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ployé est une attelle brisée , tenant à des berceaux élastiques destinés à embrasser la jambe et la cuisse. Vis-a-vis l'articulation du genou est une charnière latérale , dans laquelle une vis courte imprime aux deux parties de l'attelle des mouvemens opposés : ainsi, en placant l'appareil du côté de la concavité du membre , quel que soit le sens de la déviaçtion, on a toujours un tirage appliqué au ge- Ho et une pression appliquée à la jambe et * à la cuisse (1). Les enfans peuvent garder cet
é appareil , jour et nuit , sans le moindre incon-
vénient ; il n’y en a pas non plus à ce qu'ils soient privés, pendant la durée du traiteiment, des mouvemens du genou : cette condition est nécessaire pour que l'action de l'appareil s'applique avec exactitude sur les points où elle est utile. Les malades peuvent marcher , quoiqu'ils soient privés de la liberté de cette articulation; et, quand on la leur rend, ils en usent tout aussitôt, comme sils en avaient toujours joul.
Ordinairement une année de ce traitement est suflisante pour rétablir les formes naturelles, au moins depuis l’âge de 5 ans jusqu'à
(1) Voyez les planches.
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celui de 103; nous en avons des exemples assez nombreux dans cette période , et la guérison a été assez rapide et solide (1). Nous ne pouvons dire ce qu'il en serait, passé cet âge. Nous n'avons pas eu d'occasion de l'observer ; il nous paraît probable que les choses iraient au moins plus lentement.
S. XI. Traitement des pieds-bots.
À. Dans les douze premiers mois de l’enfance.
Daxs la plus tendre jeunesse, le pied-bot peut étre traité et guéri facilement. Les muscles auxquels il s’agit de résister, ont peu de développement et de contractilité : des forces tres-légères suflisent pour lutter contre eux les tenir dans un état constant d'alongement, et rétablir l'harmonie la plus étendue. À cette époque , une bande de flanelle , disposée autour du bas de la jambe et du coude-pied , de manière à ramener le picd dans l'axe de
(1) Nous nous abstenons à dessein d’en citer les délails : ces faits sont assez communs pour que chacun en Connaisse des exemples.
la jambe, peut suflire pour corriger le vice natif , si ce petit appareil est entretenu avec soin, et pourvu que l'on ait, en même temps, celui de présérver la peau de toute violence , de toute inflammation, et du contact prolongé des urines et des matières excrémentitielles.
Plusieurs écrivains avaient énoncé cette opinion, et parmi eux on peut citer avec confiance l'iliustre Scarpa. Nous pouvons attester aussi avoir souvent tiré parti de ce même moyen, et un grand nombre de praticiens pourraient citer aussi des faits démonstratifs. Au reste, il s’agit de l'observation tirée d'enfans traités de la sorte en bas âge, ct revus sans difformités aux pieds, passé l’âge de 12 ans : sans ces conditions , l'observation ne serait ni complète, ni démonstralive. Or, nous pourrions citer, si nous voulions grossir sans nécessité ce travail , un grand nombre d'enfans que nous avons fait établir autour de nous pour pouvoir les suivre des yeux, de l'âge de deux mois à celui de quinze , auxquels nous avons appliqué nous-même le plus souvent, ou fait appliquer sous nos yeux par un aide intelligent, un appareil fait d'une bande de flanelle maintenant le pied incliné
{437 ) en dedans ou en dehors (1). Ge traitement « été continué pendant six mois, un an au plus ; et son succès a été complet , toutes les fois qu'il pouvait l'être.
En finissant , il est important de prendre deux précautions. La première consiste à adopter le brodequin pour chaussure ; le point d'appui qu'il prend à la jambe, maintient le pied dans l'axe du membre, même après la suppression de l'appareil. La seconde consiste à tenir pendant long-temps la semelle de la chaussure un peu plus épaisse sur le côté du pied que la difformité tendrait à abaisser. G ) |
Pour sentir l'importance de ce soin, comme de tout celui qu'il faut mettre au bandage roulé de flanelle, il faut ne pas perdre de vue la démonstration acquise que les piedsbots sont déterminés par un développement de certains muscles de la jambe; que le principe fondamental du traitement de ces difforuités, est d'appliquer aux muscles courts
(1) Al est important de graisser la peau, avant l'application du bandage , avec de l'huile douce ou légèrement aromatisée , et de finir par envelopper l'appareil et le membre de taffetas gommé , pour les défendre de toute souillure.
une cxtension permanente ; que cette condilion peut donner à l'acte nutritif l'activité nécessaire pour qu'il serve à réparer le vice natif des organes défectueux. C’est un surplus qu'il s’agit d'obtenir d’abord; et il paraît que Ja distension habituelle, mais modérée, est le stimulant qui réussit le mieux à produire cet cflet : au moins est-il certain que l'usage des appareils propres à rétablir la situation naturelle du pied, fait apparaître en même temps , s'ils ont du succès , les reliefs des muscles défectueux , qui étaient tout à la fois courts et atrophiés , tandis que des topiques stimulans et toniques n'ont jamais obtenu un pareil résultat.
