OBSERVATION LIII
Uxe dame , âgée de 24 ans , mère depuis deux ans , à la suite de violens chagrins éprouva un dérangement grave du flux menstruel. L’évacuation périodique diminua, se supprima et fut remplacée, à plusieurs reprises , par une hémoptysie abondante : une toux sèche, fréquente , accompaguée d'oppression, de cessation du bruit respiratoire dans le sominet des deux poumons , d'une petite fièvre et de dégoût, était plus qu'il n'en fallait pour faire craindre une inflammation chronique du tissu pulmonaire , à la
suite de la fluxion qui venait de substituer la membrane muqueuse des bronches au tissu utérin dans l'exercice d’une importante fonction. L'affaiblissement était grand. Il n'était pas possible d’avoir recours aux évacuations sanguines, même locales. Un effort excentrique pouvait être opéré par la gymnastique: il fut tenté , il réussit. Les forces en furent relevées ; l'appétit reparut. Nous pûmes alors conseiller l'équitation. Elle fut pratiquée avec avantage. Les règles parurent. Nous parvinmes à les régulariser, et la ma- Jade a recouyré une santé solide.
— Ce fait est remarquable par le siége de l'affection essentielle. Le poumon était atteint de phlogose chronique : une fluxion l'avait causée; une stase sanguine ressemble beaucoup à une fluxion, au moins pour les effets. Les efforts de la gymnastique passent pour exposer les poumons, à cause de la stase sanguine qu on les croit propres à produire , et cependant c'est par le moyen même que l’on croit devoir tant redouter, que l'état morbide est combattu avec succès. Il est donc probable quil ÿ a erreur dans l'appréciation des effets et touchant l'intensité à laquelle on pense
qu'il faut élever le remède pour obtenir de
lui des effets utiles.