‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 78 sur 107 · Tant que dure la suspension par les · texte numérisé non relu

Tant que dure la suspension par les

bras, la colonne-épinière est soustraite au fardeau des parties supérieures.

__ 14° Le poids des parties inférieures imite jusqu’à un certain point et avec d’autres conditions, les efforts d'extension appliqués à l'épine pendant le repos.

19.° La déambulation pratiquée par les bras seuls ou de concert avec les jambes, peut donner des combinaisons d'action musculaire et des mouvemens du squelette, que l'on n'obtiendrait jamais de tout autre exercice; et, dans les difformités de l’épine et des membres , il y a tels muscles qui n'agissent jamais , ct tels mouvemens qui ne sont jamais produits. On peut donc, par des com-

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binaisons cherchées à dessein , produire à volonté et rendre inévitables des mouvemens évités avec tant de soin par les malades.

En Angleterre , où l’on a senti le prix de quelques exercices pour cet objet, on a inventé quelques movens de les produire; mais, on n'en a pas agrandi le cercle, on n'en a pas élevé la puissance au niveau de la grandeur de leur objet; on n’y a nullement cherché à masquer ie but par un appât capable d’exciter l'émulation. En France, 4moros , dans des vues hygiéniques , a singulierement agraadi le champ de la pratique, et liant les mouvemens par le rhythme musical, il a produit lentraînement., Après lui, Clias, appelé dans la Grande-Bretagne , y a transporté les mêmes procédés, que les Anglais n’ont cru ‘applicables qu’à l'éducation des marins Ÿ dans le même temps où Londe, Lachaise , Delpech, etc. , en France, appliquaient avec le plus grand succès ces mêmes procédés ou des procédés nouveaux au traitement des difformités , et les réduisaient en méthodes, en y attachant un attrait capable de les faire désirer et pratiquer avec zele, même par des enfans. Ce qui en a été publié des deux côtés du détroit, ne s’est pas trouvé

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identique sans doute, parce que l'on n'y est

pas parti du même point de vue. En France, l'on pratiquait et l'on racontait les résultats de l'observation ; en Angleterre, les médecins ; s'élaient abstenus et jugeaient à priori. / Shaw, qui a publié un supplément dans ce but spécial, n’a argumenté que par induction contre l'application de la gymnastique, telle que Clius l'enseignait alors aux jeunes marins; et, dans la Revue britannique , un écrivain élégant, mais étranger aux sciences médicales, s'est servi pour blâmer l'usage hygiénique ou médical de la gymnastique, de l'histoire des plus célèbres funambules.

Ce dernier côté de la question présente seul une apparence de démonstration qu'il faut attaquer , pour effacer les préveutions erronées des Anglais sur ce point, et la sensation qu'elles ont produites sur le continent: ces préventions menacent de retarder les progrès de la médecine-pratique sur un point important de ses moyens d'action.

« Les plus célèbres funambules, dit-on, nont pas manqué de gymnastique, et cependant ils sont morts jeunes, même avec des maladies que l’on peut attribuer à leur profession. » Nous citerons comme une excep-

tion fort remarquable, Madame Sachi , qui a fourni une longue carrière. Nous ajouterons dans le sens des contempteurs de la gymnastique, l’histoire des écuyers voltigeurs ou dramatiques. Ils ont fini , la plupart , par Ja phthisie pulmonaire, par la dilatation du cœur , etc., au bout d'une brillante et trop courte carrière. Mais, on peut citer les frères Franconi, comme des exemples d'un trèsgrand talent et d’une longue vie. Les grands danseurs ont peu vécu ; mais, on peut faire plusieurs citations , comme celle de Vestris. On ne peut, sans cesser d'être vrai, refuser d'admettre une distinction entre l'usage et l'abus des meilleures choses. Un artiste qui se donne en spectacle au public et qui a une grande renommée à soutenir, ne peut s'empêcher de pratiquer sans cesse des exercices difficiles , pénibles, qui ne peuvent être accomplis avec la facilité et la grâce nécessaires pour en dissimuler la fatigue, qu'au moyen d'une très-grande familiarité. La vie tout entière de ces malheureux est donc consacrée à des exercices pénibles, qui fatiguent leurs organes, épuisent leurs forces , les exposent à mille accidens périlleux , et abrégent leur existence.

Si l'on se place dans ce point de vue, il est incontestable qu’un pareil usage des forces musculaires n’est nullement favorable au développement régulier des formes , à l'accroissement progressif des forces , au libre exercice de toutes les fonctions, à une longue jouissance de la vie et de la santé. [l'est indubitable sans doute , que, pendant de longs et pénibles efforts, la fixité nécessaire des parois de la poitrine n’est point favorable à la respiration ; que , pendant que le sang ne parcourt pas librement les poumons, il s’accumule dans le cœur et en distend les cavités ; que ce dernier organe est tenu à des efforts insolites qui peuvent en augmen-

ter les parois aux dépens de la cavité ; que

les violences éprouvées par les poumons Îles exposent à l’inflammation chronique , et , si l'on veut, aux tubercules. Mais , tout cela se trouve dans la danse, dans la musique, dans l'équitabon , dans la course, dans la plus simple promenade. Un Quaker dirait , ilfaut y renoncer. Mais, toutes ces choses , pratiquées avec modération, ne sont-elles pas innocentes ? De célèbres virtuoses qui , dans leurs études, dans l'exécution en public, sont , plus d’une fois, sorties des bornes de

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(516) Ja modération, n'ont-elles pas fourni une très-longue carrière ? Croit-on que là aussi ik n'y ait pas plus d'un danger, spécialement pour les poumons et pour le cœur ?

