HISTORIQUE
Autrefois, le sarcome, tél que nous le comprenons aujourd'hui, était rangé dans là grande classe des caticers. On se bornaït à distinguüër parmi les tumeurs celles qui étaient tout à fait dures, celles qui étaient complètemént où à peu près liquidès ; toutes celles dont la consistance était intermédiaire, on les désignait sous le nom de sarcome.
On alla même plus loin. Lorry décrivait, en dermato-
logie, sous le nom dé sarcome, certainés masses char-
nues résultant de linflamination. À une certaine époque
on alla jusqu'à désigner sous ce nom lhÿpertrophie, même simple, d’un organe.
Jusqu'au milieu de ce siècle, on confondit le sarcome avec les tumeurs cancéréuses. Cest à Lebert que revient l'honneur d’avoir distingué pour la première fois, en 1852, le sarcome, auquel il donnait le nom de tumeur fibro-plastique. Mais il allait trop loin, lorsqu'il affirmait qué, tandis que le cancer est une tumeur maligne, le sarcome est une tumeur bénigne qui récidive rarement et
n’éntraîne nullement la mort du malade,
Bientôt on s’aperçut qu'il y avait plusieurs variétés dans le sarcome, et on en fit des affections différentes. C’est ainsi que Robin montra que, outre les tumeurs à corps fibro-plastiques, il y avait des tumeurs à cellules rondes, qu'il appela embryoplastiques, et d’autre part des tumeurs.à éléments spéciaux, signalés par Muller, de véritables plaques cellulaires, auxquelles il donne le nom de myéloplaxes. Ces dernières avaient été décrites aussi par Paget sous le nom de tumeurs myéloïdes.
C’est Virchow qui délimita et précisa le mot de sarcome ; ce fut lui qui réunit dans ce groupe toutes les tumeurs qui en avaient été autrefois distraites.
Déjà, lorsque le sarcome rentrait encore dans la classe des cancers, on s’était aperçu qu'il pouvait se présenter des tumeurs cancéreuses primitives des muscles, possédant une marche spéciale.
Cruveilhier, dans son traité d'anatomie pathologique, rapporte une observation de ce genre.
En 1844, lorsque Nélaton fit paraître sa pathologie, la question avait fait bien peu de progrès. Parlant du cancer encéphaloïde, il dit : « C'est surtout dans Ar cellulaire lâche et abondant des membres et des grandes cavités qu’on le rencontre le plus souvent ».
Deux ans plus tard, en 1846, Vidal de Cassis parle un peu plus explicitement du cancer des muscles. Voici ce qu'il en dit : « Le cancer le plus fréquent des muscles est par extension. Quand le cancer naît dans Le muscle même, c’est ordinairement par masses, qui d’abord n’al-
tèrent en rien la fibre musculaire ; ce n’est qu’à une
PSP EE période plus avancée que le tissu propre du muscle est cancéreux. »
Un peu après, en 1850, Broca rapporte qu’il a fait l’autopsie d’une femme, dont tous les muscles étaient remplis de petites tumeurs globuleuses, qui étaient autant de petits cancers.
Mais c’est encore à Lebert qu'il faut arriver pour trouver une étude du sarcome intra-musculaire. Dans son Traité des maladies cancéreuses, il n’en est pas fait mention ; ce n’est qu'un an plus tard, en 1852, qu’il s’occupe de cette variété de tumeur. Il avait bien, à la vérité, présenté à la société anatomique, en mai 1844, une tumeur fibreuse, contenant dans son intérieur des noyaux osseux et des fibres musculaires, que Denouvilliers avait enlevée dans le vaste interne, mais à cette époque la différence entre carcome et carcinome n’était pas encore établie. ‘à
En 1861, Parmentier publie plusieurs observations de tumeurs fibro-plastiques, dont deux furent observées par Demarquay.
Dans sa thèse (1862), Vignes le premier étudie avec soin les tumeurs primitives des muscles. Il n’a rencontré en tout que 5 observations de tumeurs embryoplastiques primitives et uniques, les deux cas observés par Demarquay, un cas de Gosselin, un autre cité dans le 7rarté des tumeurs de Waren, le cinquième enfin dans le Compendium de chirurgie.
A cette époque donc, les observations de sarcome pri- . mitif étaient considérées comme des raretés. Les cas observés avant Lebert ne peuvent pas être considérés
Morin 3