‹ Observations Cliniques Et Anatomo-Pathologiques Sur Le Sarcome Primitif Intra-MusculaireChapitre 15 sur 25 · ED | RES · texte numérisé non relu

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tres plus bas environ. Au-dessus de l'articulation du genou (1) les tissus sont normaux.

Sur une coupe macroscopique, pratiquée dans la partie supérieure du jumeau, on se rend plus exactement compte des lésions qui siègent à ce niveau : L’épiderme ne présente pas de lésions apparentes, le tissu conjonctif sclérosé envoie des septa à l’intérieur de la masse du Jumeau ; ce muscle présente une couleur jaune de cire caractéristique et les différents faisceaux sont séparés les uns des autres par des espaces plus considérables qu’à l'état normal et remplis par du tissu conjonctif. Le centre du muscle jumeau est occupé par une masse charnue, nettement intra-imusculaire, limitée par une ligne assez nette irrégulièrement festonnée.

Sur des coupes également transversales, mais pratiquées plus près de l'insertion supérieure du jumeau, la masse intra-musculaire présente des caillots sanguins volumineux. Fi

Au voisinage de cette masse, les altérations du muscle sont particulièrement accusées ; d’une façon générale, on peut dire qu’elles augmentent d'intensité de la périphérie

vers le centre.

Les os (tibia et péroné) sont également atteints ; leur surface est rugueuse, couverte même de petites aspérités en certains points ; elle adhère intimement sur une longueur de dix centimètres environ au tissu conjonctif dont

il a déjà été fait mention.

4. L'amputation à été pratiquée à environ dix centimètres au-dessus du genou, par conséquent, dans des tissus parfaitement sains.

Le jumeau externe a un aspect normal ; le nerf sciatique ne présente pas d’altérations visibles à l'œil nu.

Examen microscopique. — Technique. — De larges tranches transversales, épaisses de quelques millimètres et larges de trois à quatre centimètres, destinées à étudier la topographie, sont prélevées à différents niveaux ; elles intéressent le tissu conjonctif sous-cutané, le tissu musculaire et la masse charnue intra-musculaire, Ces pièces sont fixées, une heure après Pamputation, dans un des deux réactifs suivants :

1° Alcool à 90°.

2 Liqueur de Zenker, qui contient.

Bichromale. de polasse. Re te 000 A<Sulfate de soude. . . . « . + . . CR SUITE COLTOSU s-5 2 SE A ee na 5

À 20 parties du liquide A, on ajoute au moment de s’en servir une partie d'acide acétique cristallisable.

Les pièces, après quarante=huit heures de séjour dans ce liquide, sont lavées à l’eau et passent par la série des alcools, comme cela a été indiqué par Mercier (Brb4. anatomique, n° 1, 1894). -

Les coupes sont pratiquées avéc le microtome de Thoma, après inclusion dans le collodion (méthode du professeur Mathias Duval).

Elles sont colorées avec l’hématoxyline de Delañield, ou avec le carmin aluné de Grenacher. |

En outre, de petts tronçons du nerf sciatique, des

fragments de peau et de muscles ont été traités de la même façon.

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Enfin, diverses pièces (provenant notamment de la masse intra-musculaire) de très petit volume et destinées A

à une étude histologique plus fine, sont fixées dans le liquide de Lindsay :

Bichromate de potasse à 2,5 0/0, . -70 parties Acide osmique à 2 0/0... . 1, . , 1410 — Chlorure de platine à 4 0/0. . . . 15-— Apide:4acétique 222.508 020 AE

Les pièces, au sortir de ce bain, sont lavées à l’eau courante, et passent par la série des alcools.

La précision de l’action de ce mélange est vraiment remarquable : la finesse des détails relatifs à la structure des figures karyokinétiques est mise en évidence avec encore plus de netteté que par le mélange de Flemming (mélange fort).

Les coupes, débitées au moyen du microtome de Menot (Inclusions dans la paraffine recuite), sont surcolorées

pendant 24 heures dans la solution suivante :

Safranine à saturation dans l'alcool absolu. . . 1 D ANUIDOO ES Men Un. sols Mie Rat mil nl

puis plongées pendant quelques secondes dans le mélange de Benda : ï

Pifchiorün sur ce, AlGDQR ar OR S e 200)

Examen.— Les coupes transversales (1) un peularges,

1. Il n'est pas besoin de dire que les différentes parties de la tumeur ont été examinées; il ne s’agit pas dans la présente description de telle partie du néoplasme, mais bien de l'ensemble de celui-ci.

