‹ Observations archéologiques sur les églises de RomeChapitre 11 sur 16 · MOBILIER · texte numérisé non relu

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Ambons. — Les ambons sont des espèces de chaires ou tribunes en marbre, destinées à la lecture soit des leçons et de Tépître, soit de Tévangile. Ils sont placés en dehors du sanctuaire. Les plus anciens sont ceux de Saint-Clément, puisqu'ils remontent au XIP siècle, époque qui a fourni ceux de Sainte-Marie m Cosmedin, Les ambons de Sainte- Marie in ara cœli et de Saint-Laurent hors-les-murs, qui ne datent que du XIII® siècle, sont aussi les plus élégants et les plus ornés.

On voit encore des fragments d'ambons à Saint-Césaire, Saints-Nérée et Achillée, Saint-Saba, Sainte-Marie m via lata^ Saint-Etienne sopra Cacco, tous fragments mutilés et déplacés par les restaurations des églises.

L'ambon de Tévangile se distingue par ces cinq caractères : il est plus élevé ; la cuve est taillée à pans, au lieu d'être carrée comme pour Tarnbon de Tépître ; les sculptures et Tornementaiion Tembel lissent ; souvent un aigle, l'aigle de Saint-Jean, le plus sublime des évangélistes, y est représenté ; enfin il est accompagné du chandelier pascal, parce que c'était du haut de l'ambon que le diacre chantait VEocultet et bénissait le cierge pascal.

Sainte-Marie m ara cœli et Saint-Clément sont les seules églises où se soit maintenu l'usage des ambons, partout aillem^s meubles inutiles au culte.

Autel. — Au MoyeurAge, la forme des autels a beaucoup varié. Les prenoiers que nous rencontrions, aux XI^ et XII^ siècles, dans les églises de Sainte-Marie m via lata et de Sainte-Galle, ainsi qu'au Musée chrétien de Latran, sont des cippes païens sur lesquels on posait des tables de marbre débordant tout autour sur leur base trop étroite pour y célébrer.

Les baignoires ou urnes antiques sont usitées à Sainte- Marie in Cosmedin^ Saint-Nicolas m Carcere, Sainte-Croix de Jérusalem et Sainte- Bibiane.

Des colonnettes isolées supportent parfois la table, comme à Saint- Yves des Bretons et aux Saints- Vincent et Anastase aux Trois-Fontaines.

Simples colonnettes d'angles, elles sont unies par des dalles de marbre, dont une, perforée en carré, permet de voir un intérieur vide, mais évidemment destiné à recevoir"un corps saint ou des reliques. Tels sont les autels des Saints-Côme et Damien, Saint-George in Velabro et Saint-Jean inOlio.

Des restaurations modernes ont mutilé les autels de Saint-Laurent hors-

les-murs, Saint- Jean Porte Latine et Saints-Pierre et Marœllin à TorPignattara (XIP siècle).

A Sainte-Marie m Capella (XIP siècle), la partie antérieure est sculptée d'un agneau pascal. Au siècle suivant, la sculpture alterne avec la mosaïque d'émail aux autels de Saint-Césaire, Saint-Pancrace et Sainte- Agnès-hors-les-murs.

Deux portes de bronze, cadenassées et grillées, ferment l'autel qui contenait les chefs de saint Pierre et de saint Paul, figurés sur les deux vantaux, au Saint-des-Saints (XlIP siècle).

Du XIV* siècle, il ne reste que des fragments armoriés aux armes des donateurs : une restauration récente de l'autel papal de Saint-Jean de Latran les a fait reléguer dans le cloître de la basilique.

Le XV« siècle a fait un véritable chef-d'œuvre en sculptant si finement l'autel de Saint-Grégoire au Cœlius, le seul en ce genre.

Dès lors l'autel, prenant toujours des dimensions de plus en plus considérables et s*adossant souvent à des gradins, n'est plus qu un bloc de marbre, sans sculpture, puisqu'on doit le revêtir de parements d'étoflfe, comme l'autel papal de Saint- Pierre, ou un prétexte pour faire une décoration de marqueterie de marbres découpés et plaqués. Tels sont, parmi les plus riches, les autels de Sainte-Marie Transpontine, Saint- Pierre m Vincoli et Sainte-Agnès-hors-les-murs.