On serait dans une grande erreur , si l'on pensait que la puissance de la gymnastique ne peut s'appliquer à l'hygiène ou à la médication des déformations du squelette, qu'autant qu elle est poussée à des excès dangereux. C'est, au contraire , en la renfermant dans les justes limites de la modération , qu’elle peut rendre les plus grands services.

Les secours de la mécanique morte ou exérieure sont indispensables pour attaquer el vaincre les difformités du squelette ; mais ils ne peuvent être invoqués que pendant le repos du corps , et le repos du corps ne peut être constamment maintenu sans le plus grand dommage pour les forces musculaires :

parer à ces inconvéniens par des exercices méthodiques , n’est pas consacrer tout le temps à ces mêmes exercices. Employer deux heures, matin et soir , à racheter les vices du repos, passer ce temps à parcourir une assez grande variété de ces jeux pour prévenir la satiété , n'est pas se livrer à des excès dangereux. Nous pouvons certifier , et chaque

(377 } praticien pourra rendre le même témoignage, que ces travaux sont si peu pénibles, que l'on n’a nullement besoin d'y exciter les malades, qu'ils leur inspirent de la gaîté et de la satisfaction, qu'ils y gagnent de l'appétit, et qu'il n'y a gucre de difforme , qui, au bout d'un ou deux mois de la pratique de ces exercices , n'ait perdu la pâleur de son teint et acquis un accroissement sensible dans le volume des muscles et dans leur force contractile. Nous pouvons certifier encore, que c’est après l'observation des heureux effets de la gymnastique sur les sujets difformes , que nous avons essayé le même moyen comme tonique dans un grand nombre de maladies , et que nous avons pu en retirer de grands avantages. Nous ne craignons pas de promettre des résultats d'une autre espèce aux praticiens instruits , s'ils se décident à l'essayer avec la réserve nécessaire , c'est-à-dire, en excluant les cas dans lesquels un état morbide déjà constaté du cœur, des poumons, du cerveau, expo-

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serait ces organes aux dangereux effets US

stase sanguine ; ils ne tarderont pas à recon-f naître que la thérapeutique s’est enrichie d'un agent des plus puissans. Or, dans les

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(518) difformes , il y a autre chose que des formes altérées. L’altération profonde de l’hématose , Je défaut dans le sang d'une assez grande proportion de fibrine assez avancée pour qu'elle puisse être incessamment assimilée à \ Ja fibre musculaire, sont patens. Il n’est pas toujours possible alors d'obtenir des organes digestifs, qui partagent la débilité générale, l'élaboration de la quantité d'alimens nécessaire pour la nutrition. Les médications toniques internes ou externes ne sont pas toujours praticables ou seulement innocentes ; clles compliquent trés-souvent la maladie par l'irritation gastrique ou générale qu'elles déterminent si facilement. Il est bien précieux , dans des cas aussi difficiles, de pouvoir exciler , sans le moindre danger, l'appareil musculaire et l'appareil nerveux; établir dans l’un et dans l’autre la nécessité d'une plus abondante nutrition, et, par ce détour , l'excitation convenable de la part des organes digestifs. En effet, l'examen attentif de ce qui se passe dans les sujets livrés à la gymnastique , dans l’état de dégradation que nous venons de dépeindre , conduit à l'explication que nous venons d'exposer. Le plus souvent, l’inappétence la plus absolue

explique le degré auquel la maigreur , la faiblesse, le découragement sont arrivés: les médications de toutes sortes ont été épuisées et n'ont servi qu'à démontrer l'irritabilité des organes. Un mois de gymnastique a tout changé. L’appétit renaît ; les forces augmentent; les muscles se prononcent ; le sommeil devient facile, profond et réparateur; le rétablissement de la santé est assuré. 10

Nous pouvons rappeler ici ce qui a été £Éyy © | 2 e mentionné à propos de l'observation XXVI* Après le premier mois de l'extension et de la gymnastique , une douleur assez vive au côté gauche, accompagnée de battemens exagérés des ventricules et du bruit de soufflet , contraignit à suspendre le traitement. Il fallut employer une méthode anti-phlogistique , même assez active, pour combattre avec succès une inflammation évidente au moins du péricarde, et causée probablement par la rupture de quelqu'une des adhérences que la difformité avait produites ; et cependant, lorsque ces accidens eurent cédé, le traitement de la difformité a pu être repris par les mêmes moyens qui étaient employés auparavant. S'ils avaient été capables de. produire les premiers accidens, pourquoi ne

les ont-ils pas reproduits ? Pourquoi sontils devenus innocens ? Pourquoi une rechute

que la maladie précédente aurait dû rendre plus facile, n'a-t-elle pas eu lieu par l'action des mêmes causes ? Il nous semble bien démontré par cet exemple, que, même lorsque le cœur ou ses enveloppes ont souffert auparavant, les exercices de la gymnastique ne sont pas capables de reproduire l'affection précédente. On verra , par les faits suivans , que la gymnastique peut même servir à combattre quelques-unes des maladies qu'on a

cru capables d’être produites par elle.

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