LIT A
(442) s’abaisser dans la mesure de l'accroissement
de cette tendance , avertit du besoin de recourir de nouveau à l'usage d’un appareil.
B. Dans la seconde année.
Passé les douze premiers mois de l'enfance , il est rare que le bandage de flanelle suffise : il y a même des cas dans cette premiére période , ou l'on ne peut pas s'en contenter. Nous avons vu particulièrement la déviation en dehors portée au point de mettre en contact le dos du pied avec la face externe antérieure de la jambe; et, parvenue à ce point extrême dés la naissance , elle nécessite alors des moyens bien plus puissans. Il est rare que la déviation en dedans, ni l'inclinaison en bas soit aussi avancée à cette époque ; mais la chose n'est pas sans exemple.
Ces distinctions n'ont pas été introduites par les auteurs. Nous ne pouvons donc nous étayer -des faits observés par les autres ; et, inalgré notre répugnance, nous sommes coniraints de n'invoquer que notre propre autorité. Nous devons donc dire que nous avons trouvé ; en général, une grande différence entre les difformités de cette espèce dans la première année de la vie et dans la seconde,
ou plus généralement au-delà de cette premiere période. Les muscles courts opposent une bien plus grande résistance sans doute, parce qu'ils sont d’une structure plus parfaite. La force d’un ressort est nécessaire pour balancer suffisamment ou surmonter Jeur action et tout à la fois leur force de cohésion sans danger et sans inconvéniens. Voici de quelle manière nous l’avons mise en usage avec succés.
Un berceau composé de bandes de ressort de pendule engagées entre deux peaux de veau , sert à embrasser exactement la jambe dans les deux tiers inférieurs de sa longueur et se fixe par des boucles. Dans l'épaisseur de cette enveloppe est engagée une lame élastique, verticale, plus forte et plus étroite inférieurement que supéricurement, terminée en bas et en dehors par un bouton saillant.
Cet appareil se place du côté vers lequel le pied doit être ramené , et plus ou moins en devant ou en arrière, suivant le degré d'obliquité contraire à donner à l'effort de rectifcation , lequel doit toujours être en opposition complète. Une courroie matelassée, qui se place par-dessus un bas et qui est conduite autour du coude-pied et du bas de la
jambe , est fixée par ses deux extrémités a bouton de la lame verticale, en faisant faire à celle-ci une déviation proportionnée à l'intensité de l'effort nécessaire pour ramener le pied à sa situation normale. L'emplacement des contours de la courroie peut être varié, en sorte que l’on peut éviter aisément de fatiguer un même point de la peau, et de iomber dans le grave inconvénient des ulcérations. |
Cet appareil ne peut permettre la déambuation; mais , il est fort applicable aux enfans les plus jeunes : on peut varier sa force d'action par celle de la lame verticale qui l'exerce et par la déviation qu'on lui donne. Sur ce dernier point il est important de savoir que le moyen d'aller vite n’est pas de déployer de grandes forces, dès le début ; mais bien plutôt de les ménager et de ne les acctoitre, qu'autant que de premiers progrès permettent d'en rechercher d’autres. L'expérience nous a appris que la meilleure mapitre d'en juger est le calme de Fenfant. La succession régulière du sommeil et de la veille est la mesure la plus fidèle de la santé et de l'impassibilité à cet âge. C'est elle qu'il faut
consulter avec soin pour juger sans erreur ;
si les forces employées pour surmonter la résistance des muscles courts, ne sont pas portées au point d'irriter et d'enflammer ces mêmes organes. Tant qu'un enfant dort paisiblement aux époques ordinaires de la journée ou de Ja nuit , et le nombre d'heures accoutumé , on peut être rassuré sur le danger qui pourrait accompagner les manœuvres pratiquées sur un membre difforme ; mais aussi, pour peu quil témoigne de l'inquiétude et de la douleur , il est important de tout vérifier attentivement : ou les forces employées sont démesurées , ou bien l’un des points sur lesquels on agit est en souffrance. Le moindre défaut dans l'appareil ou dans le vêtement qui le double , le plus simple pli, elc., sont capables de causer de grandes douleurs à cet âge où la sensibilité est si exquise, et les plus graves accidens peuvent en résulter , parce que la douleur , à cet âge, trouve partout du retentissement : ce n’est pas sculement des ulcérations et l'embarras local qu’elles causeront dont il faut se défier, quoique ces inconvéniens soient bien graves ; mais bien plutôt des phlogoses viscérales sympathiques que la douleur amène facilement à cel âge.
"à à Le : PEN Van PUON" NT TS 7
On voit que notre dessein n’est nullement de dissimuler aucun des inconvéniens atlachés au traitement des pieds-bois chez les plus jeunes enfans ; il nous paraît bien plus utile de les signaler aux praticiens , afin que l'on mette le soin nécessaire à les éviter. Cette vue pratique serait bien moins importante , s'il n’était d’un si grand intérêt de chercher à corriger de bonne heure la déviation des pieds. Ce que nous avons dit jusqu'ici des causes de ces déformations et des conditions de succès de tous les efforts tendant à les effacer , doit suflire pour faire sentir qu'il doit être infiniment plus avantageux d'agir sur des muscles encore fort extensibles et en voie d’accroissement : peu de forces, des épreuves de peu de durée, peuvent suflire alors, et plus tard on sera engagé dans toutes les vicissitudes d'un traitement long, difticile, et qui n'est pas autant exempt d'obstacles et de danger qu'on a voulu le faire croire. On a conseillé d'attendre l'époque ou les enfans sont capables de marcher, afin de faire servir la déambulation elle-même: ce conseil est irréfléchi ; l'exercice ne peut servir à ja restauration, qu'autant que celle-ci est déja assez avancée pour diriger la plante du pied