CHAPITRE DEUXIÈME
Causes et effets des difformités.
Nous allons , dans ce chapitre, comme il a été déjà été énoncé, exposer les causes connues des difformités, et rechercher dans chacune son mode d'action et ses effets, Ceux-ci étant nécessairement communs à toutes les
difformités , nous les exposerons dans un article à part.
ARTICLE PREMIER
Altération propre des fbro-cartilages inter.vertébraux:
Ir est constalé par l'observation et par l'étude anatomique, que les fibro-cartilages inter-vertébraux sont sujets à perdre leur consistance normale, et à passer à un état que nous avons déjà mentionné , dans lequel ces corps ont perdu leur élasticité , sont
infiltrés, rougeâtres , pulpeux, quelquefois méme pénétrés de pus(1).
$. L.“ Inflammation traumatique.
Ce dernier trait justifie le soupcon d'une origine inflammatoire , au moins dans quelques cas ; il éclaircit aussi la part que le traumatisme et l’état rhumatique ont quelquefois dans la production des difformités.
Il est un assez grand nombre de faits qui indiquent, comme origine connue des incurvations de l’épine , une chute , une torsion, un effort de renversement, une contusion de l’épine. Nous ferons remarquer cependant , que, dans l'analyse de ces faits, il ne faut pas conclure légèrement : l'étude de toutes les circonstances est difhcile; la marche de la maladie est lente ; elle sévit, le plus souvent, sur des enfans qui ne sont
(1) Un fait de cette espèce , où le foyer était situé dans les fibro-cartilages des première et deuxième vertébres lombaires, a été recueilli par Harisson, et publié dans le Medical and physical Journal of London, an 18:3. Ce même fait est rappelé par le même auteur, dans son Traité des difformités de
d'épine.
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pas toujours surveillés avec le soin convenable , et qui sont incapables de faire des remarques exactes , en sorte que bien des détails ont échappé ou sont trop vaguement connus. Une bonne observation est donc difficile et nécessairement rare, et beaucoup de faits ont été recueillis sans une grande utilité pour la science. On sent bien, cependant , que celle-ci ne peut reposer que sur cette unique base,
L'observation IV.° que nous avons racontée, renferme un exemple de chute , dont l'effort souffert par la colonne vertébrale a été parallèle à son axe. Le malade était à cheval ; sa monture franchit un large fossé, et le corps du cavalier n'étant pas sur son aplomb, au moment où l'animal retombe sur le sol, il y eut torsement de la colonne vertébrale , cflort de pression mutuelle des pièces que les muscles n'ont pu amortir , parce que l'équilibre était rompu, et qui s’est passé tout entier sur les fibro-cartilages inter-vertébraux. À la vérité, dans la même course ; une immersion de tout le corps dans l’eau froide, dont les vétemens sont demeurés pénétrés, a dû supprimer soudainement la transpiration cutanée , et donner lieu à la
production d'un état rhumatique qui a compliqué le traumatisme, et dont on remarqua effectivement les effets dans les versatilités que la maladie a présentées dans son cours. Mais , la violence que les articulations vertébrales ontsubie, n’en est pas moins constatée ; le malade à pu indiquer lui-même le siége précis de la contusion, el ce siége est demeuré , pendant toute la durée de la maladie , celui des symptômes qu’elle a présentés. Or, lorsque l'on voit, long-temps après l'événement, du déplacement, de la mobi-
lité subsister encore entre quelques vertébres lombaires , on ne peut nullement douter que ce qui est résulté de la violence soufferte par l'épine , ne soit un ramollissement des moyens articulaires, surtout du principal, et que l'origine de tout ne soit de nature inflammatoire.
OBSERVATION XXXWV. |
UxE enfant de 12 ans, bien constituée, forte , agile, avant joui jusque-là d'une santé parfaite , fut surprise, mangeant des fruits , perchée sur le mur d'enceinte d'un verger.
Pour se dérober , elle s’élance en dehors. |
Là
Mais, le sol est plus bas de ce côté ; l'élan
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est mal calculé, elle tombe dans un fossé.
J y a renversement du corps en arrière, chute, tiraillement douloureux et quelques momens de syncope extatique. L'enfant fut incapable de marcher pendant quelques heures.
Cependant, ces premiers effets étant dissipés, les douleurs furent légères , ne troublèrent pas les fonctions , et ne priverent la jeune malade d'exercice et de liberté que pendant peu de jours.
Deux mois après, on s’aperçut d’une incurvation de l’épine dans la région dorsale, laquelle est devenue assez prononcée pour provoquer deux inflexions subsidiaires. La maladie n’a pas été traitée ; elle est demeurée stationnaire.
OBSERVATION XXXVI. { Planche XII bis.)
UxE jeune personne de 10 ans, née de parens forts, mais douée elle-mêine d’une constitution délicate et irritable , ayant eu fréquemment les ganglions lymphatiques engorgés , en jouant avec les enfans de son âge fut renversée violemment sur le bord d’un siége , de manière à éprouver une profonde contusion sur les vertèbres lombaires. I s’ensuivit des douleurs vives d'abord , plus légè-
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res ensuite , mais qui se prolongèrent. Quelique temps après, l'épine se déforma. La malade nous fut amenée deux ans plus tard.
Nous avons pu constater alors , que la région lombaire, là où devrait être une concavité, étail une convexité ; que trois vertébres y étaient saillantes et déviées à gauche ; que tout le reste de l’épine au-dessus de ce point, au lieu d’être fortement projeté à droite, formait une courbe douce, mais prolongée à gauche, ayaut dû être renversée par l'action permanente des muscles de la gouttière vertébrale gauche.
— Dans le fait précédent, on voit les effets d'une extension forcée de l’épine ; on ne peut
pas douter du lieu sur lequel s'est consommée Ja principale violence, lorsque l'on examine les effets immédiats qu'elle a produits. Dans le dernier fait, on peut suivre des yeux les résultats immédiats et éloignés d’une | contusion directe , dont le siége est positivement connu. À ce sujet, nous signalerons
une remarque qui a échappé jusqu'ici à tous
les observateurs. Partout ailleurs , dans la | longueur de l’épine, les inflexions qu'elle | éprouve, portent le point affecté, sans doute