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voies digestives. Le défaut absolu de toute cause extérieure dans une enfant assez mal constituée , était fait pour inspirer la crainte d'une condition organique vicieuse , capable de conduire à des lésions plus sérieuses.
Dans le dessein d'agir profondément sur l’enseinble de la constitution , nous conseillâmes Ja gymnastique. Elle fut pratiquée très-volontiers, et ne tarda pas à produire des effets sensibles sur l'ensemble de la santé. La nutrition devint plus active ; il se manifesta même plusieurs fois des symptômes de pléthore , auxquels il fallut remédier par quelques applications de sangsues. Ces mesures suflirent pour prévenir tout excès ; et la jeune personne, au bout de deux ans de ces exercices, pratiqués une fois par jour pendant deux heures, a acquis le développement désirable, l'établissement paisible des menstrues , ure santé solide , et la guérison complète de la maladie affreuse dont elle était atteinte. Elle a maintenant 18 ans , et sa guérison ne s'est pas démentie,
— Quant à la question hygiénique , elle est décidée chaque jour par un si grand nombre de faits de difformes qui recouvrent à
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la fois leurs forces et leur santé par la gymnastique , long-temps avant qu'elle ait influé sensiblement sur leurs formes , qu'il est impossible de concevoir l'opinion contraire, qu’en admettant qu'elle a élé entièrement préconcue. C'est effectivement par des faits qui lui sont étrangers, que l’on a voulu préjuger sa solution.
Une chose plus difficile à comprendre est de savoir comment , chez une nation dont Ja classe opulenie fait un si grand usage de l'exercice , notamment de l'équitation, et particulièrement pour la chasse du renard , on ne sest pas apercu des heureux effets que les exercices sont capables de produire sur des constitutions débiles , du parti qu'on en peut tirer pour combattre les ganglionites chroniques et les accidens qui marchent à leur suite, On y a pourtant constaté les heureux effets des bains de mer par immersions successives , séparées entre elles par une course rapide. Gette médication consiste essentiellement dans l'opposition du mouvement concentratif que produit l'immersion, et le mouvement expansif que provoque la course.
Qu'est-ce qui ressemble davantage à la 8ymnastique ? N'y a-t-il pas là aussi suspension
de la respiration , gêne de la cireulation ?
Et, s’il n’en résulte pas de dangereux effets, si l’on en retire , au contraire, de très-heureux résultats , c’est à coup sûr parce que ces choses sont faites avec modération, qu'elles sont soutenues jusqu'au succès, et qu'elles ne sont nullement poussées jusqu'aux excès que nécessite le perfectionnement d'un art.
Il s’agit dans les difformités de l'épine, du moins dans la plupart des cas , non-seulement de changer un état analogue à celui qui amène les ganglionites fréquentes ou habituelles, état qui favorise , en effet, la formation des difformités qui ne reconnaissent pas de causes extérieures, de réparer les forces des muscles débilités par des changemens notables de rapports et une nutrition vicieuse ; mais encore , et cette indication est bien plus difficile à remplir, de rendre la force à des appareils ligamentaires alongés, où la circulation languit au point d'être infiltrés ; et ces organes participent aux actes de la vie d'une manière si obscure , qu’il est difficile qu'aucune stimulation puisse les atteindre , au moins par les voies ordinaires de la nutrition ou de la surface extérieure.
L'action de la gymnastique est bien plus profonde, elle est bien plus immédiate. C'est sur les nerfs et les muscles qu'elle s'exerce d'abord ; et si l’on observe bientôt un changement dans l'aptitude et le volume des organes du mouvement , il faut bien admettre que les vaisseaux , au moins les capillaires, l'instrument immédiat de la nutrition , ont éprouvé à leur tour une influence fondamentale. Cette influence ne peut pas demeurer renfermée dans un cercle quelconque : l’analogie , l'identité de toutes les parties du systême capillaire doivent y étendre le changement opéré ; et, comme la nutrition a les mêmes instrumens partout, cette influence doit se faire sentir, enfin, dans les ligamens comme dans tout le reste. Aussi, lorsque l'amélioration générale de la santé est manifeste , que les muscles et leurs forces se sont accrus , on voit les articulations se raffermir, perdre les sensations contusives que les premiers exercices y laissaient.
