‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 89 sur 107 · OBSERVATION LXVIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXVIII

UxE jeune enfant éprouva les symptômes d'une tumeur blanche au genou, et eut le bonheur d'en guérir. Cependant, une ankylose n'en résulta point, comme il arrive d’ordinaire ; mais, les mouvemens étaient singulièrement gênés par la contracture des ligamens et des muscles. Un temps infiniment trop long fut perdu à demander des conseils que l'on n'exécuta point ou que très-imparfaitement ; après quoi, elle nous fut confiée. Un appareil fut construit; le membre inférieur y fut placé et assujetti; les parties de l'appareil étaient mobiles, de manière à pouvoir varier la position de la jambe et de la cuisse, ainsi que le degré de leur flexion et de leur extension : une mécanique fut adaptéc à cet appareil, dans l'intention de faire varier par un rolateur à marche lente cette

(59 ) À A A Q même attitude , même pendant le sommeil.

Nous fümes arrêtés dans l'exécution de ce plan

par une résistance invincible , qui provenait de productions osseuses nées sous Île périoste aux limites des mouvemens dont nous avions pu rétablir la liberté. Dès-lors , il fallut se renfermer dans le cercle de la gymnastique , laquelle , pratiquée avec une habileté et une grâce peu communes , a rendu très-libres les mouvemens rétablis et donné une grande soli-

dité à la santé de cette jeune personne.

— Ï ne faut pas un grand effort de génie pour faire sortir des conséquences de ce fait, les applications dont les coutractures et Îles incurvations de l'épine par le rhumatisme seraient susceptibles : un fauteuil emboîtant le corps et les membres peut être formé de parties mobiles dans divers sens ; une machine mise en mouvement par un agent quelconque peut mouvoir en sens alternatifs et que l'on pourrait facilement varier, les diverses parties d'un semblable siége , et suppléant ainsi l'action des mains, donner aux mouvemens communiqués une continuité que l'on ne peut obtenir de toute autre manière, et qui serait d'une grande utilité.

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L'expérience que nous avons de l'indis-

pensable besoin des mouvemens comimu-.

niqués aux parties roidies, contracturées À avant de pouvoir en obtenir de spontanés par l'action de Leurs propres muscles , nous fait placer très-haut les secours de la mécanique appliquée à cet usage. Nous savons que des mécaniciens recommandables ont appliqué cette idée au traitement de la contracture d'une seule articulation , en faisant dépendre le succès du zèle du malade luimême. Mais, d’abord , il faudrait aussi le plus souvent du courage , et tous les hommes , les enfans surtout, n’en sont pas capables ; en second lieu, le probléme le plus difficile n’est pas celui-là : c’est la contracture de tout le corps , particulièrement de l'épine entière, qu’il est difficile de vaincre et important de pouvoir attaquer d’abord par des efforts indépendans de la volonté et surtout de la force des malades. Nous avons aussi la Connaissance expérimentale de la facilité avec laquelle on supporte ces mouvemens communiqués même à des parties douloureuses , lorsque les mouvemens continuent d’une maniére égale et douce ; passé les premiers momens , nous avons vu des malades dans ces

gas , qui donnaient d'abord des signes d'une grande sensibilité, finir par s'endormir sous les mêmes mouvemens, peut-être par l'effet méme de leur longue répétition. On peut facilement calculer quels effets étendus, rapides et solides on pourrait obtenir dans ces mêmes sens , en substituant le jeu régulier d'une machine à l’action inégale, pénible et bornée de la main.

Nous avons été contraints de faire ressource de la gymnastique dans les cas de cette espèce. Nous l'avons trouvée toule puissante ; mais, pour commencer, nous avons eu à nous féliciter de pouvoir disposer des mains et des bras : le poids du corps et la nécessité de veiller à sa propre sûreté , lorsqu'une fois le fardeau tout entier est détaché du sol, amènent bien forcément les contractions musculaires nécessaires. Dans les cas où nous n'avons pu commencer ainsi, nous nous sommes servis d'un fauteuil destiné à cet usage, dans lequel le malade est fixé assis et tiré supérieurement par la tête et par les aisselles, au moyen de treuils et de règles mouvantes.

