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humain sont faits sur le méme modète ; mais , l’exacte symétrie est très-rare et na peut-être jamais existé. Ge fait est important à bien connaître , afin de ne pas risquer de prendre pour des conditions morbides, ce qui n'est que le résultat d'anomalies tellement communes, qu'elles pourraient presque passer pour la norme.
Il est facile , en comparant deux membres parallèles, de s'assurer qu'ils ne sont presque jamais de la même longueur ni du même volume. Il faut, dans cette vérification, prendre pour repaires des saillies osseuses appartetenant au même os, autant qu'il se peut; par exemple , le sommet de l’apophyse olécrâne du cubitus et l’apophyse carpienne du même os appelée styloïde ; ou bien, des saillies trèsvoisines, appartenant à des os solidement articulés et pris dans une attitude détournée , comme l'extrémité scapulaire de la clavicule et le sommet de l'apophyse olécrâne , le corps étant debout, le bras fixé contre le tronc, et l'avant-bras fléchi à angle droit et appuyé sur l'épigastre ; comme aussi le sommet du grand trochanter et la tête du péronée ; on bien, le sommet de la malléole externe, le corps étant couché horizontalement. En comparant sur
les deux côtés d’un même sujet, la distance des divers points saillans et essentiellement fixes, on peui apprécier très-exactement la longueur de l’ensemble d’un membre, celle de son parallèle, et celles de ses diverses parties. Cette opération facile, appliquée à un grand nombre d'individus de divers âges, prouvera aisément quil est presque sans exemple que deux membres pectoraux, deux membres pelviens soient précisément de la même longueur; qu'il ya même souvent d'assez notables différences.
Il faut tenir compte, à cet égard , d’une circonstance assez curieuse , fort peu connue et qui se recommande à l'attention des embriogénistes. Dans quelques cas , l'ensemble d’un membre est assez exactement de la même longueur que son parallèle ; mais, si l’on en compare les détails, on les trouve dissemblables , quoique d'ailleurs les différences ne se correspondent pas dans les mêmes parties.
Ainsi , par exemple, le bras droit , l’avantbras gauche, le carpe et le métacarpe droit, les doigts gauches sont plus grands ; et le désavantage des parties intercallaires est tel qu'il en résulte un balancement parfait, et que l'ensemble présente une longueur
(4) exactement égale des deux côtés. Il n’en est pas toujours ainsi; mais , cette disposition est assez fréquente pour devoir être tenue en compte et ne pas se laisser induire en Erreur.
Si l'on compare des mesures de circonférence, on s'assurera également que le volume subit des variations tout aussi étendues, mais qu'elles ne marchent pas toujours d'accord avec celles de la longueur , quoique telle soit ordinairement la règle commune. Le corps étant debout sur un plan horizontal, et constdéré par la région antérieure ou par la postérieure, que l’on compare la distance qui sépare la ligne médiane et les contours latéraux , on s'apercevra facilement que, dans la plupart des cas, cette distance n'est pas la même des deux côtés. Cette remarque fournie par la région du thorax, permet de supposer que les côtes ne sont pas de la même longueur des deux côtés ; et, par la région abdominale , que les deux os coxaux n’ont pas la même étendue antéro-postérieure. En effet , que l'on prenne des mesures, soit directes par Un compas, qui représentent la corde de l'arc que ces os forment ; soit par un fil, et en suivant les contours, ce qui
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(5) donne l'étendue véritable, et l’on verra confirmer la première donnée.
Si l’on considère une tête par devant, c'està-dire , par l’ovale facial, et que l'on prolonge idéalement les lignes verticales et horizontales sur lesquelles les artistes distribuent les traits de cette partie; de même encore, si l'on interpose entre l'œil et l'objet considéré un cadre chargé de fils formant des carrés , comme on les emploie pour réduire un tableau , on obtiendra la preuve facile et démonstrative que les traits de la face ne sont comparables entre eux , d’un côté à l'autre, ni par leurs formes, ni par leurs dimensions, ni surtout par leur situation. fl est bien clairement démontré par cette opération , que l'un des côtés de la face est plus petit que l'autre; etque , dans un même côlé de cette région, il y a des dissemblances entre ses diverses parties , comme nous en avons fait remarquer tout à l'heure entre les diverses parties d’un même membre.
Si l’on se place derrière un homme assis, en sorte que le regard plane au-dessus de l'ovale crânien de la tête , on sera frappé aussitôt de ce que les bosses frontales , les arcades sourcilières , l'angle externe du coronal ne font
pas la même saillie des deux côtés. Ces parties saillantes de l’un des côtés du front avançant moins que celles du côté opposé , le côté déprimé est ordinairement celui des deux qui a le moins d’étendue à la face ; et, en même temps , on trouvera que, dans la région occipitale , des phénomènes inverses se font remarquer: du côté de la bosse frontale déprimée , la bosse occipitale est en saillie ; du côté de la bosse frontale proéminente , la bosse occipitale est déprimée. Mais, ce balancement est rarement tel qu'il en résulte une compensation complète ; presque toujours un des côtés du crâne est plus petit , le plus souvent c'est celui qui correspond à la bosse coronale déprimée , et de ce même côté on peut remarquer une dépression de Ja bosse pariétale. On croirait , après un examen attentif des parties, qu'un effort antérieur a donné une impulsion contraire aux hémisphères du cerveau; qu'ils ont été poussés, l'un en devant et l'autre en arrière ; et que, en même temps, celui qui a été déplacé dans ce dernier sens, a été géné dans son développement.