Enfin, sous le pontificat de PieVI, tous les petits autels de la basilique de Saint-Pierre reçurent, en forme de palliotto^ une mosaïque égayée de rinceaux, mais d'un goût fort équivoque et d'une monotonie fatigante*

Bancs,— La crypte de Saint-Alexis a conservé ses bancs primitifs pour le clergé rangés en demi-cercle autour du siège cardinalice ; le cardinal Baronius les a restitués dans sa restauration de l'église des Saints*Nérée et Achillée. Au XIII« siècle remontent les bancs en marbre de Saint-Laurent-hors-les-murs et au XVP ceux de Sainte-Croix de Jérusalem.

Les bancs étaient donc fixes comme le siège lui-même. Les ornait-on de draperies, y plaçaitK)n des coussins? C'est infiniment probable. Jusqu'au temps de Pie VII, les cardinaux furent assis sur des bancs de marbre à la chapelle Sixtine.

Généralement,iln'y a pas de chaises dans les églises de Rome et l'onassiste

* aux fonctions à genoux ou debout. Cependant, on a soin de disposer des

bancs pour les sermons et, depuis quelques années, l'usage s'est introduit

de mettre quelques chaises au service des fidèles, en certaines églises,

comme S. Louis-des-Français, le Gesù^ etc.

Bénitiers. — Le bénitier est destiné à contenir l'eau bénite dont se signent les fidèles en entrant à l'église.

Je n'ea connais aucun antérieur au XYe siècle. Les plus anciens sont ceux de Saint-Onuphre, Saint-Yves des Bretons et Sainte-Croix de Jérusalem.

Leur forme est d'ordinaire une large vasque circulaire, posée sur un pied épaté dont la tige est émincée en balustre. On y a employé les marbres les plus variés. Les bénitiers de la basilique de Saint-Pierre sont célèbres entre tous par la dimension de leurs coquilles en jaune antique et la taille des angelots qui les soutiennent.

A Saint-Sauveur m Thei^mis et à Sainte-Marie m Trasievere, des sarcophages antiques d*enfants ou des urnes cinéraires ont été transformés en bénitiers.

Chaires, — La chaire à prêcher, placée le plus habituellement du côté de Tévangile, est tantôt revêtue de marbre, tantôt sculptée sur bois. Je n'en connais ni d'anciennes ni de remarquables : aussi est-ce faute d'autres que je cite celles du Gesù et de Sainte-Marie-sur-Minerve, qui ne remontent pas au delà du XVIP siècle et sont cependant assez ornées. Un abat-voix surmonte presque toutes les chaires.

Au XVII" siècle, la cuve d'un ambon d'évangile a été transformée en chaire à prêcher, dans la diaconie de St-Césaire. Si j'en parle ici, ce n'est que pour indiquer la supercherie et prémunir contre l'authenticité d'un pareil monument fait avec du vieux.

Chancel. — Le chancel est une barrière en marbre, surmontée de chandeliers, qui sépare le clergé des fidèles.

La chapelle Sixtine a encore son chancel du temps de Sixte IV; celui de la chapelle Pauline au Quirinal a été renouvelé sous Pie VIT.

Une balustrade élevée, de la fin du XV" siècle, forme chancel à Sainte- Marie sur Minerve (chapelle de l'Annonciation) et ses chandeliers de fer sont encore en place.

A Sainte-Marie-Majeure, les chapelles Sixtine et Borghèse sont fermées par des grilles, surmontées de chandeliers de métal ; mais ce n'est plus qu'une réminiscence du chancel primitif, maintenu aux seules chapelles papales.

