OBSERVATION XX
Nous conservons des pièces anatomiques , desquelles il résulte bien manifestement que les tubercules prennent naissance dans l'épaisseur des apophyses des vertèbres, notamment des transverses. Il est indubitable que, alors , le port de la tête est latéral et oblique. Ces cas méritent une grande attention; ils peuvent être confondus avec une contracture musculaire symptomatique d’une affection de la moelle-épinière , ou dépendante d'un état rhumatique des surfaces diarthrodiales des apophyses obliques d’un côté, ou avec une incurvation de l'épine provenant de l'état morbide des fibro-cartilages interverlébraux. Il faut de l'attention pour reconnaître une intumescence distincte de l'apophyse transverse , avec liberté du glissement des apophyses obliques et de l’inclinaison élastique des corps des vertèbres, même de celle qui est atteinte : la tumeur est indolente, à moins qu’elle n'emprunte la douleur à la distension des parties molles. Les nodosités particulières de la tumeur , Ja fluctuation de quelques-uns des points de sa pé-
riphérie , caractère de fonte et de suppuration qui, sans symptômes d'un véritable phlegmon, dans cette région et à cette profondeur, devrait être grave, suflisent pour caractériser l'espèce , maintenant surtout que l'on sait que les tubercules peuvent se développer dans un point aussi peu étendu.
S. VI. Déformation propre du corps des vertèbres.
C'est immédiatement après les incurvations anguleuses de l'épine, qu'il faut placer les considérations touchant une affection , d’où résultent des inflexions vertébrales à peu près semblables, au moins dans quelques cas.
Nous dirons plus loin, en exposant les causes des difformités, qu'une maladie fort peu connue dans sa nature, prive les os de leur solidité; que cette maladie peut affecter la totalité du squelette où quelques parties seulement ; que, par l'effet d'un accident, un seul os, un seul point dans un os, peut être mis dans le même état.
Nous devons direici que , lorsque le corps d'une ou de plusieurs vertèbres est privé de solidité, si l’épine vient à perdre son équi-
libre , ou seulement par l’effet de ses balancemens naturels, les os soumis à une pression démesurée, par rapport à leur consistance, en sont déformés. Les pièces anatomiques conservées dans tous les cabinets, attestent qu'il y a trois espèces bien différentes de ces déformations.
La première, la plus simple, celle qui paraît émaner naturellement des formes les plus normales de l'épine , consiste dans un affaissement perpendiculaire , qui rapproche directement , autant qu'il se peut , les faces supérieure et inférieure du corps d'une vertèbre. Le rapprochement direct, dans la rigueur du mot , est impossible , parce que les lames postérieures résistent : jamais, en eflet , le ramollissement ne s’y trouve aussi avancé; mais , les faces supérieure et inférieure se rapprochent par l'effet d’un arc de révolution , dont le centre serait le point articulaire des apophyses obliques. Il y a done un déplacement plus étendu dans le bord antérieur que dans le postérieur des deux tables ; par conséquent , c’est une coupe cunéiforme d'arrière en ayant , que présente le corps d'une vertèbre après cette déformation,
La seconde espèce provenant de la même