‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 59 sur 107 · OBSERVATION XLI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLI

Daxs le même ouvrage, on trouve l’histoire d'un jeune homme de 20 ans, atteint de douleurs rhumatismales , d’abord dans la hanche et le muscle couturier , et six ans après, répandues dans toutes les articulations, particulièrement celles de l’épine. Après deux ans de souffrance , presque sans interruption, il fut soulagé par les eaux de Bath; mais, les membres restèrent roides et l’épine courbe en devant dans toute sa longueur. Ce malade guérit par des moyens semblables à ceux qui avaient tant soulagé le précédent.

— Un plus grand nombre de faits pareils pourraient être cités. Une observation générale en ressortirait, Elle consiste en ce que, quoique le rhumatisme soit ancien , que ses

effets se soient long-temps exercés sur les articulations même de l'épine , lorsque les douleurs cessent enfin, et que l'on peut, sans risque de les rappeler, imprimer quelques mouvemens aux parties roidies , on parvient ordinairement à leur reudre toute ou presque toute leur mobilité. Il s'ensuit qu'il est rare que le rhumatisme agissant sur l'épine , provoque la formation de lames osseuses, ni sous le périoste spinal, ni dans les fibro-cartilages inter-vertébraux , remarque importante pour la pratique et intéressante pour l'étude des effets des phlegmasies. Ce serait donc par la contracture si familière à la suite des phlegmasies, et qui, dans ces cas, s'exercerait sur l'appareil fibreux antérieur , que les déformations de cette sorte seraient produites.

Au reste, cette même remarque , aussi bien que celle de la forme demi-circulaire en devant que l’action du rhumatisme donne constamment aux incurvations spinales provoquées par cette cause, sont de fortes raisons pour croire que , lorsqu'il incline de la sorte la totalité de la colonne vertébrale , le rhumatisme n agit probablement que sur l’appareil ligamenteux antérieur des vertèbres , ou

qu’il exerce une action bien plus profonde

sur cet appareil que sur les corps intervertébraux.

Le diagnostic des déformations de l’épine déterminées par cette cause est facile, lorsqu'elle a procédé comme nous venons de l’exposer , puisque ces déformations ont une forme toute particulière. Cependant, il est douteux si la même cause n'est pas apte à produire des incurvations latérales , en agissant sur les corps inter-vertébraux seulement. Quelques faits porteraient au moins à le croire. Dans les cas de cette espèce, l'étude

des précédens peut seule apprendre à faire

la distinction des douleurs qui se sont fait sentir d’abord dans quelques articulations , et qui ont disparu, lorsque l'épine s'est déformée.

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