Nous citons à dessein cette dernière défectuosité , parce qu elle peut étre remarquée par
(7) Ù un conp-d'œil attentif, et que cette observation facile peut conduire à chercher et à trouver les autres, dans les cas où ces dernières sont importantes à connaitre. En effet , les défectuosités de la construction du squelette peuvent entrer, pour leur part, dans la production des difformités , comme causes occasionelles : les constater n’est donc pas seulement un objet de curiosité purement physiologique ; la chose peut aussi intéresser le diagnostic ei l’étiologie d’un état morbide.
ARTICLE DEUXIÈME
Description générale et anatomique des difformités de l'épine.
$. L.® État normal de l’épine.
Das le fœtus , la colonne vertébrale décrit une courbe uniforme, un arc de cercle auquel toutes les parties prennent une part à peu près égale: résultat de l'attitude dans laquelle se développent les embryons de toutes les espèces ; et, d’après la loi générale, chez les vertébrés , les crustacés, les mollusques, etc., l'embryon est courbé vers le côté où naissent les instrumens de la circulation, comme pour les emboîter et les protéger.
Après la naissance , lorsque la déambulation établit de nouveaux rapports, la colonne vertébrale, dans les animaux qui en sont pourvus, se conforme à cette nouvelle utilité. Chez l'espèce humaine, lorsque les muscles sont devenus assez puissans pour soutenir le squelette dans l'attitude droite qui lui est destinée , les besoins d'une égale répartition de poids autour d'une ligne perpendiculaire et axuelle, déterminent des inflexions en harmonie avec eux-mêmes.
Si l'épine de l’homme passait par le milieu de toutes les parties de son corps , elle n'aurait pas besoin d'incurvations. Il en serait de méme , si le corps humain était destiné à vivre le plus souvent étendu horizontalement et obliquement dans un milieu liquide ou fluide , comme les poissons ou les oiseaux, dans lesquels , en effet , la totalité ou la plus grande partie de l'épine est droite (1). Mais,
(1) Nousestimons ici ces diverses parties de l’épine, plus par leur importance de relation et de fonctions, que par leur étendue. Dans les oiseaux , la région cervicale n’est pas droite, n’a pas même de direction déterminée ; mais les régions dorsale, lombaire, pelvienne et caudale sont droites , et leurs rapports sont là des plus variés et des plus importans.
Ja densité et le volume du corps, l'attitude bipède, le besoin de reposer alternativement tout le poids sur un seul membre, la liberté du cœur , des artères, des poumons , des bronches , des organes digestifs , etc., entrainent la nécessité de déviations, lesquelles rapprochent le point d'appui commun du centre, autant que le permet la nature des parties qui occupent nécessairement ce dernier ,et qui rejettent ce même point d'appui hors de ce même centre , toutes les fois que l'exercice des fonctions viscérales est incompatible avec l’accomplissement de la plus simple des lois de l'équilibre.
L'incurvation antérieure de l'extrémité spinale des côtes est sensiblement destinée à porter l'épine aussi près qu'il se peut vers le point central du thorax , en accordant aux poumons tout l’espace libre nécessaire , et en fournissant au cœur, à l'artère aorte , aux bronches, un point d'appui dont la solidité est garantie par le moins de mobilité possible entre les vertébres dorsales. Ainsi, dans cette région importante , la participation de la colonne vertébrale et de la portion correspondante du coffre thoracique , à la formation d’une base solide pour l'édifice total,
(10) est accomplie par sa déviation en arrière ct limmobilité presque complète des vertebres correspondantes.
En outre, vers les trois pièces de cette méme région qui suivent la quatrième , il se fait une légère déviation à droite, dont le sinus tourné à gauche emboîte la crosse de l'aorte, et qui correspond trop constamment à ce même vaisseau pour n'être pas déterminé par lui. |
A Ja région lombaire, l’épine jouit d'une mobilité moins remarquable qu’à la région cervicale ; dans les deux , elle sert, par rapport au point de vue dontils’agit ici, à reporter facilement le poids vers le point central. Dés-lors, on conçoit pourquoi cette mobilité est moindre en bas , où la plus petite inclinaison suflit quelquefois pour opérer de grands déversemens dans le haut. Mais, dans l’une et l’autre région , la mobilité n'est pas telle que le point de repos ne donne une attitude fixe ou à peu pres, avec liberté de dévier la tête et avec elle les vertèbres cervicales ; cependant, la mobilité de ces dernières n’a rien de comparable à l'encolure des quadrupèdes , ni surtout au cou pro- Jongé des oiseaux. Et pour celle des lombes ,
sion la vérifie sur le cadavre, on voit bientôt qu'il ne faut pas moins que les muscles puissans du tronc, pour mettre en jeu le mouvement réciproque des vertèbres de cette partie de la colonne. Enfin , dans les deux, celle du cou et celle des lombes , l'état de repos est une inflexion prononcée dont la concavité est dirigée en arrière.
