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par des combinaisons fortuites ou propres à l'action de la cause, à droite, à gauche, en avant ou en arrière ; mais, dans la région
lombaire , c'est presque toujours en arrière
que l'épine est portée , lorsque les fibro-cartilages sont altérés , et on en voit un exemple dans le fait que nous analysons en ce moment. N'est-ce pas parce que , dans cette région , les fibro-cartilages sont très-volumineux , surtout en devant, qu'une phlogose peut s’y développer davantage ; qu'elle peut s'étendre à l'appareil ligamenteux antérieur, dont le propre serait de se coarcter par l'effet de son inflammation , et de rappeler ainsi en devant les corps des vertèbres lombaires, ce qui leur donnerait une projection postérieure ?
Quoi qu'il en soit , nous ferons remarquer dans cette même observation XXXVI®, la grande courbe subsidiaire qui s'est opérée au-dessus du point lombaire contus et qui a fini par devenir permanente. La douceur de cette incurvation qui , quoiqu'elle donne une somme totale de mouvement fort grande, nen a pas moins fait participer chaque vertébre pour très-peu , est un caractère qui ne peut en imposer à personne, Lorsque l'on
peut lui comparer le déplacement lombaire borné à trois pièces seulement , mais qui sont déviées au point de former à elles seules un sinus en devant et à droite plus profond que celui de la déviation supérieure ; lorsque l'on pense à la force qu'il a dû falloir pour mettre hors de rang et porter en arriere trois vertèbres lombaires , on ne peut pas douter un instant que tel est le foyer primitif de la maladie, et que le reste en est une conséquence. Dans la courbe supérieure, ïl n'y a donc eu qu'alongement des liens articulaires. Eh! cependant, cette incurvation se maintient ; elle s'ouvre facilement par l’extension appliquée à la tête ; mais, elle se restitue et le decubitus ne la fait pas disparaître. Pour l'explication de ce phénomène, il faut rappeler la facilité ayec laquelle la jeune malade contracta de l’engorgement aux ganglions Iymphatiques, engorgement qui se conserve long-temps et dont plusieurs ganglions ne se sont plus débarrassés. On sait bien que, dans les sujets constituées de la sorte, les phlegmasies sub-aiguës chroniques s’allument aisément , subsistent long-temps et se terminent diflicilement. Cette marche naturelle des accidens les plus simples dans des
Sujets ainsi constitués, est bien plus naturelle encore dans des organes denses , où la sensibilité est obscure : or, l’inclinaison à gauche opérée sur les vertèbres supérieures par les muscles gauches, a dû coûter quelque violence aux moyens articulaires : ils ont souffert, ils se sont infiltrés ; ils ont conservé cette infiltration , et par conséquent un moyen de soutenir les vertèbres déversées , Sans le Secours des muscles: c’est là une sorte d’extension de l'affection primitive.
OBSERVATION XXXVII. ( Planche VII.)
Deux jeunes personnes s’amusèrent à transporter d'un étage inférieur à un étage supérieur, et par un escalier rapide , une table de marbre fort lourde. Le poids manqua enirainer plusieurs fois du côté de la lanterne de l'escalier, celle qui était à l'arrière du fardeau ; ce qui donna lieu à de grands efforts de rotation et d’inclinaison à gauche, d'où résultèrent des douleurs vives et prolongées , une véritable entorse. Un an après , et aprés les fatigues d’un long voyage et du retour, il y eut une inclinaison avec saillie de la région lombaire : les quatre premieres ver têbres de cette région formaient une projec-
tion en arrière et à gauche ; le reste de l'épine se prolongeait par une courbe insensible dans la même direction, en sorte que l'épaule gauche était un peu plus haute que la droite. En outre , une légère torsion du point lombaire malade portait en devant la hanche droite, en sorte que l’épine iliaque de ce côté formait une légère saillie. Enfin , en cet état, la sensibilité était devenue extrême , et des accès d'hystérie avec cris, convulsions, aliénation passagère des sens ‘avaient lieu fréquemment. Un traitement que nous détaillerons plus loin , arrêta les progrès de la difformité , la fit disparaître en entier et raffermit les articulations vertébrales; mais, sur la fin et lorsque les accès d'hystérie avaient cessé , une crépitation manifeste des os du bassin dans leurs articulations postérieures, nécessita Fusage d’une ceinture serrée , propre à les
raffermir.
