‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 12 sur 107 · ENT CP NT C0 RE NS · texte numérisé non relu

ENT CP NT C0 RE NS

l'étude ait pu être poussée au-delà de l'observation du sujet vivant.

L'état des choses nous a paru tellement semblable à celui des membres paralysés par leur propre poids déplacé, qu’il nous semble bien difficile, en attendant mieux, de ne pas admettre au moins de grandes analogies:

En étudiant les faits du déplacement habituel ou fréquent des membres paralysés , on na tenu compte que de l'alongement passif des ligamens par le poids des parties. Il nous semble cependant que , puisque la paralysie a produit sur les muscles un défaut de nutrition que l’on constate par leur atrophie , il est diflicile de concevoir que ce vice soit entièrement borné à l'appareil musculaire. Il est plus sensible par la suppression plus ou moins complète d’une propriété , Ja contractilité, même par la diminution du volume et la perte de la couleur qui caractérisent la fibre musculaire. Mais est-il bien vrai que l'atrophie est bornée aux muscles ? N’est-

il pas constaté, au contraire, que Îla graisse disparaît , que le tissu cellulaire se fond, que

la peau devient plus mince et plus sèche, lorsque , en même temps , elle perd sa sensibilité ? Enfin , n'est-il pas reconnu que les os

|. Lana

eux-mêmes d’un membre paralytique deviennent plus légers , les parois de la cavité médullaire plus minces, qu'ils sont dans un état d’atrophie, tout comme les muscles ? S'il en est ainsi, comment concevoir que les ligamens échappassent seuls à cette ruine devenue commune à tous les tissus d’un membre et reconnaissable dans tous ? L'atrophie des ligamens serait donc , au moins, l’une des causes qui tendraient à vaincre leur résistance passive ; et leur densité serait alors diminuée, en même temps que le défaut d'action des muscles les abandonne à leur propre consistance, cause d'ailleurs fort efficace de leur alongement.

Si l’on peut établir une analogie d'état entre les ligamens relächés des membres paralysés et le relâchement des fibro-cartilages des articulations vertébrales, la condition anatomicophysiologique de ces derniers peut se présumer : un défaut de nutrition, un certain degré d’atrophie est probablement l’état morbide.

Cette induction semble fortifiée par les considérations suivantes :

1.0 Nous avons montré dans l'un des faits précédens, cet état morbide consommé depuis long-temps dans les articulations vertébrales,

s'étendant ensuite à toutes les articulations des membres inférieurs; et , dans ce même sujet qui était d'une grande maigreur, Îles muscles du tronc et de ces mêmes membres étaient remarquables par un amaigrissement plus grand encore que celui de tout le reste.

2° Dans tous les cas où nous avons pu constater la mobilité insolite des vertèbres, l'atrophie des muscles a été évidente.

3. Un grand degré de faiblesse , un étiolement de la peau, des digestions imparfaites ou l’inappétence, accompagnent le plus souvent aussi cette mobilité des vertèbres et des membres.

4° A Ja suite des maladies prolongées des articulations que l’on a le rare bonheur de voir guérir sans le sacrifice d'un membre , si les ligamens ne sont pas contracturés ou les surfaces articulaires unies intimement , il arrive quelquefois que ces mêmes ligamens sont alongés et permettent toutes sortes de mouvemens; mais, en même temps, les muscles sont atrophiés. |

5° Si, dans ces mêmes cas, l'on parvient à rétablir l'énergie de nutrition ou de contraction dans les muscles du membre guéri, on voit se rétablir aussi la solidité de l'articula-

ï « . 1 Ds * : f

(27) tion (1) ; ce qui démontre que les ligamens ont recouvré leur densité , en même temps

(1) Voyez une belle observation de ce genre , dans l'Orthomorphie, que nous allons transcrire ici. }

Page 1