Que l’on ne pense pas que les mouvemens permis par le moyen des appareils soient ce “qui ramène la nutrition et le développement -des muscles : si cette explication est vraie et utile à la pratique pour les cas où la déambulation peut avoir lieu , c’est-à-dire , chez des enfans plus avancés en âge, elle n’est pas admissible envers les enfans à la mamelle ; et cependant chez ceux-là aussi l’on observe ie développement du volume des muscles, en même temps que celui de leurs forces contractiles et du retour du membre à sa po-
sition normale , lorsque l'appareil en a {a puissance et qu'il agit d'une manière continue et suflisante. Il peut donc passer pour démontré par les faits, que l'extension continue des muscles trop courts et atrophiés peut seule accélérer leur développement réel en longueur et en épaisseur. Or, il importe qu'elle ne cesse jamais de s'exercer, tant que dure le travail de leur accroissement normal : la moindre différence en plus apporiée dans ce même travail, peut rétablir l'harmonie ; mais aussi le vice en moins résultant des conditions natives, doit faire craindre que , si l'influence artificielle vient à cesser tant que le travail d'accroissement a lieu, sa marche primitive ne se rétablisse et le vice natif des proportions ne reparaisse.
Il ne suit pas de là la nécessité rigoureuse de continuer l'extension sur les muscles courts, tclle que pouvait l'exercer un appareil spécial, autant de temps que durent ie développement et l'accroissement du corps : l'expérience démontre quil est très-possible que l'impulsion étant donnée , dès l’âge le plus tendre , par une extension suflisante et assidue, l'organisme la conserve , et que le développement, la nutrition des muscles courts gardent
l'accélération qu'ils en ont recue. Alors , on voit le volume des deux membres se maintenir égal malgré la suspension , la cessation totaie du traitement qui a produit d’abord cette influence. C'est ainsi que, au témoignage de tous les écrivains , on a pu , comme nous l'avons pu nous-mêmes, abandonner toute espèce de soins, passé les premiers mois ou les premières années, et voir se maintenir cependant les bons cffets qu'un traitement borné avait produits. Mais, les choses peuvent bien ne pas se passer ainsi. Il est fort possible que l'harmonie des fonctions ne se conserve pas, que l'accroissement de l'acte nutritif décline ; et alors, après avoir obtenu un succés complet, on peut voir , à l'occasion d'un accroissement notable et rapide da sujet, reparaître une difformité que l’on avait vue guérie et que l’on avait dû croire solidement effacée. Ainsi , des praticiens de bonne foi ont proclamé la reproduction tardive de Ja difformité. Nous pouvons assurer que des faits assez nombreux ont établi incontestablement à nos yeux, que la rechute du pied-bot est trés-possible, pour peu que l'on néglige l'usage des moyens propres à assurer le gaé-
rison. Dire à priori dans quel cas la chose
(441) arrivera , est impossible. Or , si par des précautions simples et sûres on peut se tenir en garde contre ces accidens , il serait bien im-
prudent de les négliger.
Ainsi, au moins à titre de surveillance continue , une chaussure qui incline légèrement
le pied en sens inverse de la difformité, a le
double avantage de maintenir le membre dans la position normale , même dans une légère exagération qui continue l'extension prédominante des muscles dont la longueur était un défaut, et celui de donner un moyen facile d'apprécier la résistance nouvelle et démesurée de ces mêmes muscles, ét d’avertir du besoin de leur appliquer de nouveau une
force extensive réelle, avant que la difformité
soit reproduite. En effet, une chaussure dont la semelle n'a pas une épaisseur égale , porte le pied sur un plan incliné dans le sens transversal, c'est-à-dire , opposé à celui de la dif-
formité : s'il n'y a pas de résistance de la part
des muscles qui étaient primilivement courts, la semelle doit être usée également dans tous les points de son étendue ; dans le cas contraire, le côté le plus épais doit être usé plus rapidement, Ce témoignage assuré de le pres-
sion plus grande du bord du pied qui tend à