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examinées à un faible grossissement, montrent que la masse intra-musculaire est composée par un enchevêtre-

ment de fibres conjonctives et d'éléments cellulaires part-

culiérement nombreux, en un mot qu'il s’agit d’un véri-

table néoplasme. Suivant les points envisagés, celui-ci

peut se présenter, soit comme une masse assez régulièrement homogène, soit comme un tissu entrecoupé de lacs sanguins très étendus. La tumeur est assez nettement délimitée par une zone de tissu inflammatoire (1). Tout autour, les muscles sont dissociés en faisceaux plus ou moins volumineux par du tissu conjonctif réticulé, qui en certains points a remplacé complètement le tissu musculaire. C’est, d’ailleurs, cette fasciculisation que Cristiani,

puis Regaud, avaient déjà bien décrite.

Si on examine la tumeur à un plus fort grossissement,

on constate que celle-ci comprend un stroma fibreux

assez développé dessinant un réticulum très compliqué,

et délimitant des alvéoles plus ou moins nets, remplis de cellules munies en général de noyaux volumineux. Ceuxci sont en porportion de beaucoup supérieure. En un - mot, il s’agit d’un sarcome alvéolaire, tel que le décrit

Ziegler.

Dans la figure 2, on a représenté à un faible grossis- .

sement une des coupes assez larges dont il a été ques-

tion. A la périphérie, on constate l’existence de faisceaux musculaires plus ou moins dissociés (mu, m:) par

des formations conjonctives dont l'épaisseur, ainsi que

1, On se rend bien compte de cette disposition en jetant les yeux sur la figure 2, où ce liseré est figuré en s.

M. Regaud l’a montré dans le cas qu'il a étudié, est d'autant plus considérable, qu’elle limite des faisceaux plus importants; bien plus, en certains points, il n’existe plus que du tissu conjonctif.

Ces deux tissus sont séparés de la masse néoplasique par une accumulation de cellules inflammatoires (s), qui se distinguent nettement des portions voisines par la façon énergique dont elles fixent les colorants usuels (carmin, hématoxyline). En outre, le stroma conjoncetif renferme, de nombreux vaisseaux néoformés, fait déjà signalé dans les travaux que nous avons cité plus haut. , La masse néoplasique elle-même se présente comme un tissu plus ou moins homogène, parsemé en plusieurs points de larges vaisseaux.

Nous examinerons maintenant successivement la tumeur elle-même et les tissus environnants :

10 Peau. — Bien que. des coupes aient été pratiquées en différents endroits, on ne constate quère d’altérations dans la structure de la peau ; les papilles sont normales ; en revanche, le nombre et la grosseur des qlandes sudoripares est légèrement augmenté (1) et le tissu conjonctif sous-cutané présente une légère sclérose.

20 Nerf scialique. — Les fibres nerveuses sont normales; leur qaîne de myéline et leur cylindre-axe ne: présentent pas d’altérations manifestes, néanmoins le nerf

présente (fig. 5), par places des accumulations de cellu-

1. Cette constatation anatomique est à rapprocher des phénomènes de sudation spéciaux, signalés plus haut.

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ei, les embryonnaires, qui forment en certains points des amas assez importants (1).

3° Vaisseaux, — Les gros troncs vasculaires voisins de la tumeur sont légèrement altérés ; en effet leurs parois sont sensiblement épaissies, et elles renferment çà et là des accumulations de cellules embryonnaires, analoques à celles signalées dans l'épaisseur du nerf sciatique. En outre, leur calibre. est manifestement rétréci 5 Pamputation se fit d’ailleurs sans la moindre hémorrhaqie, bien que la bande d'Ésmarch ne fut pas employée,

° Muscles, — À l'œil nu, on peut déjà constater que le muscle est le siège de profondes altérations; en effet, il est constitué par une masse jaune, cireuse, extrêmement friable. À l’examen microscopique, ces lésions sont encore plus manifestes.

Si on examine à un faible grossissement une coupe pratiquée dans le tissu musculaire au voisinage du néoplasme, les fibres musculaires se présentént comme des petites masses irrégulièrement déchiquetées, dissociées, séparées les unes des autres par du tissu conjonctif,

En nombre de points, la structure de la fibre est encore assez bien conservée; on peut constater sur certains éléments les deux striations normales; toutefois le sarcolemme est légèrement épaissi. Néanmoins il convient d'indiquer que partout l’aspect offert par les préparations de ces régions diffère considérablement de ce qu’on ob-

serve à l’état normal; le tissu musculaire présente encore

1. Peut-être faut-il voir dans ces lésions, l'explication des douleurs dont se plaignait le malade,

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- bien, comme il à été indiqué, sa double striation et des limites nettes, mais les intervalles occupés par les fibrilles sont absolument bourrés de jeunes noyaux, qui sont dus à la prolifération des noyaux du sarcolemme ; ceuxci en effet sont multipliés, et se trouvent aussi bien à lintérieur qu’à l'extérieur de la fibre musculaire. Remarquons en passant qu'il s’agit dans le premier cas, d’une disposition atypique qui n’est jamais réalisée à l’état normal chez l’homme, Nous pouvons rapprocher toutes les lésions décrites précédemment de celles qui ont été observées par Cristiani et Regaud.