__ Ce fait montre un exemple du danger des torsions outrées et violentes de l'épine, et l'on ne saurait douter que , dans le principe, la maladie n'ait eu un caractère inflammatoire. Elle s'est conservée en cet état et a donné lieu à des déformations perma-
ns.
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24 lex. 4
nentes. Mais , un voyage et le défant de secours convenables étaient bien propres à produire ces effets. D'ailleurs , le sujet était du nombre de ceux qui sont plus chargés de graisse que de muscles , dont les formes sont rondes et la peau étiolée ; et l’on sait bien que, dans ces conditions, les inflammations qui ne sont pas aiguës, se terminent difficilement.
Une remarque intéressante concerne l'état du bassin. La malade jugeait mieux que per-
sonne Îa saillie antérieure de l’épine iliaque
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droite et les variations que l’état de l’atmosphère y apportait : l'angle sous lequel elle
observait et comparait les deux côtés, ren-
dait ses remarques d'une justesse parfaite , et que nous contrôlions plus aisément par l'observation de la région postérieure. En effet, le point extrême de la fesse correspondante s’effaçait , lorsque la malade était mécontente du point antérieur , et réciproquement. La crépitation qui s’est manifestée à la fin, est venue terminer toutes les incertitudes à cet égard. Ce phénomène qui n'existait pas auparavant , Qui na paru que lorsque tout allait mieux , même l'hystérie , démontre
qu'il y avait engorgement des fibro-cartilages
coxo-sacrés, particulièrement du droit,et que, lorsque les surfaces osseuses ont pu étre approchées par les progrès de la guérison , libres alors jusqu'à un certain point , leurs saillies réciproques frottaient ensemble. Enfin, ce phénomène a disparu avec l’accomplissement de la guérison. Il y a donc eu simultanéité d’affections. Mais, y a-t-il eu violence dirècte sur les articulations du bassin, en même temps que sur celles de lépine ; ou bien, y a-t-il eu pure sympathie fondée sur la similitude des tissus ? Il est difficile de répondre , et l’on peut voir par l'observation 1", que la dernière catégorie est autant fondée que la première.
L'hystérie est une conséquence manifeste de ce que la moelle-épinière a dû souffrir de la déformation de l’épine. Trois vertèbres lombaires ne pouvaient être poussées hors de rang et faire saillie en arrière, sans tirailler la moelle-épinière et les nerfs quien émanent. La démonstration de cette étiologie se tirerait au besoin de la cessation de cette complication, en même temps que la guérison principale , et des rapports qu'elle a gardés d’une manière fort exacte avec les vicissitudes de cette dernière. On s'est trop persuadé que les
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difformités de l'épine n'étaient pas un état morbide et ne pouvaient exercer aucune influence sur les fonctions. Nous démontrerons le contraire , et nous ne serons pas les premiers , au moins par rapport aux fonctions des viscères. Mais, il importe de constater que, même envers la moelle-épinière , cette influence est loin d’être nulle; que, si elle est bien moins prononcée chez les enfans , elle l'est bien davantage sur les adolescens et les adultes, et que c’est le plus souvent par elle Ou par la paralysie qu'une difformité s’annonce. Déjà, dans l'observation XXV.°, nous avons rapporté un exemple bien instructif d'une affection hystérique produite par la mobilité extrême des vertèbres , et l’on à pu remarquer dans l'observation XIL°, un autre fait dans lequel l’épilepsie a été imminente.
$S IT. Engorgement scrofuleux,.
