‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 92 sur 107 · OBSERVATION LXX · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXX

: Un jeune garçon de 10 ans, d’une taille élevée , d’une constitution délicate, éprouvant souvent de la toux et de l’oppression, surtout depuis la rougeole , qu'il avait essuyée deux ans auparavant, se plaignait de douleurs à la région lombaire et de faiblesse aux membres pelviens. Le plus simple coup-d’œil fit reconnaître dans celte région une saillie re-

marquable de l'apophyse épineuse des deux premieres vertèbres lombaires, avec mobilité et douleur à la pression. Des cautères faits par la potasse furent établis autour de la saillie vertébrale et entretenus avec soin. En même temps , le jeune malade fut établi et fixé sur un lit horizontal et dur. Cette attitude fut gardée avec soin, pendant dix-huit mois. Le malade était roulé sur un côté pour panser les exutoires ; les besoins de la défécation étaient la seule occasion dans laquelle il fût dans une autre position que couché. L’appétit diminua, pendant que l'enfant garda cette attitude ; il maigrit et pâlit. Cependant , les forces furent maintenues par un bon régime et des médications toniques ménagées , et, au bout de ce temps de repos absolu, autant qu'on puisse se le promettre en laissant les membres libres et n'assujettissant le corps que par Îles épaules et le bassin, la saillie spinale se trouva beaucoup moindre et l’épine raflermie. Cet enfant a recouvré une santé parfaite.

— Nous avons cité dans les observations | XXI.° et XXIL°, deux exemples de maladie semblable dans de très-jeunes enfans. L'un

d'eux fut assujetti sur une planche rembourrée, sur laquelle sa nourrice l’allaitait et le portait. Des cautères furent aussi établis autour de la saillie spinale et furent bien su p-

portés, malgré l'extrême jeunesse du malade.

L'enfant avait souvent la fièvre , avant d’être assujetti solidement sur son coucher. Cette : complication disparut aussitôt que les deux moitiés du corps purent être assujetties. Il n'ya pas eu d'abcès froid. Le jeune malade a guéri complétement ; il a été rendu à la liberté au bout de deux ans.

Le second, moins jeune que son compagnon d'infortune , présentait deux foyers distincts et déjà avancés ; l’un au milieu de la région dorsale , l’autre au milieu de la région cervicale. Nous fimes construire un appareil consistant dans une ceinture serrée par des boucles autour du bassin , Un berceau en ressorts de pendule embrassant exactement le thorax, un futeur qui soutient ce berceau au-dessus de la ceinture et qui l'élève jusqu'au niveau de la nuque, pour étre fixé autour de la tête par une courroie 4 boucle. Cet appareil soutint toute l'épine , mieux que nous n'avions pu le faire alors par d'autres moyens. Nous avons revu cet enfant, un an après, I] a

recouvré une santé parfaite ; les saillies spi-

nales ont beaucoup diminué sans s’effacer ; il n’y a pas eu d'abcès froid.

— Nous ne citerons pas ici avec détail plusieurs faits de la méme espèce , qui ont eu pour objet des sujets adultes ; où nous avons traité la même maladie par le repos dans l'attitude horizontale seulement. Qu'il nous suffise de dire que , dans plusieurs occasions de cette espèce, nous avons pu attendre sans inconvénient , pendant deux ans, trois ans, qu'un travail analogue à celui du cal d'une fracture vint réunir les deux moitiés d'une colonne vertébrale totalement rompue.

$. VIIL Traitement des difformités des os du | bassin.

A. Déformations rachitiques.

L’anr ne peut rien contre les déformations du bassin que le rachitisme opère ; il est aussi impuissant contre ces déformations accomplies , que contre l'acte même de leur formation.

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B. Relächement des articulations sacro-coxates.

CEs cas, dont on connaît de si beaux exemples , sont assimilables en tout aux Cas d'affection propre des fibro- -Carlilages intervertébraux : comme dans ces derniers, on a observé l'état de relâchement extrême et passif, qui permet des mouvemens sensibles et indolens ; celui de relâchement Pâteux qui permet le déplacement lent, mais fort étendu , ne s'accomplissant que sous l’action d'une force progressive et continue ; celui d'un engorgement consistant , ayant déplacé lentement les os et les maintenant dans leur situation insolite ; enfin , ces deux dernières nuances accompagnées ou non de douleurs.

Dans le cas où le traumatisme a été l'origine de la maladie , comme dans quelques-uns de ceux où elle est spontanée, il peut y avoir un état inflammatoire : la douleur permanente augmentant par le mouvement ou par la pression, doit étre prise comme un téimoignage d'autant plus fidèle de cet état. que les organes affectés ne sont doués que d’une sensibilité obscure dans l’ordre naturel set,en effet, l'expérience démontre que , dans les

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( 420) cas où l’on n’a point fait de la douleur le cas qu’elle méritait , les conséquences ont été souvent des suppurations des os articulaires et un épuisement mortel. Il est donc d'une grande importance de combattre par des moyens antiphlogistiques décidés et par un repos complet, l'état douloureux et l'inflammation qu'il signale. Or, le repos, qui ne saurait manquer d’être d'une grande importance en pareil cas, est surtout nécessaire dans les articulations malades ; et le decubipus du corps sur un plan horizontal, bien que réclamé impérieusement , ne saurait suffire à ce que l'indication a de positif et de pressant. Ce sont les os du bassin quil faut fixer, et d’une manière assez solide pour les empêcher de suivre les impulsions des membres inférieurs. Pour remplir cette indication importante, rien ne peut suffire que la compression exercée circulairement autour du bassin par le moyen d’une ceinture de cuir et d'une boucle solide. Alors seulement, les os sont immobiles , les ligamens cessent d'être distendus , d'être affectés douloureusement, et l'inflammation dont ils souffrent peut être combattue avantageusement, parce que tout ce qui pouvait accroître a été écarté.

Ce même moyen est d'une égale impor tance dans les cas où le relâchement iadolent permet des mouvemens plus ou moins sensibles : il s'agit d'engorgemens à résoudre, de forces à réparer ; il est impossible que des distensions qui maintiendraient l’alongement ne s'opposent à la guérison. Ainsi, tandis que l'on emploie d’ailleurs tout ce qui peut accroître l'activité de la nutrition, on ne saurait négliger la compression circulaire exercée de la maniére la plus solide, c’est-à-dire, par le mode que nous venons d'indiquer. On a employé, dans les cas de cette espèce , des appareïls plus compliqués , dans Ja vue de rapprocher circulairement les os du bassin et de relever l'os coxal , en prenant un point d'appui sur l'épaule correspondante. Nous ferons remarquer que si, dans les cas dont il s'agit, le membre et l'os coxal se laissent déplacer en bas dans certaines attitudes , ils sont emportés vers le haut dans des attitudes contraires; d'un autre côté, que si un point d'appui solide était nécessaire pour soutenir le poids du membre, ce n’est pas sur la clavicule qu'il pourrait être pris. L'expérience démontre que si le malade est tenu dans le decubitus horizontal , cette attitude suffit

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(72) pour cmpécher toute impulsion ascendante et: descendante ; surtout si la compression circulaire est exercée avec la force et le soin nécessaires. Îl n'y a que cela de praticable avec utilité ,et si l’on ne néglige pas les moyens propres à donner à la nutrition l'activité nécessaire , la compression peut suflire parmi ces. derniers accessoires. :: L'exercice a fait preuve d'une grande utilité ; mais , pour le permettre , il faut avoir ‘déjà fait de‘grands progrès dans-le sens de la résolution et que la compression circulaire soit assez solidement établie pour suppléer provisoirement à la solidité des articulations.

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