Chandelier pascal. — Le chandelier pascal, quoiqu'il ne serve que de Pâques à l'Ascension, esta demeure fixe dans les églises de Rome. Il a la forme d'une colonne, en marbre blanc. Au Moyen- Age, la colonne était émaillée et avait pour support le lion, emblème de la Résurrection. A Sainte-Marie m Cosmedin^ St-Clément et St-Laurent hors-les-murs, le chandelier pascal avoisine l'ambon où, le Samedi-Saint, le diacre chantait YExultet pour la bénédiction du cierge pascal.

Historié des scènes de la Passion et de la Résurrection de J.-C, le

chandelier de St-Paul hors-les-murs, est à la fois le plus ancien, puisqu'il date du XIIo siècle et le plus orné. Au XIIP remontent les gracieuses colonnettes de Sainte-Marie in Cosmedin, St-CIément, St-Laurent hors-lesmurs, SS.-Côme et Damien et St-Martin des Monts.

Deux candélabres antiques ont été adaptés aux besoins du culte dans les églises des SS.-Nérée et Achillée et de Sainte-Agnès hors-les-murs.

Chandeliers. — Le Musée du Vatican renferme les deux seuls chandeliers du XIIP siècle qui existent à Rome.

Du XVP siècle, nous avons les deux chandeliers du cardinal Farnèse qui, comme style et comme exécution, sont d'une beauté incomparable. Le chevalier Bernin y a ajouté pour le service de l'autel papal à St-Pierre quatre chandeliers, inégaux en hauteur, et inspirés des chandeliers de Michel-Ange.

Les églises de St-Eustache, St- Apollinaire (Benoît XIV) et St-Ignace possèdent des chandeliers rocaille d'un grand effet, quoique d'un style de décadence.

Les chandeliers des petits autels de la basilique de St-Pierre sont en bronze et inégaux en hauteur, c'est-à-dire que, suivant le Cérémonial des évêques^ les deux plus grands avoisinent le crucifix : ils portent au pied les armoiries du pape Alexandre VII.

Il n'est pas rare de rencontrer dans les églises des chandeliers de fer, à pied tréflé, tige tordue et large bobèche, qui sont affectés spécialement aux sépultures. On peut les attribuer aux XV® et XVP siècles.

Les cierges sont en cire blanche, de forme cylindrique et massifs. On est dans l'habitude de les peindre pour les solennités.

La cire jaune sert au deuil, pour la Semaine Sainte, les enterrements et services des papes et des souverains.

Chasses. — Une châsse est un grand coffre de bois ou de métal, destiné à recevoir soit un corpg saint, soit une notable partie du corps.

Il existe plusieurs châsses en émail champlevé (XlP-XItP siècle) aux Musées du Vatican et du Collège Romain, ainsi qu'à Sainte-Marie m via lata. Une seule, celle de S. Christophe, a de l'intérêt parmi les châsses du trésor de St-Pierre ; elle date du XVP siècle.

Les châsses actuelles sont garnies de vitres qui laissent voir à l'intérieur un mannequin en cire, richement habillé et renfermant les reliques du Saint ainsi représenté. Telles sont les châsses de SS.-Vincent et Anastase alla Regola^ St-Sauveur in Campo, St-François à Ripa^ etc., où elles remplissent le tombeau de l'autel : elles sont aussi parfois dressées contre les murs des chapelles.

Chefs. — On nomme chef un buste de bois doré ou de métal renfermant

la tête d*un saint. Cette forme de reliquaire est aussi fréquente qu'heureuse.

Les deux seuls chefs anciens sont ceux de St Luc, à St-Pierre au Vatican (XIV« siècle) et de St Pancrace, à St-Jean de Latran (XVP siècle).

Cloches. — Les cloches datent presque toutes des deux derniers siècles. Petites et peu ornées, elles ont un son assez agréable, mais on ne sait généralement que les tinter. Il est rare d entendre sonner en volée.

Chaque église a, suivant son importance, une, deux, trois, quatre cloches au plus.

Trois datent du XIIP siècle: elles sont à Sainte-Marie m Cosmedin et St- Nicolas in carcere.

La grosse cloche de St-Pierre, fondue sous Pie VI, pèse 28,000 livres.