En d’autres régions, le tissu conjonctif interfasciculaire n’a encore qu’une faible importance, maïs, dans certains points, là où les modifications de la fibre muscula're sont plus accusées, ce tissu prend un développement considérable. Comme on peut s’en convaincre en jetant les yeux sur la figure 4, au point de vue de la répartition, le tissu conjonctif a une extension au moins aussi considérable que le tissu musculaire.

Le tissu conjonctif (Voy. /£q. 4) est représenté par un réticulum assez large, à mailles irrégulières, mesurant en moyenne 35 y. Celui-ci renferme des noyaux de petit volume, épars çà et là, surtout aux points nodaux.

Ce réseau conjonctif irradie en tous sens et s’insinue entre les faisceaux musculaires. Ceux-ci se présentent à divers stades de régression: les uns (m1) présentent encore la double striation longitudinale et transversale, mais dans d’autres la striation transversale persiste seule. Ces dispositions d’ailleurs ne tardent pas à s’effacer dans

un certain nombre de ces éléments (12); la masse pro-

toplasmique se rétracte de. plus en.plus ; elle perd toute structure et finalement, elle n’est .plus représentée que par une masse blanchâtre, grumeleuse, de protoplasma, qui finit par disparaître. Mais au fur et à mesure que la substance contractile se détruit de cette façon, lesnoyaux, que nous avons vu dériver des noyaux du sarcolemme, ne cessent de se multiplier ; plusieurs groupes de ces noyaux se fusionnent en une masse unique; de façon à former de volumineux amas de cellules embryonnaires (/,/), de très petites dimensions au début, mais pouvant atteindre facilement un diamètre de 1 millimètre.

Un fait mérite l'attention : le sort différent réservé à chacune des parties constitutives de la fibre musculaire. En effet, la substance contractile proprement dite disparaït plus où moins rapidement ; les noyaux du sarcolemme, au contraire, prolifèrent d’une façon intense, et vont finalement constituer des amas importants de cellules embrvonnaires. Ces dernières sont bien vivantes, ne présentent jamais de signes de fragmentation ni de dégénérescence, et semblent destinées ainsi à subir une évolation plus complète, Mais il est malheureusement impossible, ainsi que le faisait remarquer M. Regaud, d'établir quel sort ces éléments subissent ultérieurement.

Indiquons enfin la présence, au sein du réticulum conjoncuf, de nombreux vaisseaux de nouvelle formation.

5° Masse néoplasique. — La masse néoplasique, suivant les points où on l’étudie, se présente, soit comme une substance honrogène, soit comme un tissu entrecoupé de larges lacs sanguins. À un faible grossissement

(F9. 2), on à représenté une coupe du jumeau, intéres-

sant à la fois la tumeur et le muscle. On voit que ce dernier est limité au voisinage de la tumeur par une accumulation de cellules embryonnaires, dessinant un liseré sombre (s). Quant à la masse néoplasique, elle est formée par un tissu de nouvelle formation ({), parsemé de larges vaisseaux sanguins (v).

Dans les portions supérieures du jumeau, la tumeur est au contraire, d'une grande homogénéité.

Sur les coupes traitées par la méthode de Benda, l’aspect est particulièrement frappant. En vert, on voit se dessiner un élégant réseau de fibres conjonctives dont les mailles sont occupées par des éléments colorés en rouge par la safranine. |

a). Tissu conjonctif. — Le stroma (#) se compose surtout de fibres conjonctives ; en outre, il existe des fibres élastiques, mais qu’il est impossible de reconnaître sur les coupes traitées par les méthodes histologiques usuelles. Néanmoins, si on traite par la potasse bouillante à 36° des fragments frais de la tumeur ou primitivement fixés dans l’alcool, on réussit à obtenir une petite masse résiduelle composée de fibres élastiques assez déliées, et fréquemment bifurquées.

Les travées, que ce stroma dessine à l’intérieur de la tumeur, ne sont jamais volumineuses ; en effet, lorsqu’elles dépassent une certaine épaisseur, elles se creusent de cavités remplies d’un nombre variable d’éléments cel-

lulaires. :

6). Eléments cellulaires. — Ces éléments sont répartis en proportion sensiblement supérieure à celle du tissu

conjonctif, Ils sont tous compris dans les loges plus ou

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