‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 77 sur 107 · LA · texte numérisé non relu

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prendre la place de la saillie anormale que les lombes présentaient.

Si l'exacte application et la direction convenable de ces pressions sont si difficiles, même dans l'attitude assis, où la région postérieure du tronc est à découvert et complétement accessible , à la faveur des évidures ménagées au dossier du fauteuil , combien ces difficultés doivent s’accroître , lorsqu'il s'agit de pratiquer ces mêmes pressions dans l'attitude couché ! On a employé des leviers attachés au coucher ; on les a fait agir sur la région postérieure du corps, tantôt momentanément, tantôt avec permanence ; et cet instrument a recu le nom ambitieux de débossoir : il ne faut qu’un instant d'attention , après ce que nous venons de dire, pour sentir combien l'intention de cette manœuvre est illusoire. :

. Des coins ont été placés entre les côtes saillantes et rendues telles par l’extorsion des veriébres correspondantes , et un point d’appui solide, une potence de fer , etc. , fixés sur un côté du lit, sur lequel d’ailleurs le corps était déjà arrêté par les moyens ordinaires d'extension. L'intention était de repousser par les côtes les vertèbres saillantes, c’est-à-dire j

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( 504 ) déviées et portées de côté. Il n’est certainement pas impossible d'agir sur les vertèbres parles côtes correspondantes; mais , la chose est difhcileet mérite des ménagemens. Comme nous l'avons établi ci-dessus , il n'est presque pas de difformité de l'épine qui ne relâche les articulations costales, parce qu'il n y en a pas qui ne déplace les côtes et qui ne change leurs rapports mutuels : par conséquent, on ne peut pas beaucoup compter sur les moyens d'union des côtes et des vertèbres, pour agir par les premières sur les secondes. Il faudrait au moins pouvoir agir sur toutes celles d'un côté, ou le plus grand nombre possible , afin de partager entre un grand nombre d’articulations, l'effort que l’on destine à la restitution des vertèbres par une impulsion latérale , opposée à celle de leur déplacement. Mais, un coin de bois ne peut appuyer que sur les plus saillantes des côtes, deux tout au plus ; et tout ce qui peut résulter d’un instrument aussi bizarre , est une vio- Jepce inutile ou dangereuse dans les os comprimés ou leurs articulations. Il ne peut pas manquer d'arriver qu'un léger mouvement du corps fait éluder la pression et la rend nulle ; sans cela, les inflexions vicieuses que

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( 305 ) les côtes reçoivent des incurvations de l'épine, seraient accélérées leurs articulations seraient plus rapidement ébranlées , et souvent il surviendrait des fractures dans leur col.

7 Ces pressions latérales peuvent étre prati- { quées par des plastrons larges, élastiques, embrassant la plus grande surface possible et agissant par le moyen d’un tirage élastique. Cette manœuvre a fait sa preuve d'utiité dans la pratique. Elle a évidemment contribué à des succès connus (1) ; et nous n'hési- __ ons pas à l'adopter, par la conviction que *. nous avons de son utilité. Il ne faudrait ce- * - pendant pas croire que ce moyen fût appli- . cable dans tous les cas. Nous montrerons - plus loin, qu’il faut admettre de grandes exceptions ; mais, elles peuvent être positivement indiquées,

Un autre moyen d’impulsion latérale a été inventé dans ces derniers temps par le docteur Pravas, et a obtena d’honorables encouragemens. Îl s'agit d’un coucher composé de compartimens mobiles q'ii font marcher les points correspondans de l'épine , en appuyant d'abord sur les côtes saillantes. Cette

(1) De lOrthomorphie.

idée est heureuse ; elle rentre dans les principes que nous établissions tout à l'heure, principalement celui d'agir sur la plus grande surface possible ; et nous sommes convaincus qu'en y adaptant un moyen d'élasticité et ceux d'extension du corps selon son axe, on en fera un instrument des plus utiles.

S. 11. Moyens de mécanique vivante , où Gymnastique.

Nous les distinguerons en gymnastique ac-

tive et gymnastique passive.

A. Gymnastique actives

Trors pensées paraissent avoir dominé les recherches touchant l'application des moyens de gymnastique active au traitement des difformités :

1° Îln'y a pas de changement des formes normales du squelette, surtout de l'épine, sans débilitation de l’ensemble de l'organisme et particulièrement du système musculaire :

aussi y a-t-il constamment alors atrophie des muscles.

2° Il n’y a pas de provocation plus puis-

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sante de la nutrition des muscles et de leur énérgie , que l'exercice de leur faculté con tractile ; et la liaison sympathique du systéme musculaire avec tous les autres systèmes est si intime, qu'il est impossible que celui-là devienne plus prospère , sans entraîner un Changement favorable dans tous les autres.