Les quatres cloches de Ste-Marie-Majeure forment le carillon le plus brillant et le plus harmonieux qu'on ait à Rome ; c'est la seconde qui sonne la sperduta. La Minerve possède un beau bourdon.

Une heure après V Angélus, les cloches de toutes les églises donnent le signal pour la récitation de la prière des morts. On croit que cette pratique fut instituée à Naples vers 1546, par S. Gaétan, fondateur des Théatins. Un dominicain, Ambroise Brandi, Tétablit à Rome en ^609. Paul V la prescrivit par une disposition obligatoire dans toute l'Église. En 1736, Clément XII accorda 100 jours d'indulgence. Pie VI y appliqua des indulgences pour tous les fidèles qui récitent le De profundis ou Toraison dominicale pour les défunts; cet induit est daté du 18 mars 1781.

Deux heures après V Angélus ^ une des cloches de Ste-Marie-Majeure sonne pendant quelques instants ; c'est ce qu'on nomme vulgairement le son de la personne égarée {suono délia sperduta). La tradition porte qu'un voyageur de distinction s'étant égaré dans la campagne romaine, fut ramené dans la ville par le son de cette cloche et qu'il légua un fonds à la basilique, avec l'obligation de sonner la cloche à l'heure susdite.

Confessionnaux. — Ce sont en général des meubles de bois fort insignifiants pour le style et la forme. Je n'en connais pas d'antérieur à la fin du XVP siècle et encore sont-ils fort rares de cette époque.

Quelques-uns portent des armoiries aux frontons.

Croix dk consécration. — Elles ont pour but de rappeler les douze onctions faites par l'évéque consécrateur sur les murs de l'édifice en mémoire des douze apôtres, fondements de l'Église. Simplement peintes parfois, elles sont presque toujours en marbre ou en métal. Celles qui restent du XIIP siècle, à Sainte-Marie in Cosmedin et à St-Ange in Pescaria, sont

38 OBSERVATIONS ARCHÉOLOGIOUES

en mosaïque d'émail, genre de travail adopté, sous Urbain VIII, pour les croix de consécration de la basilique de St-Pierre.

Dais. — Plus économique et moins monumental que le ciborium, le dais est destiné comme lui à couvrir l'autel. Déforme carrée ou elliptique, il a des pentes, tantôt en bois sculpté, tantôt en étoffe rouge ou violette, suivant le temps (chapelle Sixtine) et même en toile peinte.

Tels sont les dais du grand autel, à Ste-Sabine, St-Marc, Ste-Balbine, St-Etienne-le-Rond, St-Pierre et St-Marcellin hors-les-murs ; de lautel absidal, à St-Jean-de-Latran et de celui du S. Sacrement, à St-Pierre du Vatican.

Dalles tumulaires. — Les nombreuses dalles tumulaires qui pavent les églises de Rome et historient la crypte Vaticane, sont de trois sortes : les dalles effigiées^ les dalles écrites çX les dalles variées.

Sont variées celles qui joignent à Tépitaphe des reliefs de bronze (Ste- Marie du Peuple), des marqueteries de marbre (St-André du Quirinal), ou des mosaïques d'émail et de pierre dure (Ste-Sabine, SS.- Apôtres). Le XIII®, le XVII* et le XVIII® siècles peuvent revendiquer la mosaïque ; les bronzes datent du XVP et du XVIP et la marqueterie s'emploie surtout aux trois derniers siècles. La dalle d'Amaury de Montfort porte une simple croix en mosaïque.

Les dalles écrites, consacrées aux noms, titres, qualités et armoiries du défunt, rentrent dans la classe des inscriptions. Elles sont curieuses, quand elles datent des premiers siècles ou sont écrites en vers latins, même avec toute la fantaisie profane de la Renaissance (Ste-Barbe, Ste- Marie in aracœli).

L'effigie sculptée en demi-relief se rencontre surtout aux XV* et XVI* siècles ; mais, simplement gravée, elle apparaît dès le XIII* siècle et ne cesse qu'avec le XVJ*. Il y a dans cette multiplicité de costumes ecclésiastiques et civils de quatre siècles la mine la plus curieuse et la plus utile à explorer. L'épitaphe tantôt contourne la dalle, tantôt s'étale aux pieds du défunt ou sur ses vêtements.

