‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 102 sur 107 · MES A MES TRE VE · texte numérisé non relu

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( 469 ) avaient besoin; mais encore des altérations dans toutes les articulations du pied, qui avaient rendu cet alongement inutile. Avant ces dernières altérations , il est un point où la résistance des muscles est tout , et où elle est au-dessus des efforts de l’art. On peut dire passé quel âge l’alongement des muscles est impossible. [Il y a, à cet égard, des exceptions toute personnelles et qui ne permettent nullement de juger à priori ; on ne peut décider dans quel cas on peut conserver l’expé-

rance de réussir par les moyens ordinaires, et

dans quel autre il faut y renoncer, qu'après une müre appréciation de l'état des choses, et, le plus souvent, après des tentatives rationnelles et totalement infructueuses.

Mais , ces cas sont-ils sains ressource ? Nous ne le croyons pas. L'exemple a été donné parmi nous de la section du tendon d'Achille : et, malgré les critiques peut-étre trop sévères dont cette opération a été l'objet, nous sommes demeurés convaincus par des faits d’une difficulté vraiment insurmontable , qu'il yen aura où elle sera l'unique ressource. L'observation ayant démontré qu'elle est exempte de danger, pourquoi ne serait-elle pas pratiquée de nouveau dans l'occasion ? Nous n’hésite-

rions pas, pour notre part, si elle était dé-

montrée inévitable. La difformité qu’elle peut effacer, frappe de nullité tout un membre ; en recouvrer Île libre usage est un point bien

important. Qu'est-ce, auprès d’un si grand

avantage , que les douleurs attachées à une opération qui n'intéresse que la peau et un tendon ? Cette opération s'est placée dans la pratique avec toutes Îles garanties désirables ; elle a été pratiquée daus une ville importante , au sein d'une École; le malade était connu ; il n'a pas été perdu de vue par la population à laquelle il appartenait. Il est bien avéré qu'il n'y a pas eu d’accidens et que lc succès a été complet. S'il était nécessaire d'y recourir encore, nous croyons qu'il conviendrait d'adopter le procédé qu'a suivi le professeur Delpech (1), et dont l’objet particulier est de ne pas dénuder le tendon que l'on veut diviser.

Avant tout , il faut être muni d’un appa-

xeil propre à maintenir le pied dans la posi-

tion vicieuse qne l'on veut corriger et à fixer le genou dans la flexion : le tendon une fois

divisé, les bouts tendront à s’écarter ; mais,

(1) Voyez Chirurgie clinique ; tom. I.*

En an Be 6 1 EE

CAT) comme il s'agit d'obtenir immédiatement un travail de réunion, il est utile de rapprocher les insertions des muscles.

Ces préparatifs étant faits, il faut pratiquer une incision d'un pouce seulement aux ligamens de la face interne de la jambe, deux pouces au-dessus de la malléole interne , à une égale distance du bord interne du tibia et du tendon d'Achille. Le feuillet superficiel de l’aponévrose tibiale doit être divisé ensuite; aprés quoi , introduisant au fond de cette incision la lame d'uu scalpel très-convexe et très-court, on s'en sert pour diviser le tendon sous la peau qui le recouvre dans l'intérieur. La tension naturelle de cette corde, exagérée par la difformité , rend la section facile, même avec réserve. Aussitôt que la section est accomplie, le pied est libre et peut être ramené sans résistance dans Île sens de la flexion ;

épreuve immédiate qui garantit le succès de

l'opération. Dès-lors, il s'agit de fixer le mem-

bre dans la position Ia plus favorable au contact immédiat des deux bouts du tendon divisé. Dans cette condition, le travail de réunion va commencer. Puisque ce travail n'a jamais pu s'accomplir que par la production d'une masse accidentelle , les premiers mo-

mens doiventen fournir les matériaux, destinés sans doutc à acquérir une densité égale à celle du tendon, puisqu'elle en remplit l’office ; mais cette matière doit être ductile dans le premier moment, car de grands soins sont nécessaires quand on travaille à la réunion du tendon d'Achille rompu , pour éviter qu'elle ne soit détruite par une autre rupture. On peut donc , entre le moment où celte malière était déliquescente et celui où elle devient fibreuse , saisir une époque où l'on peut, par une extension graduelle et ménagée, alonger le moyen d'union et lui donner l'étendue de ce qui manque au tendon. Plus tard , en maintenant long-temps l’immobilité des parties, on donne le loisir à la nouvelle substance étendue d'acquérir la densité qui lui est destinée. Telle est la série des vues qui a servi de guide à l’auteur de cette opération , et l'expérience les a parfaitement justifiées. Si l'on veut répéter cette opération dans un cas convenable , nous croyons que , en attendant un plus grand nombre de faits, on ne pourra mieux faire que de se conforer à ce qui à élé fait dans cette première occasion. |

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E. Complications des défectuosités de la cuisse et du genou.

Nous avons signalé dans son lieu tous les vices de développement du fémur dans son extrémité inférieure, du tibia dans sa partie supérieure, de la rotule et des muscles de Ia cuisse, particulièrement ceux de la région antérieure.

