté sur la fin du XIIP siècle, apogée de leur gloire.
Les voici classées selon l'ordre chronologique: bien entendu, je fais abstraction pour cela des diverses restaurations qu'elles ont subies à différentes époques.
Sainte-Constance, voûte du bas-côté (IV^ siècle).
Saint-Jean de Latran (IV siècle). — Tête du Sauveur, à l'abside.
Sainte-Pudentienne (fin du IV® siècle). — Abside.
Sainte-Constance, absidioles (V® siècle).
Sainte-Sabine (424). — Au-dessus de la porte.
Sainte-Marie-Majeure (433). - Arc triomphal et pourtour de la basilique.
Saint-Paul hors-les-murs (441). — Arc triomphal extérieur.
Baptistère de Latran (462). —Voûte.
/bid.y chapelle Sainte-Rufine, abside (V®-VP siècle).
Saints Côme et Damien (530). — Abside et arc triomphal.
Saint-Laurent-hors-les-murs (578). — Arc triomphal.
Saint-Théodore-le-Rond (VI« siècle). —Abside.
Sainte- Agnès-hors-les-murs (623). — Abside.
Oratoire Saint-Venance (642). — Abside et arc triomphal.
Saint-Etienne-le Rond (645). — Abside.
Saint-Pierre m Vincoli {682). — S. Sébastien.
Saint-Marc (774). — Abside et arc triomphal.
Sainte-Marie m Cosmedm (Ville siècle). — Adoration des Mages.
Triclinium (797). — Abside et arc triomphal.
Saints Nérée et Achillée (IX® siècle). — Arc triomphal.
Sainte-Marie m Domnica (815), — Abside et arc triomphal.
Sainte-Praxède (818). — Arc triomphal et abside.
Sainte Praxède (819). — Voûte et porte de la chapelle Saint-Zénon.
Sainte-Cécile (820). — Abside.
Saint-Clément (XI F® siècle). -- Arc triomphal.
Sainte-Marie m Monticelli (XIIo siècle). — Tète de Christ.
Sainte-Françoise- Romaine (XII« siècle). — Abside.
SainteMarie in Trastevere (XII° siècle). - Abside et arc triomphal.
Saint-Laurent-hors-les-murs (1216). — Frise du portique.
Saint-Paul- hors-les-murs (XIIP siècle). — Abside et arc triomphal intérieur.
Saint-Pierre (XIII® siècle). — Confession.
Portail des Trinitaires, au Cœlius (XIIP siècle).
Sainte-Marie-Majeure (XIIP siècle). — Abside et façade.
Saint-Pierre (1292). — La navicella.
Sainte-Marie m ara cœli (XIII« siècle). — Dessus de porte.
Saint- Jean de Latran (XIIP siècle). -- Abside.
Saint des Saints (XIIIb siècle) — Dessous du ciborium.
Saint-Clément (1299). — Abside.
Sainte-Marie m Trastevere (XIII® siècle). — Abside et façade.
Sainte-Marie-Majeure (1299). — Tombeau d'évêque.
Sainte-Marie in Cosmedin (XIIP siècle). — Ciborium.
Sainte-Marie sur Minerve (XIIP siècle). — Tombeau de Guill. Durant.
Sainte-Marie du Peuple (XVP siècle). — Chapelle Chigi.
Sainte-Pudentienne (XVP siècle) . — Chapelle Gaetani, à la voûte.
Sainte-Marie Scala cœli{Rn du XVi« siècle). — Abside.
Sainte-Croix de Jérusalem (fin du XVI** siècle). — Chapelle Sainte- Hélène.
Sainte-Marie de Lorette (1590). — Absidiole.
Saint-Pierre (XVIP siècle). - Coupole et pendentifs du dôme.
Saint-Charles aux Quatre-Fontaines (XVIP siècle). — Dessus de porte.
Vatican (XVIP siècle). — Dessus de porte.
Quirinal (XVIP siècle). — A l'horloge.
Saint- Alexis (XVIP siècle).— Absidiole.
A Saint-Pierre, coupoles et tableaux du XVIIP siècle.
Pavé. — Le plus ancien est celui du Panthéon, restauré par Pie IX avec les marbres de Y Emporium.
Pendant tout le Moyen- Age, du XIIEe au XV^ siècle, on a employé la mosaïque en pierres dures, où dominent le serpentin et le porphyre. Les dessins, empruntés aux formes géométriques, sont aussi variés qu'élégants et gracieux. Les nefs de Sainte-Marie-Majeure et de Saint-Laurent horsles-murs ont conservé l'effigie des donateurs.
