‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 100 sur 107 · C. Après les deux premières années de l'enfance · texte numérisé non relu

C. Après les deux premières années de l'enfance

Nox-sEULEMENT les progrès de la nutrition ont donné alors aux tissus musculaire et tendineux une bien plus grande perfection, une hien plus grande densité ; mais ces mêmes changemens se sont opérés alors aussi sur tous les organes fibreux qui constituent les appareils articulaires et tous leurs supplémens.

Or, dans la déviation en dedans , le ligament articulaire interne du pied, si puissant dans l'ordre naturel , est court et s'oppose de toute la densité de son tissu à l'inclinaison du pied en dehors ; l’aponévrose plantaire , son bord interne surtout , parcourt un espace moins étendu entre l'extrémité postéricure du calcaneum et l'extrémité antérieure des os mé-

tatarsiens , que ses languettes terminales em-

brassent ; le ligament plantaire appelé filamenteux , éprouve la même anomalie dans son côté tibial. De même , dans la déviation extérieure , des vices opposés se font remarquer, pour les mêmes raisons qui font que les organes les plus durs, les os eux-mêmes, se laissent déformer par une action constante et inévitable , ou par l'isolement continu. Les organes que nous venons d'énumérer , tenus dans un rapprochement constant de leurs extrémités, ont manqué de la direction spéciale qui marque l'étendue du développement. Ainsi, un vice natif de l'acte nutritif engendre un vice semblable dans les produits de cet acte lui-même ; ainsi, en laissant vieillir une difformité première, bornée d’abord à quelques muscles , on lui laisse la liberté de s'étendre à d’autres organes et de multiplier par là les obstacles et les difficultés.

Ceux qui ont proposé de n'employer que des appareils élastiques pour vaincre ces dificultés, d'y faire servir surtout la déambulation elle-même, nen ont pas connu toute l'étendue. Des difformités légères peuvent être corrigées de la sorte sans doute. L’assertion de personnes dignes du plus grand

respect l’atteste ; mais l'expérience prouve aussi qu'il est des cas bien plus difficiles, et pour lesquels ce n’est pas trop de toutes les ressources de la mécanique morte la plus puissante. Nous avons eu affaire non-seulement aux difformités les plus avancées ; mais encore il nous a fallu lutter souvent contre les embarras créés par des efforts mal calculés par d’autres praticiens, et des cicatrices qui en résultaient , placées précisément sur les points où devait être pris le point d'appui des instrumens à mettre en usage. Nous pouvons attester que ces deux causes réunies nous ont fait sentir tout ce qu'il y a de difficile et de mal compris jusqu’à présent dans cette partie de la thérapeutique.

Il est très-avantageux , sans doute, de pouvoir faire agir de concert les efforts de la mécanique et les effets de la déambulation, pour ramener un pied à la direction normale.

Mais, pour cela, il faut que la réduction puisse être immédiatement complète. Sans cette condition , il se fait des pressions obliques du sol sur le bord externe ou interne du pied ; pressions qui dénaturent totalement le produit et le sens de celles qu’un appareil exerce. Non-seulement l'expérience nous a

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