Aussi, peu de temps après la pratique régulière des exercices méthodiques , les muscles deviennent-ils plus volumineux, plus puissans, et les articulations plus affermies.

3. Toutes les parties du squelette sont entourées de puissances motrices variées et dis tribuées dans tous les sens : on peut, par quelque artifice et en faisant agir telle partie de préférence , imprimer par ces mêmes puissances intérieures à tel point du squelette , des impulsions contraires à celles qui ont accompli une difformité quelconque.

Il y a une différence immense entre la pensée d'entretenir , d'améliorer l'activité E la force de l'appareil musculaire, d'utiliser Sa puissance pour la restauration des formes naturelles , et celle de condamner fous les muscles au repos , de placer le corps sur un plan horizontal , et d'en soumettre toutes les parties à des forces étrangères dans le même

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but de restauration. Ilest très-probable , ül nous parait même démontré par les résultats divers obtenus jusqu'ici, que le plus haut degré de la puissance de l'art se trouvera dans une réunion judicieuse de ces deux sortes d'agens. Examinons ceux de Îa gymnastique active (1).

Renverser le problème de la station et de la progression dans l'espèce humaine , substituer ou associer les membres pectoraux aux membres abdominaux pour tous les besoins de la siation et de la déambulation ; tel est le but fondamental de la gymnastique d'application dont il s'agit ici.

Les principaux fondemens d’une semblable intention sont les suivans :

1 La nature a rendu pour toutes les espèces la station et la déambulation normales

(1) Pour ne pas interrompre le cours des descriptions, nous devons prévenir ici, que les principes de tout ce qui va suivre ; Sont puisés dans les ouvrages d’'Amoros , de Clias et du professeur Delpech. Ce dernier écrivain ; celui qui a le plus approfondi la gymnastique en fermes généraux et son application spéciale à l'objet dont il s’agit ici, en a trailé en pra-

ticien consommé.

( 309) si faciles, qu'elles peuvent avoir lieu pendant le sommeil.

2° Un très-petit nombre de muscles suflit pour les accomplir : tout le reste demeure donc à peu près dans le repos.

35. La marche est encore plus facile que la station : l’équilibration y résulte de la forma- Uon d'un angle donné avec l'horizon , qui opère un déplacement égal et contiau ; il suilit que les membres fournissent un simple poiut d'appui périodique , comme la succession régulière des rayons d’une roue.

4° La course même , tout en exigeant quelques eflorts de plus , n’emploie qu'un pelit nombre de muscles, quand elle est régulière et modérée, et les intervalles pendant lesquels le corps est détaché du sol, sont plus longs que ceux où il y a repos.

9° Si le poids du corps est suspendu par les mains et les bras, cette condition étant anormale , elle est d’abord pénible et ne peut étre supportée long-temps, à moins d’une habitude acquise.

6 Lorsque l'on s'exerce à se maintenir ainsi suspendu , on ne tarde pas à s'apercevoir que les muscles des membres pectoraux sont obligés de faire des efforts insolites. Ces

efforts sont manifestés par le sentiment de lassitude, les palpitations dans les muscles qui agissent, le besoin prochain du repos , et des sensations contractiles qui se prolongent

aprés les exercices.

7 Dans tout effort extraordinaire des muscles d’un appareil isolé, un acte de la volonté, pour faire durer ou accroître l'effort déterminé, a besoin d’une contraction simultanée d’un grand nombre d’autres muscles, tout étrangers qu'ils sont à l'accomplissement du mouvement ordonné.

8° Cette action simultanée, appelée synergte , tend à l'accroissement de l'effort directement nécessaire sans doute, par l'effet de l'étroite sympathie qui forme un tout identique de toutes les parties du même système.

0° Dans un effort insolite d’un appareil musculaire défini , la synergie peut s'étendre à la totalité du système musculaire. |

102 Îl n'est pas probable que tout autre moyen pût obienir ainsi l'action simultanée de toutes les parties du systéme musculaire.

11.0 Toutes les pièces du squelette sont liées entre elles , bien moins suffisamment et! solidement par les ligamens proprement dits

des articulations , que par l'ensemble des |

( 311) xauscles qui les entourent et qui les meuvent. À ce titre, au moins, sile corps est soulevé par les bras , les muscles ne peuvent éviter d'agir pour maintenir la solidité des articulations.

12.° La synergie musculaire est d'autant plus grande et complète, que le mouvement proposé offre plus de difficultés : il s'ensuit qu'une loi pratique de gymnastique, dans le but dont il s'agit ici, est de ménager une progression croissante de difficultés.

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