Les mieux conservés et aussi les plus remarquables, en raison de leurs dimensions, sont ceux de Sainte-Marie m Trastevere, de Saint-Chrysogone, de Sainte-Croix de Jérusalem, de Saint Benoit ïn Piscinula, de Sainte- Françoise-Romaine, de Saint-Clément, de Saint- Alexis, etc.
Ceux de Saint-Saba (1205), de Saint-Sylvestre, des Quatre Couronnés, de Saint-Jean de Latranet du Saint des Saints, sont du XIlIo siècle.
Sixte IV a raît celui de la chapelle Sixtine au XVe.
Pour l'époque moderne, il n'y a à citer que le dallage, en marbres de diverses couleurs, de la basilique de Saint- Pierre, qui est presque tout entier des XVl® et XVll® siècles : on y voit les armes et les noms des papes qui l'ont fait exécuter.
Il existait deux labyrinthes du Xlio siècle, à Sainte-Marie m Aquiro et à Sainte-Marie inTrastevere: ils ont été sottement sacrifiés dans une restauration récente .
Quelquefois on rencontre, dans le pavage, des mosaïques en petits cubes d'émail et de marbre : telles sont des tombes plates à Saint-André du Quirinal (1691) et aux Saints-Apôtres, dans la chapelle des princes Odescalchi(1722).
Plafond. — Pour dissimuler la charpente, on a fait usage, dès le XV** siècle, de plafonds à caissons, en bois sculpté, peint et doré. Le plus ancien se voit à Sainte-Marie-Majeure. Celui de Vara cœli est un souvenir de la victoire remportée à Lépante et compte parmi les plus beaux avec ceux de Sainte-Marie au Transtévère et de Saint-Chrysogone. 11 faut aussi noter les plafonds richement sculptés de Saint-Marcel, de Saint- Jean-de-Latran, de Sainte Marie in Domnica et de Sainte-Praxède, qui, tous les quatre, datent du XVI^ siècle ; de Saint-Sylvestre au Quiiinal (S. PieV), de Sainte- Agnès-hors«les-murs (1606), de Sainte-Agathe alla Suburra (1633), de Saint-Barthélemy-en-l'Ile (Urbain VIII), de Sainte-Marie in via lata (1654), de Sainte- Anastasie (1722).
Porche. — Le porche est un édicule, composé de quatre colonnettes et d'un amortissement en forme de toit, qui précède certaines églises auxquelles il est accolé en manière d'appendice.
Les porches de Saiat-Clément, de Sainte-Marie in Cosmedin et de San- Cosimato ne paraissent pas antérieursTiu XII® siècle.
Portes. — Le mot po7He s'emploie dans les deux sens de baie et de fermeture de la haie.
La baie est généralement de forme rectangulaire, tant au Moyen-Age que dans les temps primitifs ou modernes ; je n'ai à opposer à cette règle générale que quatre exceptions, deux pour le plein-cintre à Saint-Antoine ai Monti et au couvent des Trinitaires sur le Cœlius, deux aussi pour l'ogive au même couvent et à Sainte Marie in ara cœli.
L'époque romane a sculpté deux linteaux et les chambranles correspondants, à Sainte-Marie in Trastevere et à Sainte-Marie m Cosmedin.
Le XIP et le XIIP siècle, qui ont peu sculpté, ont trouvé plus commode, plus expéditif et moins coûteux de se servir de portes romaines ou d'assembler, en manière de portes, des frises sculptées empruntées aux temples païens. A la première catégorie appartiennent les portes de Sainte-Sabine, Saint-Alexis, Sainte-Praxède ; à îa seconde, celles de Saint- Georges m Velabro et Sainte-Marie in Trastevere. On montre dans la crypte de Saint-Pierre les magnifiques rinceaux antiques qui contournaient la porte de l'ancienne basilique.
Ces placages et la reproduction de l'antique ont toujours empêché de donner de l'évasement aux portes. Seule, la porte en marbre de Saint- Antoine sur l'Esquilin rappelle nos portés françaises avec cordons aux voussures et colonnes aux pieds droits. 11 s'en suit que toutes ces' baies sans profondeur sont plates et d'un aspect peu monumental.
Les portes sont souvent flanquées, au Moyen-Age, de deux lions accroupis, sculptés en marbre Liane.
Le lion est l'emblème de la vigilance, oculis quia dormit apertis, dit la légende. C'est pour cela qu'il veille à la porte des églises, dont la garde lui est confiée, à Saint-Laurent-hors-les-murs, Saint-Laurent in Lucina^ Saints-Jean-et-PauI, Saint-Marc, Saint-Sylvestre in Capite^ Saints-Apôtres.
Il tient entre les pattes de devant soit un enfant qu'il protège, soit des animaux qu'il déchire. Il est rarement seul, un autre lion l'accompagne presque toujours de l'autre côté de la porte.