Pius tard et lorsque le malade peut être placé dans un lit, l'extension s’y fait comme dans les cas ordinaires. Le docteur F'ard a

eu le bonheur de trouver aussi, dans des cas de cette espèce, des malades courageux, persévérans , qui se sont prêtés avec toute la suite nécessaire aux jeux , aux exercices qu'il leur a proposés et qu'ils ont accomplis avec succès. Mais, enfin, pour commencer , il a bien fallu pouvoir disposer des mains, des bras , des pieds , des jambes ; et tout cela peut n'être pas libre , et tout cela est, en effet, souvent pris et nullement disponible.

C'est dans cet embarras qui voue à l'incurabilité ceux qui s'y trouvent et ce qui leur fait attendre, pendant des années , des secours qui ne sont praticables que lorsque la maladie est déjà fort amendée , et qui souvent ont perdu alors une partie de leur puissance, que nous avons senti vivement le besoin des agens mécaniques , comme quelques-uns de ceux que l'on a appliqués à des travaux qui nexigeaient pas moins de prévision et de ménagement. La chose est très-praticable , el nous demeurons convaincus qu’elle prendra son rang nécessairement dans la thérapeutique.

La gymnastique de suspension par les mains, les bras , les aisselles , et par la combinaison des quatre membres, a souvent produit d'heu-

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reux effets en pareil cas. Lors , par exemple,

que le corps est suspendu par les bobines | appliquées aux aisselles ow aux quatre | membres , le poids de la masse , tirant par l'extrémité pelvienne de l’épine ou par Ja partie moyenne quand les deux extrémités | sont suspendues, ne peut manquer d'exercer | des efforts de redressement, surtout d’appli- | quer dans ce même sens aux vertèbres des | | mouvemens qui se passent dans leurs articu- | lations et qui tendent puissamment à les dégager. Lorsque l’on est parvenu à relever no- | tabiement la tête et la partie correspondante | de l'épine , les manœuvres des cordes ten- | dues horizontalement , appelées dévidage , aunage , peuvent avoir une grande puissance, parce qu'elles tendent à imprimer aux vertëbres entre elles un mouvement d inclinaison latérale, un mouvement de glissement horizontal en sens opposés et alternatifs, résultant de ce que les efforts qui portent le poids da corps dans ces manœuvres, passent alternativement par les deux diagonales du tronc.

Ün autre exercice d’un grand prix dans ces cas où il faut rompre de toutes les manières les résistances de l’épine roidie dans

| toutes les articulations , est celui du char ro-

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tateur (1). Cet instrument a d’abord l’avantage d’une voiture qui déplace le corps au grand air; mais , en outre, la partie moyenne du tronc étant assujettie aux colonnes du palanquin et les plateaux du siége et de la tête étant mis en mouvement à la fois, les extrémités de l'épine sont mues l’une et l'autre en Oièle avec les secousses procurées par les inégalités du terrain qui ont bien aussi leur avantage.

Le chariot à manivelles offre aussi des ressources applicables à ces cas : l'engrenage qui meut les roues de ce fautenil exige une assez grande application des forces, nonseulement du bras, mais encore de l’épine , et l’on peut vaincre ainsi quelques résistances, surtout lorsque le malade n’a pas encore la libre disposition des membres pelviens. Dans le cas contraire, on pourrait tirer un grand parti du chariot à deux roues appelé dresienne : le corps établi sur le chevalet , les impulsions à communiquer à l’équipage par les membres inférieurs, ne peuvent manquer de retentir dans le bassin et Ja ré-

(1) Voyez les planches de l’'Orthomorphie.

(398 ) gion lombaire de l’épine et y déterminer plus de mobilité.

Eufin , lorsque les mouvemens sont rélablis, et qu'il ne s’agit plus que de préserver solidement lépine de nouvelles invasions, des exercices capables de produire mieux que tout autre, une grande corroboration des muscles et des ligamens, sont ceux appelés passes de trapèze; évolutions qui se pratiquent dans un espace triangulaire ou carré long , formé par un pilon horizontal suspendu à deux cordes verticales , et qui mettent en jeu , de la manière la plus variée et la plus énergique , la mobilité des vertèbres entre elles et la contractilité des muscles des gouttières vertébrales.

S. IV. Traitement des déformations de l'épineet des membres causées par les contractures symp= tomatiques de La myélite ot autres.

Ces cas, par leurs derniers résultats , ressemblent , jusqu'à un certain point , à ceux de espèce précédente ; mais ils méritent d'en être distingués pour des considérations thérapeutiques importantes. C'est toujours un état inflammatoire de la moelle et de ses en-

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