‹ Observations Cliniques Et Anatomo-Pathologiques Sur Le Sarcome Primitif Intra-MusculaireChapitre 14 sur 25 · HISTOIRE GLI\ID JE EL ANAT )MO-PATIHDLOGIQUE DE NOTRE CAS · texte numérisé non relu

HISTOIRE GLI\ID JE EL ANAT )MO-PATIHDLOGIQUE DE NOTRE CAS

Le malade dont il s’agit eut une nstoire très intéressante. Il entra en effet dans le service de M. Després, qui crut à une rétracuon de l’aponévrose poplitée, et publia à ce sujet un article. Mais la partie la plus importante de observation fut étudiée dans le service de M. le professeur Le Dentu. Le diagnostic, longtemps tenu en suspens, ne fut guère résolu que par l’examen microscopique.

Voici le commencement de l’observation, telle que la rapporte M. Després (1).

« Le nommé F... Valentin, 54 ans, tailleur, entré à la Charité, salle Boyer, n° 4, se plaignaïit de ne pouvoir étendre la jambe gauche depuis un an. Il ne souffrait d’ailleurs que d’une certaine fatique pendant la marche. Travaillant toujours assis, les jambes croisées en tailleur, depuis l’âge de 17 ans, il avait été atteint de douleurs rhumatismales dans les épaules et dans Le cou. Ses antécédents de

famille sont bons : son père est mort d’une péritonite ac-

1. Desprès. Rétraction de l'aponévrose poplitée. Gaz. des hôpitaux, 1894, p. 394.

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LT O0 ee cidentelle, sa mère vit encore. Il est marié et père d’un enfant sain. Son mal a commencé de la sorte : il apparut, il y a environ quatre ans, une rougeur avec démangeaison sous le jarret gauche ; il y fit peu d'attention, mais depuis un an, il s’est aperçu que la jambe ne pouvait pas être étendue complètement.

À l'examen, M. Després constate une flexion de la jambe sur la cuisse, formant, dans l’extension maximum, un angle obtus de 150° environ, c’est-à-dire un angle obtus très ouvert. Le malade en marchant boîte bas, et le membre est plus court d'environ 15 centimètres.Le jarret

présente une plaque rouge un peu violacée avec épaississement de l’épiderme. Au-dessous de la peau et immédiatement au-dessous d’elle, on sent une bride dure, située exactement au milieu de l'espace compris entre les tendons du demi-tendineux et du biceps, c’est-à-dire sur le trajet des vaisseaux et des nerfs, mais dans un plan beaucoup plus superficiel. En haut, il y a simplement une bride fibreuse d’un volume un peu inférieur au tendon du biceps, mais en bas la bride augmente de volume et présente trois nodosités d’un volume à peu près égal et grosses comme de très gros pois. Les premiers jours, elles étaient douloureuses, au point que M. Després se demandait si ces nodosités n’étaient pas des névromes. Mais il y avait un autre signe important : la bride dans la partie qui renfermait les nodosités était adhérente à la face profonde de la peau, à l'endroit où celle-ci présen. tait la coloration violacée dont nous avons parlé. |

Devant ce fait singulier, le diagnostic dut demeurer en suspens. |

Après avoir traité le malade par le repos, les cataplasmes de farine de lin, les applications de teinture d’iode, les douleurs à la pression avaient cessé et la marche était moins douloureuse. Mais la bride sous-cutanée et ses nodosités persistaient, et il était toujours impossible d’étendre la jambe. M. Després alors, quoiqu'il n’ait encore vu aucun fait de ce genre, diagnostiqua une rétraction de l’aponévrose poplitée, analogue à la rétraction de l’aponévrose palmaire. 5

Le pronostic paraît grave, en ce sens qu’il n’y a pas de guérison radicale possible. Enlever la bride, ce serait faire une opération reconnue inutile pour la rétraction de l’aponévrose palmaire. |

M. Desprès conseille au malade de continuer sa profession de tailleur, de ménager la marche et de recourir au repos et aux applications émollientes, lorsque la bride causera de la douleur. »

En 1894, son état ne s'étant pas amélioté, le malade entre dans le service de M. le professeur Le Dentu. On note les symptômes qui avaient déjaété vus par M. Després, mais, en outre, le malade se plaignait de douleurs

très violentes. De plus on constatait un phénomène particulier, c'était une sudation qui se faisait au niveau

de la partie malade; la sueur . apparaissait comme de fines qouttelettes, ce qui donnait un aspect perlé.

Le 5 avril 1894, M.le professeur Le Dentu fit une incision dans la région poplitée, et enlève ua petit fragment de l’aponévrose. Puis il pratique la section de l’aponévrose, mais la jambe restait fléchie comme auparavant ;

ik enleva alors tout le tissu fibreux du creux poplité, puis

Apres

on immobilisa le membre dans une qouttière. À la suite de cette intervention, la jambe s'était presque étendue. Mais il y avait toujours des douleurs, de l’hyperesthésie

et des sudations.

En 1895, le malade rentre à l’hôpital Necker avec une rétraction pire que la première. On constatait des adhérences à la peau plus étendues, qui formaient des plis noueux rougeâtres. Les plaques d’hyperesthésie étaient aussi un peu plus étendues sur la face interne du tibia. Il y avait quelques nodosités intradermiques rougeâtres. La pression était douloureuse vers la face externe du tibia. A ce moment-là, on soupconnait une tumeur mali-

gne. Les douleurs, la sudation perlée, existaient toujours.

Le19 juillet 1895, l’amputation de la cuisse fut pratiquée par le D: Brodier, chef de clinique.

ASPECT MAGROSCOPIQUE. — Un fait nous frappe, dès que la peau est incisée, c’est la prolifération du tissu conjonctif sous-cutané qui s’est sclérosé ; de plus il s’est développé anormalement et s’est infiltré entre les faisceaux musculaires jusqu'au contact du tibia et du péroné. Il en résulte que tout le tiers interne de la partie supérieure de la jambe est transformé en une masse compacte, formée par du tissu conjonctif englobant des faisceaux mus-

culaires.

Toute la portion supérieure du jumeau interne est le sièye d’altérations profondes ; elle se présente comme une masse d’une couleur cireuse, presque filamenteuse 3 ces lésions s’observent sur toute la partie du muscle qui

s’étend depuis l’insertion supérieure jusqu’à dix centimé-

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