Lorsque les deux membres inférieurs ont une différence notable de longueur , le bassin n'est pas élabli horizontalement sur le sommot des deux fémurs; il s'ensuit que l’épine ne s’élevant pas perpendiculairement sur cette base commune , le fardeau serait jeté du côté du membre le plus court, si quelque artifice ne rétablissait l'équilibre. Une flexion légère du membre trop long, en permettant un léger surbaissement au point latéral correspondant du bassin , rétablit l’horizontalité de ce dernier et la verticalité de l’épine. Cependant, comme une attitude gênante ne peut être que passagère , celle-ci, en ;cessant , établit une autre nécessité. Les muscles des gouttières vertébrales agissent alors avec assez de force pour incurver les vertèbres du côté du membre le plus long, en leur faisant former une courbe prolongée, à laquelle toutes ou la
plupart participent. Le but de cette incurvation est de masquer la disproportion en longueur des deux membres et de rétablir l'équilibre perdu. Mais, si l’on étend le sujet à examiner sur un plan horizontal et dur, on voit disparaître alors toute incurvation , et la différence de la longueur des deux membres devient évidente.
Il était important de connaître ces dispositions natives de l’épine ; elles étaient nécessaires pour ne pas se méprendre sur le véritable état de cette partie dans les conditions normales et leurs variétés, et pour apprécier exactement les changemens qu’un état morbide peut y apporter.
S- Il. Mobilité insotite de l’épine.
La colonne vertébrale ne doit jouir , dans l'état normal, que de mouvemens dans lesquels les fibro-cartilages inter-vertébraux cèdent à la manière d’un ressort, c’est-à-dire , - en résistant et se restituant aussitôt que l’action motrice a cessé.
Il est un état de l'épine peu connu encore, et dont la seule description , très-imparfaite , aété donnée par Shaw (1) et par Ward (2),
(1) On curvature of the spine.
(2) On the descases of the spine.
qui en ont fait un mode général de difformités imminentes, mais qui n'y ont pas reconnu une catégorie distincte parmi celles qui altèrent les formes de la colonne. Dans les cas de cette espèce, qu’il faut considérer séparément et qu'il est important d'étudier, parce qu'ils tiennent une grande place dans la pratique, tous les ligamens des articulations de l’épine , dans sa totalité ou dans quelques-unes de ses parties , sont ramollis, alongés ; en sorle que la pression exercée sur les apophyses épineuses des vertèbres , les fait marcher l’une après l’autre horizontalement.
Ce mouvement n’est pas toujours appréciable dans l'os déplacé lui-même. Mais alors, si le sujet est debout , il éprouve une commotion soudaine, qui fait fléchir tout à coup involontairement les membres inférieurs , et qui ferait choir le corps , si l'on ne prenait quelque précaution; et, si le sujet est couché , il en résulte une douleur qui retentit en avant, au point parallèle du tronc.
Avant que cet état ait été annoncé par la difficulté , ou même l'impossibilité de rester debout ou assis, ilest facile à soupconner par la nécessité où sont les malades de rester couchés continuellement , ou de se tenir dans un
(14) fauteuil avec des précautions particulières , quoiqu'ils jouissent d'ailleurs d'une bonne santé, que leurs fonctions s’exécutent régulièrement, que tous les membres soient dispos, et qu'il ne paraisse aucune difformité dans l'épine.
Tantôt, les malades éprouvent du froid passager ou permanent, du fourmillement , de l'engourdissement , des secousses convulsives dans les membres inférieurs; de l’engourdissement ou des crampes dans les supérieurs :
tantôt, cette mobilité insolite des vertèbres est accompagnée d'accès d'hystérie, que les recherches aggravent ou multiplient.
Cet état peut être le prélude, surtout chez les très-jeunes enfans, de la formation de difformités qui , toujours alors , deviennent fort grandes et variées ; mais , dans d’autres cas connus , comme il arrive souvent chez les adultes, les déformations ne s'accomplissent pas , le relâchement des articulations vertébrales se maintient avec tous les accidens qui l'accompagnent , et cette triste existence peut se prolonger long-temps. Si l’on place le malade debout ou assis , et que l’on contemple ainsi la colonne vertébrale par la région postérieure , on peut la croire affectée de diffor-
mités nombreuses et avancées ; maïs , si l’on
étend ensuite le corps horizontalement sur Ja face antérieure et sur un plan dur, on voit disparaître toutes les inflexions , surtout si l'on pratique sur l'épine le moindre degré de traction par la tête ou par les membres : on voit alors clairement que les apparences précédentes n'étaient que le résultat du poids des parties supérieures et de l’infirmité des organes destinés à le soutenir.