Les deux églises les mieux fournies sont celles de Ste-Marie in ara cœli et de Ste-Marie du Peuple. La crypte de St-Pierre en possède aussi quelques-unes d'un beau style et une assez grande variété du XIV« au XV* siècle.

Faïences. — La faïence est une terre préparée par le potier, couverte d'un vernis qui se vitrifie et cuite au feu.

Les plus anciennes faïences s'emploient comme décors dans les murailles extérieures. On les trouve au XII* siècle au porche des SS.- Vincent et Anastase aux Trois Fontaines et au clocher de Ste-Françoise-Romaine.

Plus tard, sur la fin du XV* siècle, elles reparaissent comme ornement au clocher de Ste- Agnès hors-Ies-murs.

Vers le milieu du XV» siècle, les carreaux de faïence sont fort usités et l'on voit de jolis spécimens du genre dans les chapelles latérales de Ste- Marie du Peuple. Le XVP et le XVIP siècles les prodiguent à St-André du Quirinal (chambre de St Stanislas), à St-André delk fratte^ à St- François de Paule ai Monti et à St-André au Transtevère. Mais le frottement incessant des pieds a singulièrement altéré ce travail, qui ne manque ni de délicatesse ni d'éclat et auquel sa fragilité et son peu de durée ont dû promptement faire renoncer.

Ferronnerie. — Il n'est resté du Moyen-Age que quatre grilles en fer forgé et battu : elles sont à Saint-Laurent hors-les-murs (XIP siècle), Sainte-Pudentienne (XIII» siècle), Sainte-Françoise Romaine à Tor di specchi (XV* siècle), et à Saint-Pierre au Vatican (chapelle de la Pîetà) .

Aux XVP, XVIP et XVIIP siècles, le fer mêlé au cuivre a produit ces magnifiques grilles aux armes de Sixte V, Paul V, Urbain VIII, Clément XII et Clément XIII, que Ton admire à Sainte-Marie-Majeure (chapelle du Saint Sacrement et chapelle Borghèse), à Saint-Pierre (chapelles du Saint Sacrement et du chapitre), et à Saint-Jean-de-Latran (chapelle Corsini.)

Fontaines. *- Chaque église possède dans sa sacristie une fontaine de marbre, dont l'eau, versée par des robinets de métal, sert à laver les mains du prêtre avant la messe.

A part celle de Sainte-Marie del Ptanto^ dont la partie inférieure oflFre une sculpture émaillée du XIII® siècle, toutes les fontaines sont moderne et n'ont d'intéressant que leurs inscriptions, parfois fort heureusement appropriées à la destination de ce petit meuble.

Lampes. — Les lampes sont de deux sortes, ou suspendues ou placées dans des girandoles, soit devant les autels, soit devant les reliques des saints. On y brûle ordinairement de l'huile d'olive, parfois de la cire, mais seulement aux grandes solennités.

Il y a à Rome un grand luxe de lampes, surtout à la confession de Saint-Pierre et à l'autel de Saint-Ignace au Gesu.

Les plus anciennes lampes datent de l'époque des catacombes : elles sont en terre cuite et à un seul bec. Les plus riches et les mieux travaillées sont en bronze. On peut voir les unes et les autres aux musées du Vatican et du Collège romain.

Les seules qui aient été traitées avec art, quoiqu'en style rococo, appartiennent au Gesù\ elles sont en bronze et soutenues par des anges. Saint-Ignace en possède quelques-unes qui ne manquent pas d'élégance.

