‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 6 sur 107 · OBSERVATION PREMIÈRE · texte numérisé non relu

OBSERVATION PREMIÈRE

Uxe femme délicate , mariée depuis quinze ans, ct n'ayant pas eu d'enfans, éprouva d'abord des douleurs à la région lombaire, qui devinrent fort intenses et que rien ne calma. Après diverses conjectures que rien ne justifia, touchant la part que les viscères abdominaux , notamment l'utérus et les reins, auraient pu prendre dans cette singulière affection , on vit survenir des mouvemens convulsifs dans les membres inférieurs , qui portérent l'attention vers l'épine, La maladie s’aggrava pendant l'année qui suivit ; et, lorsque nous fümes appelés à prendre connaïssance de l'état des choses , il fut aisé de reconnaître que toutes les articulations des vertèbres étaient

(16) relâchées. La mobilité était fort évidente aux lombes où la maladie avait commencé. Cette partie de l’épine prenait toutes les inflexions qu'on lui donnait ; on pouvait à volonté lui faire former une saillie en devant ou en arrière, ou méme sur les côtés, quoique ces dernières fussent un peu moins libres. Les articulations de la région dorsale avaient perdu une grande partie de leur solidité ; mais elles étaient soutenues par les côtes. La région cervicale présentait le commencement du même état : il y avait de la crépitation , trop de liberté dans les mouvemens, qui prenaient quelquefois une extension énorme. Tant que la malade était étendue sur un lit dur , elle ne souffrait que peu ; mais , Si elle exécutait un mouvement, si on la transportait dans un fauteuil , si on la plaçait debout en l'y soutenant , les douleurs se faisaient sentir de nouveau , surtout dans les points les plus mobiles : alors aussi les membres inférieurs éprouvaient des crampes , des saccades convulsives , que les membres supérieurs partageaient bientôt. Les uns et les autres étaient habituellement froids et difficiles à rechauffer. Les muscles du tronc et ceux des membres

inférieurs étaient fondus et remarquables,

sous ce rapport, au milieu de la maigreur gé-

nérale de tout le corps. Nous avons revu cette femme deux ans et puis quatreans plustard, l'état de l'épine ne s’est pas amélioré ; il est même survenu un relâchement semblable des ligamens de l'articulation fémorale, de celles des genoux des deux côtés ,et même de celles du bassin. Nous mentionnerons de nouveau ce fait, à propos de la thérapeutique.

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