NT
(285) faut-il en étudier les propriétés pour y faire un choix judicieux.
Les ressorts spirales, tels qu’on les emploie
pour les montres , ont de grandes variations de forces entre les deux termes de leurs actions ; les nombreuses compensations que le mécanisme de la montre a nécessitées, démonirent bien cette vérité. Pour juger de la force employée, il faudrait un cadran à divisions proportionnelles, qui serait d’une exécution très-difhicile et d’une fonction toujours fort inexacte. Il s'ensuit que l'usage du ressort à barillet est rempli d’incertitudes , qu'il est impossible de connaître la force qu'on emploie, de se rendre compte de la tension que l'on exerce, et, par conséquent, qu'on est exposé par son usage aux plus graves accidens. Aussi, est-ce pendant l'usage d'un agent aussi infidèle , que nous avons vu des praticiens, d’ailleurs fort attentifs, embarrassés de pa-
ralysies des membres , surtout des bras, qui ne venaient que des forces aveugles et immodérées qu'ils avaient employées à leur insu et contre leur volonté.
L'usage des ressorts croisés nous est venu de l'Allemagne ; c'est le mécanicien Heyne , qui a cru y trouver la force et la réductibilité
nécessaires. Leur forme, en effet, et Îeur étendue peuvent donner ces avantages, parce que l'effort qui détermine leur inflexion , agit sous un augle d'environ 45 degrés ; mais, leurs lames sont courtes, et il est difficile que , lorsqu'un effort leur est appliqué, ils ne perdent pas une partie de leur élasticité : unc fois faussés, comme la chose a lieu en effet tres-souvent , ils ne donnent plus les mêmes résultats, et les calculs que l’on peut faire sur leur action, n'ont plus rien d’exact. Il importe , cependant, qu’un praticien connaisse les forces qu’il emploie, et qu'il puisse les proportionner aux résistances à vaincre et aux ménagemens que lui paraissent mériter l'état connu des organes et l’altération probable de leur densité.
Les ressorts appelés à pince sont bien préférables , parce que les lames en sont plus Jongues , et que l'effort qu'elles doivent supporter , leur est toujours appliqué sous un angle droit; mais, il y a deux manières de les employer, que nous ne croyons pas également utiles. Par la première, l'effort tend à rapprocher les lames du ressort dans le milieu de leur longueur , tandis qu'elles se fournissent un point d'appui mutuel dans leurs ex-
fil
irémités ; par la seconde , au contraire, l'effort tend à écarter la partie moyenne des deux James fixées ensemble par les deux bouts. Le travail peut être beaucoup plus étendu dans ce dernier sens que dans le premier ; par conséquent , en employant des ressorts assez longs, on peut porter leur action beaucoup plus loin , sans lui donner rien d’excessif.
Cet avantage est ce qui a dû inspirer l’idée des ressorts en arc, liés entre eux par des tirans adaptés à leurs bouts. Ces arcs peuvent avoir plus ou moins de douceur , plus ou moins de force, suivant que leurs lames sont plus longues ou plus épaisses, ou trempées plus dur: on peut alors réunir les avantages d'une grande étendue d'action, et tout à la fois d'une grande force , en faisant les arcs fort longs et en multipliant les lames.
Il résulte de cette construction que, lorsqu'un corps, tendu par de pareils instrumens , vient à faire une secousse violente et soudaine , les ressorts peuvent céder , sans accroître beaucoup la tension, et que , l'effort venant à cesser , la restitution des ressorts se fait sans danger , parce qu'elle s'opère avec une force décroissante , tandis que la chute d'un poids tendrait plutôt à s'accélérer , si la
course était assez grande; ou, du moins, cette chute s’optre-t-elle avec une force égale à la totalité du poids et sans le moindre décroissement.
Nous donnons décidément la préférence à l'usage des ressorts, et même à ceux dont Ja bande est la plus étendue. Dans le cours d’une pratique déjà longue et surtout nombreuse , nous n'avons jamais observé , pendant leur usage , aucun des accidens si souvent cités, qui ont discrédité l'art de la restauration des formes, et que nous avons souvent vu succéder à l'usage d’autres instrumens. Nous n'hésitons pas à croire que cette différence dépend , en grande partie , des propriétés des instrumens que nous employons.