On conçoit aussi très-bien de la même manitre, comment il se peut que la gymnastique change notablement les formes d’une épine déviée, même dans des cas où l'on péglige totalement les autres ressources : une
( 529 ) infiltration des fibro-cartilages inter-vertébraux dévie la colonne-épinière et n’a pu altérer la forme des os. Si la gymnastique provoque l'absorption de la sérosité infiltrée et rétablit la densité des ligamens , il est tout
simple que les formes normales soient restaurées.
OBSERVATION LVI. ( Planche XLI. )
Une jeune personne , âgée de 14 ans, née d'une mère extrêmement petite , très-peu développée elle-même, mal logée , mal nourrie, éprouva une déviation très-grande de la région dorsale de l’épine : toutes les vertèbres dorsales étaient inclinées à gauche, etun retour bien insuffisant à droite, avait lieu dans les vertèbres cervicales ct dans les lombaires. La respiration était fort génée par cette difformité. 11 y avait souvent des douleurs à la poitrine , surtout au côté gauche. Cependant , la gêne de ses parens rendait très-difficile l'application des moyens indiqués: long-temps , les meilleurs conseils furent inutiles pour cette raison. Enfin , la gymnastique fut adoptée, et ,; comme clle était la seule chose praticable, elle fut employée avec ardeur. Pendant deux ans, la malade s'exerca,
(330) deux heures , matin et soir , avec de nombreuses compagnes qui soutinrent son zèle, et, au bout de ce temps. elle s’est trouvée dans un état de restauration assez avancé pour pouvoir se livrer à l'édacation des personnes de son sexe dans une Communauté.
ORSERVATION LVII.
Une demoiselle, âgée de 12 ans , née d'une mère extrêmement délicate , s’accrut tout à coup, au point d'acquérir plus de cinq pouces en quinze mois, ce qui porta sa taille, déjà fort grande pour son âge , à cinq pieds quatre pouces. En même temps, elle pâlit et perdit ses forces ; ses muscles fondirent , ses membres s'infiltrérent , et l'épine présenta une mobilité insolite. Des douleurs qu'elle rapportait aux lombes et des attitudes singulières fixèrent l'attention des parens , et nous fûmes consultés. Le corps étant dénudé et considéré attentivement par la région postérieure dans l'attitude debout, nous pümes reconnaître une grande incurvation de toute l'épine, principalement de la région lombaire , dont le sinus était dirigé à gauche. Dans les grands mouvemens du corps cette courbure s effaçait en partie, mais jamais l'épine ne se courbait
à droite. Il était manifeste que les articula-
tions vertébrales étaient relâchées, que celies de la région lombaire et du bas de la région dorsale avaient éprouvé le commencement de cette infiltration qui dévie les vertèbres et maintient leur déversement. Cet état avait sans doute pour cause , les violences qui avaient accompagné le rapide accroissement du corps , el ne consistait que dans une profonde débilité générale. Il était probable qu'un accroissement durable des forces musculaires et de l'intensité de la nutrition entraînerait la résorption de l’engorgement et le raffermissement des articulations, et que le moyen qui donnerait le plus sûrement ce résultat, serait la gymnastique. Elle fut pratiquée avec assiduité pendant un an, et tout rentra dans l’ordre naturel : les muscles se prononcérent , les forces s’accrurent et la restauration des formes fut complète. Les effets produits par ce traitement ont été durables : la jeune personne jouit aujourd’hui d’une santé brillante et solide.
