‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 60 sur 107 · RL AS · texte numérisé non relu

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die que dans ses rapports avec les difformiiés.

On est trop porté à croire, en général, que la cause la plus familière des déformations , notamment de l’'épine , est le rachitisme ou ramollissement des os. Cependant, dans les nombreux échantillons de gibbosité déposés dans les cabinets publics ou particu-

liers, il n’y a qu’un petit nombre d'exemples

de déformations de l'épine , en même temps que dans les membres. Il paraîtra même digne de remarque, qu'il n’est pas rare de trouver

dans ces squelettes les membres contour-

nés, le thorax déformé de la manière la plus bizarre, tandis que l’épine est à peine déviée.

Ce n'est pas que , lorsque le rachitisme affecte des vertèbres, elles n’en soient plus rapidement déversées et plus profondément déformées. Les insertions des appareils ligamenteux ne peuvent plus être solides , lorsque les os n'ont plus leur densité normale.

Mais heureusement ces cas sont les plus rares , et ils sont l’opprobre de l'art.

Les os des membres se laissent déformer à l'occasion du rachitisme , pour deux raisons : le poids des parties situées au-dessus, et la contracture spasmodique des muscles.

Toutes les courbures principales des os

(23%) Jongs ne sont qu’une exagération des cambrures normales de ces mêmes organes ; l’action d’un fardeau disproportionné par rapport à la densité des os , est , on ne peut pas plus évidente, dans cette disposition.

Un trait particulier de ces mêmes déformations consiste dans un aplatissement dans un sens déterminé de la part du cylindre médullaire des os longs. Ainsi , le fémur se laisse toujours cambrer dans la direction postérieure ; mais, en même temps, la ligne âpre a été évidemment tiraillée et a donné lieu à une extension de l'os dans ce sens, et un aplatissement dans le sens opposé. On peut concevoir facilement la distension des aponévroses de la cuisse dans le point de leur insertion postérieure, par l'effet même de la cambrure antéro-postérieure de l'os: il se fait une si grande projection en devant de la partie moyenne du fémur, que l’aponévrose ne peut suivre et résiste précisément dans le centre même de l’incurvation, lieu où cette dernière est la plus grande, et où l'aplatissement est aussi le plus marqué.

Il faut examiner avec attention le squelette d'un rachitique, pour concevoir comment les inflexions les plus bizarres en apparence, et

qui, cependant , sont symétriques des deux côtés, sont produites par l’action musculaire. On voit, dans les squelettes de cette sorte , les contours de l'os coxal, ceux de l’omoplate exagérés : résultat manifeste des insertions des muscles abdominaux, de l'iliaque, du couturier , du droit extérieur de la cuisse ; ou de celles du sous-scapulaire , de l'angulaire de l’omoplate, du sus-épineux, du sous-épineux , du rhomboïde , du grand dentelé , etc.

Mais il faut savoir, en outre, qu'un effet naturel et constant de l’état morbide des os rachitiques, est de mettre la totalité de l’appareil inusculaire dans une sorte d'état convulsif qui détermine la contraction soudaine et violente de tel ou tel muscle ou de l’ensemble des muscles de tel membre. Les malades sont , pour ce motif, sujets à des douleurs atroces , lesquelles commencent et cessent avec cette espèce de crampes. Ces efforts, qui ont toute l'énergie d’une contracture morbide , expliquent comment les os des membres peuvent contracter de grandes déformations , bien que le corps, pendant toute la durée de la maladie , ait été tenu couché , que son poids n'ait jamais posé sur

eux, et que les bras aient été gardés dans Île repos le plus complet. On doit peut-être aussi concevoir , par la raison que le corps est toujours couché dans la plupart de ces cas, que les côtes soutiennent les vertèbres dorsales, et que l'épine, qui n'est environnée que des muscles des gouttières vertébrales , n’est pas suspendue comme le fémur, l'humérus , etc. Au milieu d'agens de contraction , pourquoi cette partie nest que rarement ou pas déformée dans les cas de rachitis véritable ?

Au reste , il est aisé de s’apercevoir qu'il est impossible que les os se laissent déformer par la contracture convulsive des muscles, sans que le périoste et l'appareil médullaire ne soient exposés à une violence qui doit être la véritable cause des douleurs qui accompagnent ce phénomène; et si, comme il n’est guère possible d'en douter , ces appareils de nutrition des os sont le siége de la maladie qui en altère la consistance , l'on peut dire , avec raison , que la maladie essentielle s'accroît par ses propres symptômes.

On sentira facilement aussi que, dans les déversemens rachitiques del’épine , les choses arrivent plus facilement au point de lalté-

ration des formes des corps des vertèbres.

L'affuissement appelé cunéiforme, celui appelé rhomboïdat, sont, en effet, bien plus communs dans ces cas , pour peu que les inflexions de l’épine soient devenues notables, et surtout qu’il ait été possible de tenir le sujet dans l'attitude assis.

De même, dans ces membres , le ramollissement des os donne lieu au relâchement des ligamens et à la déviation articulaire ; mais celle-ci, à son tour, permet une pression constante et vicieuse d’un seul point du

contour de l'articulation , et l’affaissement de

la substance osseuse correspondante. Ainsi, par exemple, dans la déviation externe de la jambe qui provient de cette source , il y a tout à la fois incurvation du tibia et du péroné en dehors et en arrière, commencant immédiatement au-dessus de la tubérosité rotulienne , inclinaison articulaire du tibia sur le fémur par l’alongement des ligamens et l'affaissement de l’un des condyles du fémur. L'ensemble de ces liaisons est important à bien connaître pour l'exactitude du pronostic , et pour la juste appréciation des procédés thérapeutiques.

Une remarque bien propre à faire appré-

oh, LE tt À + .) L

cier l'influence que peut exercer sur Îles déformations du squelette d'un rachitique , l'espèce d’attitude à laquelle le malade est contraint par la maladie elle-même, consiste en ce que le crâne, qui n'est pas toujours exempt de ramollissement , prend des formes singulières qui résultent du port de la tête, du point d'appui qu’elle prend sur le plan du coucher, et du poids de la masse encéphalique. Ainsi, nous avons vu et nous possédons des têtes de rachitiques déformées, dont une a presque les formes ophidiennes :

la région occipitale est large et plate; le point postérieur des régions temporales est écrasé ; les côtés sont aplatis, et trois plans concourent à tailler en coin la partie antérieure. La masse entière représente assez bien un solide pyramidal trièdre.

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