40 OBSERVATIONS ARCQÉOLOGIQUES

Livres de CHcœuR. — L'imprimerie a remplacé, dans presque toutes les églises, les livres de chœur manuscrits. J'ai dit presque^ car loffice conventuel est encore tous les jours chanté à l'aide d'in-folios, écrits sur parchemin en gothique carrée, dans les églises de Saint-Jean -de-Latran, Sainte-Marie m ara cœli, Saint- Augustin , Saint- Pierre m Montorio ^ Sainte-Marie-sur-Minerve, Sainte- Sabine et Sainte-Marie-Transpontine. Les enluminures qui ornent les initiales et les bordures sont parfois traitées avec goût. Ces manuscrits datent tous des trois derniers siècles et sont signés pour la plupart des noms modestes et inconnus des religieux qui durent passer des années à ces œuvres de patience.

Orgues. — Il y a deux sortes d'orgues : les orgues mobiles, que Ton transporte suivant les solennités, en tel ou tel endroit de l'église, comme à Saint-Pierre et Saint-Jean-de-Latran, et celles qui sont fixes et que l'on place indistinctement au-dessus de la porte d'entrée, (Saint-Louis-des- Français, Sainte-Madeleine, Saint-Marc), dans les transsepts (ffww, Chiesa nuova, Sainte-Marie -du-Peu pie, Sainte-Marie-sur-Minerve), au fond du chœur (Saint-Martin-des-Monts), ou même sur un des côtés de la nef (Saint-André délia valle^ Saint-Jérôme-de-la-Charité).

La fabrication laisse beaucoup à désirer et la puissance des tuyaux est aussi restreinte que la variété des jeux. Comme buffets, on peut signaler les orgues de Sainte-Marie-de-Lorette au Forum (XVP siècle), de Saint- Pierre (Grégoire XIII), Saint-Jean-de-Latran (Clément VIII), Sainte- Marie-sur-Minerve (Paul V), Sainte-Marie-du-Peuple (Alexandre VII), Sainte-Marie-Majeure (Clément X) et de Sainte-Madeleine (XVIIP siècle).

Le style rocaille produit un agréable effet dans les orgues de Sainte- Madeleine et de Sainte-Marie deW Umiltà,

Les tuyaux, disgracieusement disposés dans des buffets qui ne dissimulent pas leur inégalité, sont habituellement couverts par de grands rideaux pour les préserver de la poussière.

Une tribune spacieuse accompagne l'orgue, autour duquel se groupent les chantres et les musiciens.

Poids romains.— Blocs arrondis et polis, d'une pierre luisante et noire, nommée en latin lapis œquipondus, en italien ptetra nefritica et en français pierre de touche. Les Romains s'en servaient pour peser, et au temps des persécutions, les bourreaux les attachaient, dit la tradition, aux pieds ou au cou des chrétiens, soit lorsqu'ils les jetaient à l'eau, soit lorsqu'ils les suppliciaient.

On rencontre ces poids à Saint-Nicolas m carcere, Saint-Martin-des Monts, Sainte-Marie m Cosmedin, Sainte-Marie Scala cœlij aux Trois Fontaines, à SS.-Côme et Damien et à Sainte-Sabine.

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Puits. — 11 est certaines églises daos lesquelles on remarque un puits sec ou plein d*eau .

Les uns ont conservé ou conservent encore les corps et le sang des martyrs, comme à Sainte-Praxède, Sainte-Pudentienne, Saints- Apôtres *, Saint- Barthélemy-en-rile^; on boit par dévotion Teau des autres, parceque quelque souvenir pieux s'y rattache, comme à Saint-Alexis, Sainte- Marie m v/a, Sainte-Marie m via lata^ Sainte-Marie-des- Anges in macelh martyrum, A Saint-Calixte, le pape de ce nom y fut précipité, une pierre au cou.

Au milieu du préau des cloîtres s'élève ordinairement un puits dont Teau sert à la communauté.

Au point de vue de l'archéologie et de l'art, je noterai les puits de Saint-Jean-Porte-Latine, Saint- Jean-de-Latran et Saint-Sylvestre m capite, sculptés à l'époque romane primitive, vers le VHP ou IX® siècle ; de Saint- Barthélémy- en-ll le et de la Platonia à Saint-Sébastien hors-les-murs (XII* siècle) ; de Sainte-Pudentienne, fermé par une grille du XIIP siècle; de Saint- Pierre in Vincoli (XV« siècle) et de Saiat-Etienne-le-Rond (XVIe siècle).