— Dans les deux derniers faits, on ne peut mécounaître l’action tonique et résolutive de la gymuastique ; mais, il est difficile de ne
pas admettre aussi, du moins pour la LVI*, quelle à exercé une action plus directe, qu'elle a dû contribuer immédiatement au redressement de l’épine. En effet , la déviation était très-étendue dans ce dernier eas : et non-seulement les articulations ont été, raffermies comme dans l'observation LVIL.'; mais encore l'incurvation de l'épine a beaucoup diminué. Îl est donc possible d'employer la gymnastique aux mêmes usages auxquels on avait cru que la mécanique morte ou extérieure était seule propre. Ainsi, en suspendant l'action des procédés mécaniques, on peut employer aux mêmes usages un agent qui répare en même temps les forces musculaires. Ce même agent , tout en remédiant aux inconvéniens de l'extension, par rapport aux ligamens spinaux qui en sont nécessairement distendus, au point de rendre par là seulement la maladie incurable , comme nous l'avons démontré dans l’histoire de l'observation LIL; ce même agent, disons-nous , remplit, en même temps, l'intention que Jon se proposait par les procédés mécaniques; il est capable de donner aux points défectueux de l’épine, des impulsions en sens contraire des difformités à combattre.
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C'est dans cette vue que l'on a varié les procédés gymnastiques. Îl fallait trouver des moyens de tension , selon l'arc de l'épine,
selon les diagonales du tronc, des moyens d’incurvation en devant, en arrière , sur les côtés , des moyens de rotation en sens variés, afin de pouvoir toujours mettre des contraires en opposition. On a consacré à cet usage , on a inventé tout exprès les exercices des divers chars traînés sur des cordes tendues, de l'escalier en spirale, des échelles de corde, des cordes à pilons, à nœuds ou simples ; ceux pratiqués sur des cordes tendues ou des cylindres de bois suspendus horizontalement et appelés de paumoyage , du dévidage , de l'aunage, de l'équilibre à chevat ou du passage dans la même attitude , des bobines simples ou doubles en avant ou en arrière, de l'ascension et de la descente à deux mains ou sur des mains eë des jarrets par des cordes obliques ; ceux appelés passes de trapèze , quilles dormantes , barres parallèles , pas de géant , grande balançoire , char rotateur (1), etc. Au
(1) La plupart de ces exercices ont été décrits par le colonel 4moros et par le professeur Clias , de Berne;
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(534) licu d'une analyse minutieuse de chacun de ces exercices qui se trouvent décrits tout au long dans l'atlas de l'Orthomorphie , nous placerons ici l'exposition sommaire de leur esprit général dans la vue de leur application pratique.
1. Les suspensions par les mains à des cylindres de bois ou à des cordes fixées par un bout , donnent lieu à une extension simple de l'épine, accompagnée de l'action des muscles capables de soulager les articulations de cette partie.
2 La suspension par les mains à des cordes tendues horizontalement ow obliquement, donne , pour supplément au poids des membres inférieurs et du tronc, les oscillations des cordes qui prolongent la durée du poids et sa terminaison par une véritable secousse , laquelle exige un grand effort de
mais surtout par le professeur Delpech, qui a consacré plusieurs des dénominations indiquées ici, pour distinguer des espèces qui peuvent être employées à des usages particuliers. Il serait superflu de donner la figure de tous ces exercices, puisqu’ils ont tous été gravés dans les ouvrages que nous indiquons , et sous la dénomination que nous employons( De l’Orthomorphie ; Atlas ).
{ 355 ) l'action musculaire pour chacune de ces 0scillations.
5 Les suspensions alternatives et successives par une seule main donnent un tirage oblique qui passe alternativement par lés deux diagonales du tronc. Il s'ensuit, en outre d'un effort direct d'extension capable d'ouvrir une courbe, un angle, une sorte de glissement latéral de vertèbre à vertèbre, difficile à obtenir par un autre procédé.
4° La manœuvre appelée paumoyage , imitée des matelots , donne spécialement pour résultat une rotation des vertèbres les unes sur les autres et dans les deux sens alternalifs.
5. Les manœuvres des bobines exigent un effort soudain dans les muscles des gouttières vertébrales et dans ceux de la région antérieure du tronc. Cette espèce de détente de ressort est l'impulsion qui fait cheminer le corps en devant ou en arrière , et peut faire une forte incurvation en arrière ou en ayant, et une secousse d’un grand prix dans les articulations vertébrales.
6. Le char renversé est un exercice spécial, qui tend très-puissamment au renversement de la région lombaire.
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