‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 71 sur 107 · PP · texte numérisé non relu

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(277 } ARTICLE PREMIER

Exposition des moyens mécaniques.

Ox peut les distinguer en moyens de mécanique morte ou agens extérieurs, et moyens de mécanique vivante ou gymnastique.

$: L* Des agens extérieurs.

À. Le premier de tous, celui qui aurait dû se présenter le plus naturellement à l’esprit, est le repos dans une situation hori- Zontale. Ge moyen n’est pas cependant celui auquel on a pensé d'abord. On a eu l’idée auparavant d'agir de vive force sur les difformités de l'épine. Les inconvéniens dans lesquels on tomba tout aussitôt, menérent, après de longs tâtonnemens , à l'usage du decubitus. C'est principalement en Angleterre, que lu sage de ce moyen est devenu commun, On construisit des canapés , des couchettes, capables de porter toutes les parties de la région postérieure du tronc sur un même niveau. On sentit les inconvéniens de placer la tête aussi

(278 ) bas que le tronc ,et pour les éviter , on donna

un peu d’élévation à l'extrémité correspondante du coucher. On fit, enfin, ce que l’on appelle

anclinate plan , plan incliné, instrument

dont on peut voir le modèle le plus perfectionné, dans les gravures qui accompagnent l'ouvrage publié par le docteur Shaw : c'est un carré long en bois , mobile sur un cadre , de manière à pouvoir lui donner le degré d'inclinaison que l’on juge convenir, et sur lequel tout le corps doit être étendu. On sent bien que le poids du fardeau doit le faire glisser vers le point déclive. Dans la vue de retarder un pen celte progression et d'y employer les points saillans de la région postérieure, on place sur le plan, des plateaux de bois matelassés , qui correspondent à la tête, aux épaules et au bassin. Ces plateaux sont engagés dans des rainures pratiquées dans le plan lui-même , en sorte qu'ils pouvaient glisser en haut ou en bas, selon l’axe du plan; et le remhourrage des plateaux présente une légère excavation, destinée à loger les reliefs de la nuque , des omoplates et de la région sacrée. Des cordons fixés aux plateaux de la la tête et des épaules, sont passés en haut à des poulies , et portent des poids par leur ex-

trémité libre. Ces poids doivent retarder ou empêcher à la tête et aux épaules , le glissement que l’on n’empéche pas au bassin et aux membres correspondans : ce qui renferme , comme on le voit, une intention timide d’extention de l'épine , intention qui avait été portée bien plus loin auparavant, et qui avait cu aussi ses inconvéniens. Cet instrument acquit un tel crédit dans toute la Grande- Bretagne, que, pendant quelque temps, il n'y eut plus ni Pensionnat de jeunes person- : nes , ni maison aisée , qui ne voulut avoir son plan incliné, L'intention principale était de décharger l'épine du poids du corps, pendant un certain temps , et de vouer au repos les membres supérieurs, que l'on croyait exercer une grande influence sur l'épine par leurs mouvemens ou par leur attitude.

Nous ferons remarquer que le but principal n'était pas atteint. Donnant une inclinaison au plan, il doit ÿ avoir pression de vertébre à vertébre, dans la proportion de l'inclinaison ; car , on ne Peut compter sur les plateaux mobiles et leur Contre-poids, pour empécher le glissement des parties qui reposent sur eux ct qu'ils ne pourraient retenir que par cette seule pression perpendicu-

( 280 ) laire. S'il est important d'éviter la pression mutuelle des vertébres , un plan horizontal est manifestement le seul qui donne le résultat recherché.

Cette condition se trouve dans les lits durs que l'on aemployés depuis. Ils sont faits d'un rembourrage solide sur un fond de planches adapté à la boiserie des lits ordinaires. Ces fonds sont bien disposés sur des courroies ou sur des vis, de mauière à pouvoir élever , si Jon veut , la partie de la tête ; mais, on ne fait presque pas usage de cette faculté, et l'on

peut considérer ce coucher comme un plan.

horizontal. On peut donc admettre que toutes les parties du corps y reposent perpendiculairement par un de leurs côtés, el qu'elles ne pèseut nullement les unes sur les autres.

Ii s'ensuit que toute action musculaire devient absolument inutile, et que le repos peut être considéré comme absolu , à moins de changer quelque chose à ces dispositions.

B. Extensions.

Erces peuvent étre pratiquéescouché, assis, debout , avec ou sans contre-tirage.

