OBSERVATION LIV
Un jeune homme, âgé de 26 ans, né en Europe, mais de sang américain, avait lutté durant toute son enfance, contre les accidens qui signalent si souvent une débilité native. D'excellens conseils, suivis avec beaucoup d'ardeur , n'avaient pu effacer les désavantages de la naissance , et empêcher que l'épine ne se voütât en devant , à un point très-remarquable. Get accident étant survenu à une époque où le développement du squelette était complet (22 ans), il s'ensuivit une distension de la moelle-épinière qui donna lieu à une morosité profonde et souvent à de funestes inspirations. En outre, la réducion du thorax dans le sens vertical avait singulièrement géné les poumons et le cœur. El ’ensuivait de l'oppression, des battemens sonores, accompagnés d’une forte impulsion et d'intermittences assez fréquentes. Ges symp- 1ômes étaient trop évidemment secondaires , pour en faire plus de cas qu'il ne convenait. Sans nous laisser arrêter par les difficultés
.de la respiration , nous conseillâmes la gym-
(523 ) nastique , ayant soin seulement de recommander des séances courtes et fréquentes.
Ce moyen releva bientôt les côtes et l'épine , agrandit l'espace nécessaire aux poumons et au cœur , et rétablit la liberté des fonctions.
— Ileût été aisé, dans ce cas , ainsi que dans celui de l'observation XVI: , de se méprendre et de croire à l'existence d’une hypertrophie des ventricules, comme il était arrivé au sujet de l'observation que nous vemons de citer, et à l'égard duquel on avait fait un si déplorable abus de la saignée. Les symptômes morbides du cœur et des poumons n'élaient qu'une conséquence de la diminulion de la capacité de la poitrine, En remédiant à cette circonstance, on devait mettre les organes à l'aise. Cependant , les travaux qui constituent le remède, pourrait-on croire, devaient exposer d’abord à un accroissement de la maladie: il en pourrait étre ainsi , si la prévention générale était fondée À S'il fallait faire travailler les malades comme des fanambules de profession. Mais, s’il suffit Pour cela de travaux modérés, ils peuvent avoir opéré de grands changemens à l'égard de l'épine , sans avoir exposé les organes à
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des violences dangereuses. Ce n’est pas Îa première fois que l'on voit le moyen le plus propre à remplir la véritable indication tirée du fond d’une maladie, obtenir des succès certains, quelque étrange que paraisse son action dans les cas pour lesquels on l'invoque.
Il demeurera bien constaté par les deux faits que nous venons de citer, auxquels il nous est aisé d'en ajouter d'analogues , que les travaux gymnastiques ne fatiguent pas nécessairement le cœur et les poumons; qu'ils peuvent , au contraire , délivrer ces organes d'affections , en vertu desquelles ils étaient notablement gênés. Le suivant démontrera que la gymnastique n’est pas à craindre dans toutes les affections du cerveau.