Les faits que nous venons de citer , donnent une origine certaine, attribuent une cause connue à quelques déformations de l'épine , dans lesquelles les fibro-cartilages inter-vertébrauxsont intéressés primitivement. On en voit d’autres, et en grand nombre,
(510 ) dans lesquels les mêmes conditions morbides ont lieu, d’après l'expression des symptômes, et où l'on ne peut assigner aussi une cause extérieure manifeste. À la vérité, dans un grand nombre , la remarque d'une occasion de cette espèce a dü échapper. Nous avons va si souvent des remarques tardivement rappelées et qui renfermaient la clef de tout, qu'il est fort probable qu'un grand nombre sont demeurées incomplètes pour cette raison. Mais, enfin, ilen est qui ne présentent rien que j’on puisse considérer comme causc suffisante de l'altération des fibro-cartilages inter-vertébraux , raison manifeste des défortions. Mais, connaît-on mieux , le plus souvent, ce qui a déterminé la formation d'une tumeur blanche, d’une affection tuberculeuse des os du pied, de la main , de l'épine, du poumon, du foie, du cerveau ? Pour quelques faits de ce genre où l'on peut assigner une cause de phlegmasie latente , il en est un bien plus grand nombre où l'on ne peut assigner absolument rien. Or, en outre de la part que le rhumatisme peut avoir , comme nous le démontrerons plus loin, dans la formation de l’état morbide des fibro-
cartilages , s’il est démontré , comme nous
Je croyons , que la constitution appelée lymphatique se prête à la formation des déviations de l'épine; que les tissus fibreux blancs, scléreux sont plus aptes que bien d’autres aux affections chroniques, aux phlegmasies sub-aiguës , il n’est pas plus étrange de voir survenir spontanément l’affection propre des fibro-cartilages , que tant de lésions organiques qui découlent de la même source et qui affectent par prédilection le même ordre d'organes. Nous croyons , en effet, que telle est l'expression de la vérité.
S: IT. Influence des attitudes.
ON ne s’est pas arrété à cette pensée : on a voulu expliquer les difformités de l'épine, par la fréquence de certaines attitudes du corps , et l'on a cru les reconnaître dans les soins de l'éducation intellectuelle. Shaw est un de ceux qui ont le plus accrédité cette opinion devenue populaire , plus par imitation que par conviction, et combattue dans ces derniers temps , avec un grand avantage, par l'auteur de l'Orthomorphie; celui-ci a dé-’ montré sans réplique par l'observation en grandes masses , appliquée aux ouvriers de
(212) diverses professions , que , si dans celles qui exigent les attitudes les plus génantes , il n'y a pas un plus grand nombre de difformes que dans les autres classes d'hommes , on ne peut pas regarder les attitudes comme des causes essentielles de déformations spinales. { Il aurait pu ajouter que les professions les plus remarquables , sous ce rapport, précisément celle de tisserand qu'il a citée, se pratiquent dans des lieux bas et humides, pour des raisons tirées de la fabrication ellemême ; que les ouvriers y sont privés de tout exercice , méine de la lumière, et à plus forte raison de l’action des rayons du soleil ; que leur peau est toujours recouverte d'un corps gras et de la matière de la teinture; ioutes causes perturbantes, débilitantes , capables d’ajouter aux conditions Iymphatiques de la constitution avec lesquelles la plupart naissent , et si aptes à favoriser la tendance aux déformations de l'épine par l'altération des fibro-cartilages inter-vertébraux. Si l’on ajoute à ces considérations celles que peut fournir encore le régime ordinaire da peuple de France, particulièrement des ouvriers, nourris, en grande partie, de pain dont le froment ne fait pas toujours la seule base,
de pommes de terre, de châtaignes, de
brouet de maïs, de légumes farineux ou herbacés, rarement de viande , consommant du vin en quantités insuflisantes ou excessives , on sentira combien Ja prévention touchant les attitudes est peu fondée. Les jeunes gens des deux sexes ne peuvent jamais passer à écrire ou à dessiner, qu'un temps infiniment plus court que celui que les ouvriers consacrent à leur travail, et leur manière de
vivre est bien différente sous tous les rap-
ports.
Il ne faut pourtant rien exagérer. Nier, d'une manière absolue, l'influence des attitudes , serait un excès aussi biâmable que de Jeur attribuer une influence exorbitante que Ja raison et l'observation désavouent également ; chaque ouvrier, les artistes même, gardent une certaine empreinte de l'attitude que leur profession exige. Le danseur est reconnaissable à la rotation externe des membres abdominaux et à la direction des pieds en dehors; l'écuyer à la cambrure interne des mêmes membres , à la direction des pieds en dedans ; les cordonniers à la voussure des épaules, etc. L'habitude finit par donner aux os, à leurs rapports articulaires, des mo-
! difications sensibles ; mais , il faut des habitudes de toute la vie: jamais de jeunes ouvriers ne fournissent la matiere de semblables remarques, et l’on ne voit pas s'accomplir parmi eux des difformités de l'épine, à propos de la pratique de leurs professions, et dans des rapports rationnels avec les attitudes vicieuses qu'elles nécessitent. Ainsi, les tisserands que nous citions , lorsqu'ils travaillent sur des draps larges, par exemple, et que chacun des deux tient le même côté, devraient présenter des incurvations latérales de l’épine du côté où le corps est tenu constamment courbé et tordu , remarque qui na nullement été faite , ni d’analogues dans d’autres professions.