1° Extension, le corps étant couché.

LE corps étant étendu sur un plan incliné, nous avons fait remarquer la légére nuance d'extension qui se trouvait dans le glissement ascendant des plateaux de la tête et des épaules, si le glissement descendant du corps ne devait prévaloir.

Couché sur un plan horizontal, chaque partie du corps tend au repos, par la pression perpendiculaire que leur poids exerce : elles peuvent donc se prèter à toutes les impulsions. Deux efforts opposés appliqués aux deux exitrémités de l’épine , tendent à les éloigner, et par là, à effacer les incurvalions que l’épine peut avoir contractées.

L'un des tirages peut être appliqué à la tête, en se servant, pour point d'appui , de la nuque, des côtés de la mâchoire inférieure et du menton ; l'autre peut être appliqué aux pieds, au bas des jambes , au-dessus des genoux ou du bassin. Dans les trois premières parties , cette action est incommode; elle prive de l’usage des membres inférieurs. L'usage a prévalu d'employer le contour du bassin, quoiqu'il ne soit pas sans inconvé-

nient. La saillie des grands trochanters, celle des crêies iliaques , marquent des rainures de haut en bas qui fixent la situation d’une ceinture de cuir à boucle formant la cloche , de manière à fatiguer , le moins qu’il se peut, les parties qu’elle embrasse , et donnant attache par deux boucles latérales à deux courroies qui tirent le bassin, tandis que la tête est tirée en sens contraire.

La forme de ce qu'on appelle la couronne, pièce destinée à faire prise sur la tête, a beaucoup varié ; el celle variation se conservera sans doute dans la pratique , parce qu'il faut pouvoir éviter Ja pression des parties qu'elle peut avoir déjà fatiguées. Cependant, une couronne taillée de manière à emboîter l'occiput et le menton, et à découvrir les oreilles et la région postérieure, est celle qui nous a paru avoir le moins les inconvéniens de gêner Ja circulation veineuse de la tête et defatiguer la peau dans les points de pression. Un palonnier prend les extrémités des deux courroies qui partent des côtés de la couronne ; il est pris lui-même par un cordon qui sert au tirage supérieur.

Les efforts contraires peuvent être exercés : 1. par des poids dont la valeur est inconnue

et qui peuvent varier, leur suspension étant réfléchie par des poulies; 2.° ou bien par des poids déterminés ,; courant sur un plan incliné, dont on peut varier l'angle pour varier la valeur du poids , et par conséquent, la force de tension; 3.° ou bien par des ressorts placés dans la course ou au terme des cordons du tirage; 4.° ou par un treuil.

Le premier systéme donne une force connue ; elle se prête aux changemens d'attitude, aux bonds violens qui agitent souvent le corps d'un enfant pendant le sommeil; mais, un poids qui a été soulevé brusquement, retombe de même et peut exposer à des secousses dangereuses des ligamens qui sont malades, qui doivent avoir perdu une partie de leur densité, et qui ne sont nullement secondés par les muscles.

Le système du poids courant dans un char sur un plan incliné , a l'avantage de varier la force avec le même poids ; mais, il partage, avec le précédent, l'inconvénient d’une secousse dangereuse, lorsque le poids retombe après avoir été soulevé. Cette chute n’est pas aussi rude, il est vrai, que dans une suspension perpendiculaire ; mais, les frottemens qui s'amortissent, font aussi que le poids n’est pas

soulevé avec la même liberté : il peut donc résister aux mouvemens brusques du corps pendant le sommeil , ce qui peut avoir de bien graves inconvéniens.

Le systême des treuils donne une force bien supérieure à celle de tout autre moyen; elle est même invariable , à la seule exception de l’extensibilité des matières employées au tirage, courroies , cordons , etc. Mais, il présente aussi, et au plus haut degré, de grands inconvéniens. Les changemens d’attitude, les mouvemcns brusques ne peuvent avoir lieu qu'avec danger , parce qu'ils trouvent une résistance invincible : or , toute difformité altère la consistance des organes intéressés ,et, dans un mouvement brusque, il peut se faire des ruptures des ligamens, des os même, et causer subitement la mort ou des lésions qui l’'annoncent incessamment. La seule précaution utile sur ce point, ne peut être que dans le choix d'un système qui réunisse à l'emploi d’une force connue et variable à volonté, la condition de céder à toute secousse soudaine du corps, et de se restituer sans violence.

Le système des ressorts est le seul qui puisse donner de pareils avantages ; encore

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