OBSERVATION IV
Us homme, âgé de 24 ans, doué d'une bonne constitution , très-actif, grand et proportionné, dans une course à cheval et en franchissant un fossé assez large, éprouva une violente secousse dans le bas de la région lombaire. Peu de temps après, il traversa, avec son cheval , une pièce d'eau très-froide et fut mouillé jusqu'au niveau de l'ombilic.
Des douleurs très-vives aux lombes ct la paralysie des membres inférieurs furent les suites immédiates de ce double accident, auquelon opposa d'abord des ventouses sanglantes , et, peu de jours après, deux moxas. Il survint des crampes douloureuses , de la fièvre , que les bains tièdes calmèrent. La sen- Sibilité du membre se rétablit , les mouvemens et les forces reparurent ; mais bien
(22) moins complétement. Les facultés viriles éprouvèrent un très-grand décroissement , et le volume des testicules diminua. Des eaux minérales très-variées produisirent des effets bien inégaux: une fois, le malade fut presque entièrement délivréde ses incommodités, par l'usage des bains de mer ; une autre fois , à la suite de celui d’eaux thermales hydro-sulfureuses. Lorsque nous le vimes, les membres inférieurs avaient perdu par l'atrophie une partie de leurs muscles ; les forces y étaient suffisantes pour la marche, mais non pas sans précaution. À un certain point de la flexion du genou et de Ja cuisse, pour les détacher du sol, il y avait une tension douloureuse dans les lombes , qui faisait cesser tout à coup Ja contraction des muscles , en sorte que le malade était obligé de marcherà très-petit pas pour éviter les chutes. En examinant de pres les circonstances de ces phénomènes , on s’apercevait que les vertèbres lombaires, moins la dernière , étaient mobiles dans leurs articulations , que la contraction des muscles psoas les faisait monter en devant, et que c'était là la cause de la secousse que le malade éprouvait en marchant, s'il élevait le membre inférieur pour faire de longs pas. La
pression exercée par le pouce sur les apophyses épineuses de ces mêmes vertèbres , produisait une sensation toute pénible. Telle était aussi la raison pour laquelle le malade ne pouvait s'empêcher , après une promenade lente de six minutes, d'aller s'étendre sur un canapé dur , ou de s'asseoir dans uu grand fauteuil à dos renversé , avec la précaution de garnir la région lombaire de coussins de crin, qu'il était obligé de porter partout avec ui. L'exercice de la voiture était devenu trèsdifficile , le malade ne pouvait y être que couché ; celui du cheval était devenu impossible. Enfin , il avait paru dans la longueur des membres inférieurs des douleurs marquant le trajet des ners , subissant les variations de l'atmosphère , et ayant entraîné une atrophie remarquable de tous les muscles de ce même membre.
— Nous ne pouvons donner ici, d'après l'autopsie , la description anatomique de l'état des moyens articulaires relâchés au point que nous venons de le dire dans l'observation.
Nous n'avons pas vu succomber de malades en cet état, et nous ne connaissons pas de fait de cette espèce recueilli par d’autres , où