‹ Observations cliniques de la taille et des membres ... accompagnées d'un atlasChapitre 96 sur 107 · OBSERVATION LXXIII · texte numérisé non relu

OBSERVATION LXXIII

Ux enfant de 11 ans, fit une chute sur la paume de ses mains, en descendant rapidement sur un chemin incliné:il s’'ensuivit une fracture des deux os de l’avant-bras avec les mêmes circonstances que dans les deux cas précédens. Le traitement eut lieu par les moyens ordinaires; et comme le jeune malade habitait la campagne , à une assez grande distance de son médecin, celui-ci le vit rare-

ment et Sen rapporta à Ja jeunesse du frac-

turé pour la rapidité de la guérison. L'appareil ne fut pas refait pendant les trente jours qui suivirent son application. Lorsque le membre fut dépouillé , il fut trouvé dans l'état que nous avons déjà dépeint. On fit alors de grands efforts pour corriger ces défectuosités ; mais, on y employait des attelles et des bandes de toile qui ne pouvaient réussir. Il nous fut présenté enfin , mais seulement deux mois ct demi après l'accident. Nous doutions du succès; cependant ceux que nous avions obtenus nous paraissaient très-encourageans. Nous essayämes. Un appareil tout-à-fait semblable fut construit et appliqué: il y eut de la résistance, non pas quant à la fracture dont les fragmens se laissèrent parfaitement ramener dans leurs rapports naturels ; mais, par rapport à la contracture des muscles, qui ne céda qu'avec beaucoup plus de difficulté. Il fallut employer la gymnastique de concert avec la puissance de l'appareil, et le traitement dura un an. Cependant, le succès fut presque entièrement complet.

— Les diflicultés que ce cas a présentées, ont tenu uniquement au temps qui s'était déjà écoulé depuis que la fracture et sa réunion

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(480) existaient. L'expression des faits précédens , : celle de ceux qui vont suivre, le démontrent fort clairement.

CBSERVATION LXXIV.

Ux villageois , occupé à transporter des fardeaux sur une charrette , de son village à la ville voisine , jeune homme fort et actif, et

âgé de 25 ans , fit une chute à bas de sa voiture et se fractura les deux os de l’avantbras , avec le déplacement des fragmens que nous avons déjà signalé. Un appareil ordinaire fut appliqué, etson médecin lui ayant permis imprudemment de continuer de conduire sa voiture , il ne se présenta plus qu'après quarante jours. Le déplacement des fragmens avait persisté”, et Ie malade ne put faire aucun usage de sa main , guindée dans la situalion bizarre que nous avons déjà dépeinte. Du temps fut encore perdu en efforts inutiles, et bien plus encore par la construction de l'appareil que nous indiquâmes , mais qni n'était pas prêt. Nous arrivämes ainsi au soixantième jour avant d’avoir rien entrepris de sérieux. Eofin , l'appareil fut appliqué ; il demeura cinquante jours en place. Il redressa parfaitement les fragmens , étendit la main et

(431) les doigts , €t rétablit entièrement la liberté des mouvemens.

OBSERVATION EXXV.

EN ce moment même , nous donnons des soins de la même espèce à un enfant de la campagne, âgé de 9 ans. Il porte l'appareil depuis sept semaines , et le résultat est déjà complet. Il sera rendu incessamment à la liberté et entièrement guéri.

Nous aurions dû raconter un plus grand nombre d'observations que nous ne l'avons fait dans le cours de ce travail, pour chacun des points dont il se compose , parce que ce dont il s'agit ici, est neuf et mérite d’étre bien démontré par un nombre suflisant de faits. Nous aurions pu en augmenter encore le nombre ; mais ceux que nous venons d’exposer, nous paraissent capables d'entraîner la conviction.

Nous avons dit précédemment que , dans les fractures de la partie inférieure de la jambe , les fragmens inférieurs sont presque constamment entrainés en dehors et en arricre, La disposition des muscles explique ce

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phénomène, et il a lieu d'autant plus sûre-

ment que la même cause entraîne presque constamment une direction oblique déterminée dans la solution de continuité. Le sens de la coupe est tel, qu’il n’y a que ce déplacement de possible. Cependant une coupe oblique et des muscles longs et isolés, non-seulement tirent les fragmens inférieurs en dehors et en arrière ; mais encore les font légèrement chevaucher. On sent aisément que cette derniére espèce de déplacement rend impossible le rétablissement des rapports naturels par la seule inclinaison réciproque des fragmens, comme on peut le faire à l’avant-bras. Si l’on inclineles fragmens inférieurs en dedans pour reporter le pied au-dessous de l'axe de la jambe , on dévie dans un autre sens l’axe de la partie inférieure de la jambe et celui du pied lui-même (1). Cependant, il ne peut y avoir d'autre restauration possible, au moins dans l’état actuel des choses : de là vient que nous étions autorisés à dire , comme nous l'avons fait ci-dessus, que l’on ne peut corriger cette espèce de difformité, qu’en introduisant une difformité d'une espèce différente.

(1) Voyez les planches.

Se X. Traitement des déviations de la jambe.

Nous avons dit précédemment qu'il n’est guère possible de ‘compter sur le retour des ligamens fortement alongés. La chose n’est pas impossible ; beaucoup d'exemples en sont connus, et nous en avons cité nous-mêmes ; mais, lorsqu'il est possible d’invoquer un autre secours , il n'y faut pas manquer, sans négliger les moyens directs de restauration des organes affectés. On peut , en effet , lorsque la jambe , mal assujettie dans le genou, se laisse dévier en dehors on en dedans, tenir ce membre constamment incliné du côté opposé à celui de l'inflexion. Ce n’est pas raccourcir directement le ligament latéral qui se trouve trop long ; mais , en donnant indirectement aux condyles l’occasion de s’accroître inégalement , on rétablit aussi par des proportions relatives accidentelles, les conditions des proportions normales. Cette restauration est aisée et rapide, lorsqu'on l'entreprend sur des enfans en bas âge ; tous les praticiens sont d'accord là-dessus , et ce que nous avons vu est parfaitement conforme au témoignage général. L'instrument qne nous y avons cm-

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