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que les muscles ont récupéré leur nutrition : cette fonction languissait donc dans les deux systèmes d'organes , et sans doute pour des raisons communes.
. C'est donc probablement une atrophie vérItable des ligamens iater-vertébraux , qui produit cette mobilité insolite des vertèbres ; et,
selon toute apparence , elle est commune aux
supination ; elles reparaissaient aussitôt qu’on la plaçait assise ou debout. Dans la première de ces positions, la région lombaire de l’épine formait un grand arc en sens contraire. On pouvait changer à volonté la forme de cette partie de l'épine , en variant les attitudes , ou en exerçant diverses pressions. Des douleurs s'étaient manifestées dans le genou droit. Peu à peu cette articulation était devenue si lâche , que l'extension dela jambe pouvait aller jusqu’à un véritable renversement en devant. Dans cette attitude, la partie antérieure du genou formait un angle rentrant d’environ 70 degrés. Il était aisé aussi d'imprimer à la jambe des mouvemens latéraux , soit lorsqu’elle était étendue, soit dans l’état de flexion. La malade avait fait construire un appareil très-grossier , pour empêcher l'extension excessive et les déversemens latéraux de la jambe. Nous en fimes construire un plus léger et plus commode, à la faveur duquel la malade pouvant faire quelque exercice, a amélioré la santé générale et diminué la faiblesse de ses
‘muscles. »
muscles, soit que la cause ait agi en même temps sur les deux systèmes ; soit que celle
de l’un ait entraîné celle de l’autre. La sympathie doit unir étroitement , en effet , deux systèmes d'organes qui ont une circonstance capitale commune; l’un et l'autre sont fibreux. Cette circonstance qui est sous la dépendance de l'acte nutritif et qui marque le rang élevé des organes qui la possèdent, ne peut persister qu'autant que la nutrition est prospère ; et l’on voit fondre , en effet , les muscles plus rapidement que la graisse elle-même, dans les sujets, surtout les plus jeunes, qui ont longtemps souffert ou fait de grandes déperditions. On sait d’ailleurs que linaction fait perdre les muscles et qu’elle ne raffermit pas les articulations. Que l’un des deux systèmes, par l'effet d'une maladie propre, voue un membre au repos, les muscles et les ligamens en seront réciproquement débilités et atrophiés.
SIL. Incurvations latérales de l’épine.
Les cas de ce genre sont les plus communs ; ils sont aussi les plus connus. Ce sont eux que les écrivains anglais, tels que Shaw, Ward, Harisson , ont désignés sous le nom de ser=
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pentine curvature, dénomination qu’il serait peut-être plus rationnel de réserver pour une autre espèce, que nous décrirons plus Join. On peut les distinguer en deux variétés bien distinctes, soit par leurs formes, soit pour les besoins de la pratique : dans l’une, il y a de un à trois contours latéraux dans l'épine ; dans l’autre , il y en a un plus grand nombre.
A. Incurvations latérales de l’épine à un seul foyer.
CE titre fait déjà pressentir quel est le fondement essentiel de la distinction qu'il consacre.
Toute inclinaison de l'épine suppose une perturbation dans les formes des pièces qui la composent, ou dans les liens qui les assemblent. Mais, l'épine est composée d’un grand nombre de pièces ; chaque paire forme un assemblage ; chacun de ces points peut se prêter à l'anomalie qui entraîne le changement des formes de l’ensemble. Ainsi , savoir si tous , si quelques-uns, si un seulestaltéré , est nécessairement d'une grande importance ; et l'expérience constate que, en effet, il y a de grandes variations à cet égard, mais qu'elles
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peuvent être groupées systématiquement ; selon des données pathologiques sûres.
Avec de l'attention , particulièrement dans les cas où les déformations de l’épine sont accompagnées de douleurs dans la partie malade elle-même , ceux où une violence extérieure a marqué d'une manière plus précise encore le point positif qui souffre, où l’obsertion est amenée à constater les premiers progrès de la maladie, on peut s'assurer qu'il n y a d'abord qu’un seul point qui perde son aplomb. Il faut une certaine habitude pour en juger sainement, parce qu’une seule vertébre ayant contracté une inclinaison latérale sur la suivante , les ascendantes se laissent déverser du même côté, faute de pouvoir êtresoutenues d'abord par les muscles du côté opposé. Il faudrait , de leur part , une action constante , et la contraction musculaire est nécessairement intermittente. Le secours des muscles devrait s'exercer par une force plus grande qu'à l'ordinaire ; et nous ferons voir plus tard, qu'il est démontré que le fait lui-même de la déviation leur a ôté une partie de leur puissance. Il faudrait que les muscles du côté convexe trouvassent dans les articulations ascendantes un peu plus de mo-
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bilité qu’à l'ordinaire , et l'état normal ÿ est conservé. Le seul poids des parties déviées met en jeu le degré de mobilité naturelle de ces mêmes articulations , par où les vertèbres correspondantes forment une véritable courbe prolongée égale, excepté le point inférieur , où l’inflexion commence brusquement et se marque davantage.