A Saint-Georges in Velabro^ les lions sont posés sur l'architrave du portique.
Le lion est le symbole de la résurrection, quand il soutient le chandelier pascal, comme à Sain'-Paul-hors-les-murs, Sainte-Marie in Cosmedin^ etc.
Aux sièges de Benoît XII, à Saint-Pierre, et du cardinal Alfani, à Sainte- Marie m Cosmedin, il est le symbole de la puissance et rappelle les lions que Salomon rangea de chaque côté de son trône.
30 OBSERVATIONS ARCHÉOLOGIÛUES
La fermeture des portes se fait au moyen de deux vanteaux en bois ou en métal.
Deux portes méritent d^être signalées pour leurs sculptures parmi celles en bois ; l'une est à Sainte-Sabine (XIP siècle), avec des bas-reliefs plus anciens (V^ siècle) ; l'autre à Saint-Vital (XVIP siècle). Un grand nombre portent en relief les armoiries du donateur, du fondateur ou de l'église.
Les portes de bronze peuvent se dater et classer ainsi :
Sainte-Marie-de -la-Rotonde j
Saints-Côme et Damien [ Époque romaine.
Saint Jean- de-Latran )
Baptistère de Latran V® siècle.
Saint-Jean-de-Latran (sacristie) i .,
Baptistère de Latran )
Saint des Saints XIIP siècle.
Saint- Pierre au Vatican
Saint- Pierre 2n Fmco/e* (sacristie). *
Palais du Vatican XVII« siècle.
Comme archéologie, les portes les plus intéressantes sont à la sacristie et au baptistère de Latran, tandis que celles de Saint-Pierre sont simplement curieuses. Quant aux portes qui closent le trésor de Saint- Pierre in Vïncoli^ il suffit de dire qu'elles ont été dessinées et fondues par Antoine Pollaiuolo pour comprendre leur haute valeur artistique.
A ce nom d'artiste s'ajoutent, au XIP siècle (1 196), ceux de Hubert et Pierre de Plaisance ou de Lausanne, et au XV© (1445), celui d'Antoine Philarète.
Porte sainte. — Une des trois ou cinq portes de la façade des basiliques patriarcales de Saint- Jean- de-Latran , Saint-Pierre-au-Vatican , Sainte-Marie-Majeure et Saint-Paul-hors-les-murs, reste constamment murée et n'est ouverte que tous les vingt-cinq ans pour V Année- Sainte ou Jubilé. Elle est maçonnée avec des briques aux armes de celui qui l'a fermée le dernier, pape ou cardinal, et ornée d'une croix que l'on baise par dévotion. Des inscriptions latines indiquent à quelles dates et par qui elle fut successivement ouverte. C'est par cette porte qu'il faut passer pour gagner l'indulgence du Jubilé, lors de la visite des basiliques.
La porte de Saint-Pierre, qui date du pontificat de Grégoire XIIÏ, est entourée, aux montants et au linteau, de bandes de marbre nuancé et de couleur foncée auquel son emploi en cet endroit a fait donner le nom vulgaire de Porte-Sainte^ Porta Santa,
Portique. — Le portique est une espèce de vestibule, ouvert à la partie antérieure et placé en avant des portes de la façade. Le Moyen-Age et
SUR LES ÉGLISES DE ROME 3i
l'époque moderne ont élevé des portiques, tous fort distincts par le style.
Au Moyen-Age, le portique se compose invariablement d'une colonnade, d'une frise, égayée par une mosaïque ou une inscription et d*un toit dont la pente, légèrement inclinée, ne dépasse pas la hauteur du rez-de-chaussée. Tels sont les portiques de Sainl- Georges m Velabro, Saints-Jean et Paul, Saint-Laurent-hors-les-murs, Saint-Laurent m Zt^ewa, Sainte-Marie in Navicella, Saint- Onuphre, Saint-Jean Porte Latine, Sainte-Cécile.
L'époque moderne est caractérisée au contraire par la superposition d'un étage au rez-de-chaussée, lors même que cet étage ne serait pas destiné à la bénédiction papale . Dans ce style sont les portiques de Saint- Jean-de-Latran, Saint-Pierre-au- Vatican, Sainte-Marie- Majeure, Sainte- Catherine-de-Sienne a Monte Magnanapoli\ Saint-Barthélémy- en-l'I le, Sainte-Marie in via lata, Saints-Apôtres, Sainte-Marie in Monlicelh\ Saint- Chrysogone, Saint-Marc.
Les églises dont le portique n'a qu'un étage forment une exception qu'il importe de signaler à Saint-Eustache, Sainte-Marie de Monte Sancto et Sainte-Marie-des-Miracles, sur la place du Peuple, Saint-Biaise m Trastevere^ Sainte-Marie-de-la-Paix.
