‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 15 sur 107 · RE ART · texte numérisé non relu

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irrégulières et quelquefois assez violentes. En plaçant la jeune malade debout , il fut aisé de remarquer que la direction des deux membres inférieurs n'était pas verticale, mais qu'ils inclinaient tous les deux par leur partie supérieure vers Île côté droit : il s'ensuivait que le bassin porté à droite, était un peu exhaussé de ce même côté et surbaissé du côté gauche. Par là, l'épine partait de la base du sacrum , non pas dans une direction verticale, mais obliquement à gauche.

Les motifs de cette singulière disposition furent bientôt trouvés dans une longue incurvation à droite, qui commençait à la douième vertébre dorsale , et qui s’étendait par une courbe égale , jusqu'au milieu de la région cervicale. La respiration et la circulalion étant vérifiées , les battemens des ventricules se trouvèrent démesurés en force et en étendue , et la respiration débilitante et rà- Jeuse. Une douleur légère existait dans le côté droit de la poitrine. Elle augmentait par tous les efforts, notamment ceux de la toux et ceux de moucher avec force. En appliquant une légère extension à la tête, on voyait disparaître toute la courbure dorsale, moins celle qui correspondait aux douzième et onzième

vertebres , laquelle paraissait alors convertie en une sorte d'angle. La suite démontra que les symptômes morbides du poumon et du cœur , ceux même de la plèvre droite, dépendaient de la déformation de l’épine, des changemens opérés dans les cavités de la poitrine et dans l'état des parties qui en forment les parois.

— Ce fait, comme on vient de le voir , est un exemple de maladie dans deux articulations vertébrales, qui, ayant donné lieu à l'inclinaison latérale des deux dernières pièces du dos , a entraîné l’incurvation uniforme de tout le reste de l'épine. L’artifice par lequel le désaplomb a été racheté , n'avait pas encore intéressé l'épine elle-même : le seul déplacement du bassin , l’inclinaison du plan horizontal formé par la base du sacrum , circonstance opérée par l'obliquité des membres pelviens , avaient suffi pour placer la courbe de telle sorte que la ligne médiane aurait re-

présenté {a corde detl’arc formée par l'épine

dorsale incurvée. En cet état des choses, il était naturel que , dans l'attitude debout, le membre inférieur gaüche fût rarementtendu, que le genou fût presque toujours un peu

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? fléchi , le rl, per posé sur le sol plus en avant que le droit , et sa pointe plus tournée en dehors. Cette attitude faisant reposer la plus grande partie du bassin sur le fémur droit, son côté gauche ne pouvait manquer d'être surbaissé , et cette pose ne coùtait presque rien à l’action musculaire. De même, dans l'attitude assis, la jeune malade plaçait son bassin sur le côté droit du siége , afin de profiter du léger exhaussement qui relevait l'ischion correspondant. Ainsi, l'inclinaison du bassin étant obtenue par l'inclinaison du plan du siége et par une légere projection en avant du membre inférieur gauche, qui lui donnait une légère tension , elle obtenait du repos pour ses muscles. Couchée dans un lit, elle choisissait le côté gauche de préférence ; ce côté était celui de la convexité de l'incurvation spinale. En en faisant la base de son decubitus , la courbe formée par les vertèbres était soutenue au même point, tendait même à augmenter , et, aucun effort ne pouvant menacer d'un redressement douloureux les vertèbres du foyer morbide , la jeune malade pouvait jouir d'un sommeil autant paisible qu'il est permis de se le promettre ,

nvec une gêne mécanique soufferte par les

viscères les plus importans.

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