Une cause particulière vient se joindre quelquefois à celles que nous venons d’énumérer , pour empêcher que les muscles du côté convexe ne soutiennent les vertébres ascendantes , et ne les préservent de se prêter ainsi en apparence à l'extension de la difformité naissante. Lorsqu'une douleur existe dans le point de l'épine primitivement aflecté, elle est augmentée par toute inclinaison contraire exercée ayec une certaine force. De Jà, non-seulement le soin instinctif de ne jamais faire agir des muscles dont la contraction est une occasion de douleur; mais encore celui de choisir dans un lit, dans un siége, debout , une attitude dont la constance est déjà remarquable, et qui n'est recherchée que dans la vue d'éviter toute inclinaison contraire à celle de ladifformité et la douleur qui Ja suit. Plus tard, des soins contraires
(35) of tout aussi assidus amènent les changemens subséquens.
Le désaplomb des parties supérieures , el son accroissement qui en augmente leur poids , rendent la station et la progression de plus en plus incommodes , en augmentant l'inclinaison première. La nécessité de l'équilibre impose inévitablement celle d’un transport artificiel du fardeau supérieur vers lecôtéopposé. Cettetranslation s'opère d’abord Par une position latérale ou une rotation Constante du bassin , mouvement accompli Par les membres inférieurs seuls, en s’inclinant obliquement vers le côté concave de la déviation spéciale. Bientôt , par une légère inclinaison lombaire que le changement de position du bassin favorise , le fardeau su périeur est ramené vers le côté convexe , sans que rien soit changé dans les rapports vicieux des parties élevées primitivement. Peu à peu l'inclinaison opposée au-dessous du point malade , prenant plus de fixité, son insuffisance amène une inclinaison semblable au-dessus du foyer primitif. Mais, les muscles du côté convexe n'ayant pu éviter d'agir Pour empêcher les chutes, leurs efforts ont fini par triompher de la résistance des
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(34) moyens articulaires au-dessus et au-dessous dela maladie : et, dès-lors, deux ondulations
contraires à la première s'unissent à celle-ci. Ces courbures secondaires , auxquelles l'un de nous a cru devoir donner la dénomination de subsidiaires (De L’Orthomorplhie), ne se prononcent pas toujours ensemble. C'est pourquoi il y a des cas,et des temps où on n'en observe que deux, la primitive et la premiere subsidiaire , ordinairement inférieure; plus tard, la troisième se prononce. La quantité des deux subsidiaires lorsqu'elles viennent de s'accomplir , égale en somme celle de l'in- ‘flexion primitive ; circonstance à laquelle on peut déjà les distinguer. Mais, avec le temps, les subsidiaires ou l’une d'elles peut recevoir un grand accroissement. Dans ces cas, pendant long-temps encore, la distinction est possible par la mobilité que conservent, du moins en partie, les vertébres qui Ilcs forment, et la réduction plus ou moins COMplète à laquelle elles se prêtent.
Âinsi s’accomplissent toujours trois ondu- Jations en sens opposé , lorsqu'un seul point de l'épine a subi une inclinaison latérale , pourvu, toutefois , que le foyer primitif se trouve placé au moins au-dessous de la pre-
de 4 AP
(35) mière pièce de l’épine ou au-dessus de 1x
dernière; dans les cas contraires, il n’y a que deux ondulations, et l’on doit aisément en
sentir Îles motifs.
Nous allons placer ici les faits nécessaires , seulement pour constater les assertions précédentes , bien que, à l'époque actuelle, elles soient devenues triviales pour tous leg observateurs. ;
OBSERVATION VI. ( Planche V. }
UNE demoiselle , âgée de 10 ans , née dans un climat septentrional, transportée depuis quatre ans dans un climat contraire, issue de parens lymphatiques et faibles, élevée mollement, avait beaucoup à souffrir des inégalités que son humeur avait contractées , depuis deux ans, à l'issue d’une maladie aiguë, dont elle ne s'était jamais complétement remise. On remarquait en elle, en même temps, des attitudes singulières , bizarres , dont on la reprenait en vain. Nous fûmes consultés ; et les premières remarques portérent sur de l'oppression à un degré fort notable , de la toux, une petite fièvre habituelle , avec des exacerbations : fréquentes,