Transsept. — Nef transversale d'une église, arrondie parfois en abside à chaque extrémité (Saint-Pierre- au- Vatican, Saint-Pierre m MonloriOj Sainte-Catherine délia Rota) et souvent depuis le XVi^ siècle, surmontée au centre d'une coupole (St-Charles au Corso^ Saint- André délia valle, Gesîi^ Sainte Agnès sur la place Navone, Saint-Augustin, Sainte-Marie-du- Peuple, etc.)
Des autels secondaires sont souvent élevés, en regard l'un de l'autre, aux deux extrémités du transsept, comme au Gesù, à Saint-Ignace, Saint- Alexis, Saint- f'ierre-au- Vatican, Saint-Jean-des-Florentins, etc.
Vitraux . — Ils sont en petit nombre et de peu d'importance, au moins pour ce qui est des anciens, car je ne parle pas ici des vitraux modernes du Vatican, de Saint-Julien des Belges, de Sainte-Brigitte et de Saint- AIphonse-de-Liguori.
Les plus remarquables de tous, à Sainte-Marie-du-Peuple, œuvre des deux frères français Guillaume et Claude de Marseille, datent du commencement du XVP siècle et du pontificat de Jules II: ils reproduisent plusieurs scènes de la vie de la Sainte- Vierge avec une grande finesse d'exécution et une certaine vivacité de coloris. Les vitraux-grisailles de la chapelle Gaétani, à Sainte-Pudentienne, sont d'un médiocre intérêt, quoique du XVP siècle.
La vie de saint Ignace a été peinte également sur verre, mais en grisaille, et elle garnit quatre fenêtres d'un vestibule qui précède les cham-
bresdu fondateur de la Compagnie de Jésus. Mais ces quatre tableaux, accompagnés d'allégories et de devises, ne remontent pas au-delà du XV1I« siècle.
Tous les autres vitraux sont consacrés exclusivement aux armoiries des fondateurs ou bienfaiteurs des églises. Ainsi nous voyons à Saint- Etiennele-Rond les écussons de Nicolas V (1453) et de Grégoire XIII (1580), le chiffre de la Société et le blason du cardinal Farnèse, au Gesù (1575), les armoiries du cardinal Rusticucci à Sainte-Susanne (1599), les armes du cardinal Barberini à Saint-André délia valle et celles des princes Aldobrandini à Sainte-Marie m vta (XVIP siècle), celles ^'Urbain VIII à Sainte-Bibiane (1625) et aux Saints-Côrae et Damien (1638), enfin Técusson du prince Pamphili, à Saint-André du Quirinal (1678).
Urbain VlII patrona beaucoup le Hollandais Bertrand Fouchier, né en 1609, mort en 1674 et peintre sur verre, qui quitta Rome pour aller à Florence à la suite d'une querelle d'un de ses amis.
Voûtes. — Jusqu'au XVb siècle les absides seules ont été voûtées ; je puis dire seules^ car je n'ai à noter que trois exceptions à cette règle générale pour les nefs du Saint-des- Saints, de la chapelle des princes Gaétani sur la voie Appieune et de Sainte-Marie sur Minerve, monuments en style ogival qui appartiennent aux dernières années du XIII* siècle ou aux premières du XIV**.
La voûle proprement dite n'apparaît comme système régulier que sur la iin du XV** siècle, à la chapelle Sixtine, Saint- Augustin, Sainte-Marie deir Anima et Notre-Dame -de-Pitié au Campo Sanio; et pour les bas-côtés dans les églises de Sainte-Marie-Majeure et Sainte-Marie in via lala, dont les grandes nefs, peut-être en prévision de la poussée qu'aucun contrefort n'aurait neutralisée, admettaient des plafonds de bois.
Les trois derniers siècles ont franchement adopté la voûte en plein-cintre à berceau continu ou divisé par une série d'arcs-doubleaux. Leurs églises y ont gagné en élévation et en grâce architecturale. Il suffit pour s'en convaincre de comparer Saint-Pierre au Vatican, Saint- André délia valle, le Gesù, Saint-Charles ai Catinari, Saint-Charles au Corso, et autres, avec les églises à plafonds qui manquent nécessairement de grandeur et semblent aplaties, là où nos yeux sont habitués à voir s'élancer une voûte hardie, complément le plus naturel et le plus élégant de tout édifice religieux.
Les stucs dorés et les fresques forment la décoration ordinaire de ces voûtes qui nulle part ailleurs ne sont plus riches et plus éclatantes qu^au Gesw, à Sainte-Marie de la Victoire, Saint-Ignace, Sainte-Marie delV Orta, la chapelle Sixtine et Saints-Dominique et Sixte.