Reliquaires. — Le reliquaire, de plus petite dimension que la châsse, est destiné à contenir une ou plusieurs reliques de saints. En métal ou en bois sculpté, il annonce d'ordinaire par sa forme la relique qu'il enveloppe; de là cette variété de chefs, de bras, de pieds, etc.

Il reste peu de reliquaires du Moyen-Age : cependant on en trouve encore quelques-uns à Saint-Jean de Latran, Saint-Pierre, Saint-Marc, au Musée du Vatican et au palais Altemps. La chapelle du palais Massimo possède une curieuse et complète collection de reliquaires pyramidaux, avec ou sans émaux.

Les reliquaires modernes consistent en une feuille de métal travaillée au repoussé et appliquée sur une âme de bois ; par derrière est un manche qui sert au prêtre à le faire baiser plus commodément aux fidèles.

Retables. — Le retable surmonte l'autel et fait face au prêtre qui célèbre.

U n'en existe pas d'antérieur au XV® siècle et encore les retables de cette époque sont-ils peu nombreux, mais aussi tous sont d'une grande valeur artistique et sculptés sur marbre blanc avec une rare perfection. On les voit à Sainte-Marie de la Paix, Saint-Çylvestre m capiUy Saint- Grégoire au Cœliusj Saint-Laurent hors-les-murs et Sainte^Balbine.

Les retables n'ont pris que sur la fin du XVI» siècle les proportions gi-

^ Il a été supprimé dans la récente restauration de F^égUse.

gantesques qu'ils ont conservées depuis. Tls se composent d'un tableau central, mosaïque, bas-relief ou peinture et de deux ou plusieurs colonnes supportant un fronton. Les retables les plus curieux de ce style se remarquent à Saint-Pierre, Saint- Ignace, le Gesu^ Sainte- /tgnès (place Navone).

Sièges. -- Ces sièges, placés au fond des absides, ont servi pour les cérémonies ecclésiastiques, soit aux souverains pontifes, soit aux cardinaux. Les plus anciens se voient dans les catacombes de Sainte-Agnès : ils sont en tuf, d'un seul bloc, à haut dossier et sans ornement.

Quelques églises ont conservé leurs sièges en marbre blanc, sculpté ou relevé de mosaïques d'émail. Ce sont, selon l'ordre chronologique :

A Saint- Jean -de-Latran, dans le cloître, le siège de S. Sylvestre ;

A Saint-Etienne-le-rond et à Saint-Grégoire-au-Cœlius, les sièges antiques sur lesquels s'est assis S. Grégoire-le-Grand ;

A Saint-Pierre m Vmcolt\ siège antique à griffes ;

A Saint-Alexis et à Sain^Martin, dans la crypte; à Sainte- Agnès horsles-murs, à Sainte-Cécile m Trasievere, à Saint-Laurent ïn Lucïna, tous les cinq fort simples de structure et de Tépoque romane primitive ;

A Saint-Clément, où le dos arrondi porte une inscription (XII* siècle);

A Sainte-Marie in Trastevere et aux Quatre-Couronnés, remarquables par leurs griffons (XIP siècle) ;

A Sainte-Marie m Cosmedin^ avec deux lions pour accoudoirs et une inscription au dossier (XIP siècle);

A Sainte-Balbine, Saint-Alexis, Saint-Martin-des-Monts, SS.-Nèrée et Achillèe, Saint-Césaire, où des débris du XIII' siècle sont conservés ou utilisés à fabriquer des sièges plus récents ;

A Saint-Jean-de-Latran, où, dans le cloître, gît par morceaux l'ancien siège papal dont toute Tomementation est ogivale (XlIIe siècle);

A Saint-Laurent hors-les-murs, où existe le plus beau spécimen des sièges du XIIP siècle.