Mais , si la solidité des articulations vertébrales est altérée , et si, en même temps, les moyens articulaires sont exposés à l’ensorgement, à la coarctation , les attitudes peuvent sans doute influer sur l'espèce d'inflexion que l’épine éprouvera.
Cependant , pour ne donner à cette proposition que la valeur avouée réellement par l'observation, et ne pas se jeter dans le vague des pures probabilités , il faut rappeler que l'observation EL" de cet ouvrage con-
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cerne un exemple des plus frappans du relächement pur et simple , mais extrême , des articulations vertébrales , sans qu'il se soit fait la moindre incurvation permanente et difficile , l’'épine les recevant toutes et n'en gardant aucune. Il faut donc plus que du relâchement dans les articulations pour déterminer des gibbosités ; il faut encore cette ‘infiltration , cet empâtement qui fait que, lorsque le poids est dévié, il forme, pour la vertèbre déversée, une table inclinée qui maintient ce déversement. Il faut donc des conditions spéciales, et cette réflexion est bien propre à faire sentir qu’il ne suffit pas d'une attitude vicieuse. Les faits les mieux connus démontrent que, lorsqu'il y a douleur en méme temps que dégradation spéciale des fibro-cartilages , l’inclinaison est dirigée instinctivement, de manière à éviter le sentiment douloureux. C'est là ce qui détermine les poses vicieuses , singulières , que tout démontre inévitables, et sans doute aussi le sens particulier de la déformation. La démonstration en sera donnée tout à l'heure d’une manière plus claire , par l'étude da rhumatisme considéré comme cause. Il peut donc être regardé comme probable que, pour
peu qu'il y ait de la douleur dans le point malade des fibro-cartilages, c’est elle qui détermine Île sens de la déformation ; que si l'engorgement est plus grand dans un point de la circonférence des fibro-cartilages que dans tout autre, indépendamment de la douleur , cette inégalité décide du sens de l'incurvation ; qu'à défaut de ces influences et peut-être indépendamment de leur action, celle de certains organes, les impulsions du cœur , celles de la crosse de l'artère aorte, peuvent déterminer la direction; enfin, qu’une attitude constante aide plutôt qu'elle ne détermine une inflexion produite par d’autres motifs. Cette dernière proposition mérite quelque développement. Lorsqu'une gibbosité est commencée , le malade a le soin de choisir pour son coucher le côté convexe ; cette attitude est la plus favorable pour le repos ; même, à mesure que ja difformité augmente, le difforme a soin de rendre son coucher plus mou , afin qu’il puisse yobtenir une excavalion proportionnée à la saillie du côté sur lequel ii se couche. Sans ce soin , il serait empêché de dormir par un état douloureux ; mais, le soin même qu'il prend pour assurer son sommeil, accroît rapidement
Tétendue de sa difformité ; remarque qui confirme la présomption que la douleur et le dessein de l'éviter sont le motif le plus fréquent de la déviation d'une épine malade dans un seul point , et dans laquelle on peut bien comprendre aussi la puissance des attitudes et le cercle dans lequel elle est renfermée.
Cependant , dit-on, les gibbosités de l'épine sont communes dans les pensionnats de jeunes demoiselles , et c’est presque toujours du côté gauche que l’épine se déjette, ce qui peut bien être expliqué par la situation élevée de l'épaule droite en écrivant , en dessinant , en pinçant de la harpe.
Nous ne nierons nullement que l'attitude dont il s'agit ne soit vicieuse, et que, si J'épine n'est pas solide, elle n'ait son danger. Mais , nous ferons remarquer d'abord , que c'est toujours dans la région inter-scapulaire quest la déviation de l’épine qui la porte de droite à gauche ; ce qui revient à ce que nous avons déjà énoncé , que, lorsque ce point est ébranlé, les battemens du cœur qui lui correspondent, et même ceux de l'aorte, opèrent le déviation de ce côté ; et nous avons fait voir des difformités situées au-dessus ou