‹ Observations concernant l'identité du Chenopodium anthelminticum du port de NantesChapitre 3 sur 3 · EM. GADECEAU. - CHEN0P0D1UM ANTHELMIMICUM DE NANTES · texte numérisé non relu

EM. GADECEAU. - CHEN0P0D1UM ANTHELMIMICUM DE NANTES

ovales-oblongues et il cite la figure de Dillénius citée déjà par Linné pour son C. anthelminticum qui va très bien à la plante de Nantes et des ports français.

- ü Présence ou absence de bractées sous les fleurs de la panicule.

Le développement plus ou moins avancé de ces organes, qui existent dans tous les échantillons que j’ai reçus d’Amérique me parait, comme me l’écrivait C.-B. Clarke, un caractère botanique négligeable. Mes échantillons : de Boston (leg. Sargent) sub. nom. Ch. anthelminticum, ; de Missouri (Botanical Garden) sub. nom. Ch. ambrosioides var. anthelminticum, montrent tous des bractées ou bractéoles plus ou moins développées, et M. Daydon Jackson lui-même, cité par M. Thellung, a constaté cinq bractées dans l’inflorescence des échantillons de l’herbier de Linné dont j’ai donné la reproduction *.

De plus, ainsi que je l’ai écrit à M. Thellung, le caractère attribué par Linné, dans sa phrase descriptive, à son Ch. anthelminticum : « racemis, aphyllis » peut s’expliquer par la considération suivante tirée de l’ouvrage de Sachs ( Hist. de la Botanique, p. 99).

« Linné désigne sous le nom de fulcra les organes auxiliaires « des plantes, parmi lesquels il range les feuilles stipulaires, « les feuilles bractéales, les épines, les piquants, les vrilles, les « glandes et les poils. Comme on peut s’en apercevoir par les « lignes qui précèdent Linné n’étend pas le terme de feuille « (folium) aux feuilles bractéales et aux stipules. »

Durée des plantes.

Reste le caractère de pérennité qui serait l’apanage du Ch. anthelminticum, tandis que le Ch. ambrosioides serait annuel. Or, les expériences que j’ai faites et citées prouvent que si le Ch. ambrosioides est généralement cultivé comme annuel, il a pu cependant, à l’exposition du Nord, dans mon jardin, à la suite de l’hiver 1905-1906, repousser du collet tout aussi bien que son voisin le Ch. anthelminticum et donner comme celui-ci de belles touffes l’été suivant.

C Bull. Soc. bot. Fr., t. LIV, p. 505.

SÉANCE DU 25 OCTOBKE 1912.

Conclusions.

En résumé, M. Thellung, tout en convenant que la plante adventice française est identique avec la plante figurée par Dillenius, émet l’opinion que ce synonyme peut être négligé.

Je ne saurais le suivre dans cette voie et je me permets de trouver bien audacieux de récuser une figure citée par Linné lui-même et après lui par Moquin-Tandon.

Et c’est en s’appuyant sur des arguments aussi faibles que M. Thellung écrit : « le vrai C. anthelminticum L., tel qu’il est « représenté dans l’herbier de cet auteur et conçu par des « monographes remarquables comme Moquin-Tandon et Fenzl « (in Mart. Fl. Brasil .) est certainement plus distinct du « C. anthelminticum des auteurs français que celui-ci l’est du « C . ambrosioides. »

Lorsqu’un botaniste comme M. C.-B. Clarke, après comparaison de notre plante avec celle de l’herbier de Linné, m’écrivait : « Tn herb. Linæus, there is an excellent specimen of « Chenopodium anthelminticum Linn. inscribe with its number « in Linnæan hand, mounted on two sheets, one stem of « 30 inches, 15 inches on each sheet. It is exactly the plant you « sent me from Nantes » (18 oct. 1904); ce ne sont pas les arguments développés par M. Thellung qui peuvent changer

l’opinion que j’ai émise. ,

Je continuerai donc à considérer le Chenopodium américain, adventice sur plusieurs points de la France, comme le véritable Ch. anthelminticum de Linné et je maintiens l’hypothèse que le Ch. ambrosioides pourrait bien n ôtre qu’une race du précédent, cultivée depuis longtemps comme plante annuelle, pour les usages pharmaceutiques ou domestiques sous le nom de Thé du Mexique et qui a pu perdre, par suite de cette longue culture, quelques-uns de ses caractères primitifs. Ainsi s’expliqueraient la virescence, la glabréité, l’accroissement des organes foliaires, caractères qui s’observent souvent, en pareils cas *.

Gadeceau (E.), Bull. Soc. bot. Fr., t. LIV, p. 505. Il est étonnant que

plusieurs auteurs, en citant mon Étude, m’ont fait dire le contraire, c est-

à-dire que je considérais le Ch. anthelminticion comme dérivé du Lh. ambro sioides.

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