Stalles. — Les stalles sont d'origine assez récente, car autrefois on ne se servait, comme font encore les cardinaux aux chapelles papales et cardinalices, que de bancs recouverts de tapis. Or, ces bancs en marbre et à demeure fixe, se constatent facilement à Saint-Alexis (crypte), Saint- Georges m VelabrOy Saint-Laurent hors-les-murs.

Les stalles sont en bois simplement menuisé. Je n*en connais pas d'atitérieures au XVII« siècle. Les plus curieuses, grâce à la sculpture et aux statuettes qui les ornent, sont à Saint- Pierre du Vatican, Saint- Eusèbe et Saint-Jean-de-Latran. Celles des SS.-Côme et Damien sont datées de 1635 et celles de Saint-Marc de 1736.

Statues. — Les statues, sculptées entravertiu et en marbre, ou même .implement modelées en stuc, concourent à la décoration intérieure et extérieure des églises. La façade de Saint- Louis-des-Français est ornée de quatre statues à ses deux étages. A Saînt-Jean-de-Latran, dans la grande nef, les statues colossales des apôtres sont encadrées dans des niches ; à Sainte-Madeleine, ce sont des Vertus ; à Saint- Pierre, les fondateurs des ordres religieux. Dans les chapelles du Saint Sacrement et de la Vierge, à Sainte-Marie-Majeure, il y a un vrai luxe de statues, toutes des XVP et XVIP siècles.

Les statues des défunts, couchées ou à genoux, sont fréquentes sur les tombeaux des XV% XVI« et X VIP siècles.

Tabernacles. — Le tabernacle est un meuble destiné à conserver la réserve Eucharistique.

Primitivement et pendant toute la durée du Moyen- Age, on le fit en marbre et on l'encastra dans la muraiile.Tel est encore, au fond de l'abside, celui de Sainte-Croix de Jérusalem,où la tradition s'est maintenue. Ce n'est que depuis le XVP siècle que l'usage s'est introduit de le considérer comme meuble adhérent à l'autel.

Parmi les modernes, toujours ornés de marbres et de pierres précieuses, je citerai les tabernacles de Saint- Jean -de -Latran, Saint-Pierre au Vatican et Sainte-Marie Regina cœli alla Lungara.

Les plus anciens datent du XIIP siècle et sont fort simples. Deux colonnes supportent un fronton et encadrent une porte de métal à pentures, le tout émaillé de mosaïques. De ce genre sont les réserves de Saint- Nicolas m carcere^ Sainte-Sabine, Sainte-Cécile, SS.-Côme et Damien, Sainte-Marie-Egy ptienne .

Celle de Saint-Clément, qui date des dernières années du XIII* siècle, est incontestablement la plus ornée et la plus élégante de forme.

Le XV® siècle a prodigué un grand luxe d'ornementation, d'iconographie et de sculpture sur ses tabernacles plaqués, qui souvent parleurs dimensions ont l'aspect de retables. Il en existe un certain nombre dans les églises de Saint-Jean-Kle-Latran, Saint-Pierre au Vatican, Saint-Sébastien horsyles-murs, Saint-Grégoire-au-Cœlius, SS.-Coutonnés, Saint- Etiennele-rond, Sainte-Françoise-Romaine, Sainte-Marie m Trastevere. Ce dernier est signé du nom de Mino de Fiesole qui l'a sculpté : opvs boni. Dans le cloître de Saint-Augustin, il en existe deux, datés de 1477 et

Un tabernacle en terre cuite vernissée, que l'on voit au Musée chrétien du Vatican, est attribué à Luca délia Robbia ou plus exactement à son école* 11 porte le millésime 1515.

Des inscriptions accompagnent parfois ces petits noonuments. A Sainte-Marie m Trivio^ (XV^ siècle), on lit cette variante de Thyrane de Saint-Thomas-d'Aquin :

TANTVM CVNCTI SACRAMENTVM VENEREMVR CERNVI

Aux SS.-Vincent et Anastase aux Trois Fontaines, la date vient après un acte de foi et une invitation pieuse :

fLAVDlTVR HIC XPS , PANIS

SVB SPECIE FACTV8 . HOSPES .

ADORATO NVMINE . GRATVS ABI .

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