Les vices natifs dans les os, qui ne leur ont pas permis de prendre les formes nécessaires à l'exercice de leurs fonctions, sont ineffacables. Qu'est-ce qui pourrait suppléer la courbe composée que le profil de chaque condyle du fémur doit représenter ? Il en est de ces vices, comme de ceux de l'articulation coxo-fémorale.

Les défauts de la rotule sont moins fächeux; cet os est l'équivalent d'une poulie : pourvu qu'il puisse courir selon la verticale, entre la partie antérieure des condyles, quelque peu saitlante qu'elle soit, l’inflexion qu'il fait subir au tendon commun des muscles droit , antérieur et crural, est toujours suflisante pour assurer l'extension de la jambe.

Mais les muscles extéricurs , les fléchis-

Que AN ETS x ND ES Re NE

seurs, n'ont pas toujours l'étendue nécessairé

pour les libres mouvemens dela jambe. Aussi : voit-on quelquefois, particulièrement dans les pieds-bots, la jambe fixée plus ou moins dans l'extension ou dans la flexion. La simultanéité de ces difformités , bien propre d’ailleurs à déceler la communauté des causes, nuit beaucoup au succés du traitement des pieds-bots, et en frapperait de stérilité les résultats les plus heureux, si la complication ne pouvait être attaquée avec avantage.

Tout ce qui est su maintenant touchant la briéveté native de certains muscles , démontre que l'on doit pouvoir alonger les muscles de la cuisse frappés d’une pareille défectuosilé ; et en cffet, dans l'occasion, nous avons pu réussir complétement , en faisant exercer , plusieurs heures tous les jours, par les mains d’un aide intelligent , des mouvemens de flexion et d'extension à la jambe , et en faisant livrer les malades eux-mêmes à des exercices gymnastiques ayant le même but.

Il n'est pas douteux que l'usage d’une machine qui travaillerait bien plus long-temps et plus régulièrement , ne fût bien préférable ; mais, Nous n'avons pas eu l’occasion ou le besoin de l'employer , les mains seules nous

ayant jusqu'ici paru suflisantes. Cependant , il est tel cas où le secours d’un moyen de cette espèce peut être nécessaire, et dans l'occasion nous n’hésiterons pas. Le travail prolongé d’une machine n'aurait pas de l'avantage seulement par l’alongement qu'elle exercerait bien plus souvent sur les muscles ; mais encore par l’action qu'ils en ressentiraient et qui activerait en eux sa nutrition. L'accroissement de ces organes tient essentiellement à cette condition : on ne saurait trop en multi- plier les occasions.

S. XII. Traitement des difformités qui dépendent ; comme les pieds-bois , de La briéveté native des nuscles.

IL a été recueilli des faits curieux par leur analogie avec les pieds-bots de naissance. Nous avons cité dans l'observation XVII: , l'exemple d'un vice de cette espèce dans l’un des muscles sterno-mastoiïdiens. L'enfant , alors très-jeune , fut guéri par un appareil assez compliqué , mais d’une action trés-sûre. Îl était tenu couché la nuit etune partie du jour sur un lit dur et horizontal, sur lequel il était fixé par Ja tête et par Je bassin, comme si

( 476 ) Jon eût voulu pratiquer l'extension sur lé pine, mais sans l’alonger le moins du monde.

Un cordon fixé à la partie antérieure du bandeau , passait sur la tempe du côté malade derrière la tête, pour courir du côté opposé et sortir de la boiserie du lit par une ouverture qui le conduisait à un barillet. La rotation de celui-ci, dont on pouvait augmenter la force en bandant plus ou moins les ressorts, tirait horizontalement sur la tête et lui imprimait un mouvement de rotation contraire à celui qu'opérait le muscle court “el qui tendait à l’alonger. Dans la veille ou dans les mouvemens involontaires pendant le sommeil , l'enfant pouvait replacer sa tête dans la position vicieuse : alors, il fallait y employer des forces plus grandes pour surmonter la résistance du ressort ; mais , le ressort l'emporlait aussi à son tour. Dés que les muscles étaient relâchés , et par conséquent pendant Je sommeil, la continuité de cette action a eu un plein succès. Nous croyons cet exemple bon à imiter dans l’occasion. S'il s'agissait d'un sujet adulte , il faudrait inventer un appareil plus puissant : il pourrait être portatif pour obtenir une action constante. Il est douteux aussi, d'après l'exemple des pied-bots ,

(477) 4uê l’on pût y employer des ressorts; mais, pour un enfant en bas âge, nous avons lieu de croire que cette condition y serait essentielle.

Dans un autre fait, on a constaté la briéveté native des muscles psoas et iliaque. La maladie a été fort amendée par l'usage de l'exercice et par celui d’un lit, dont le coucher étant fait en deux parties pouvait former un angle rentrant , répondant au milieu de sa longueur. La jeune malade fut accoutumée à dormir en pronation : elle était assujetlie sur son lit , et, pendant son sommeil, le jeu d’un levier et de deux excentriques élevait également les deux extrémités de la couche, de manière à porter aussi loir que possible l'extension des deux cuisses , par conséquent l’alongement’ des muscles courts.

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