‹ Observations critiques et archéologiques sur l'objet des représentations zodiacales, qui nous restent de l'antiquitéChapitre 3 sur 14 · AVERTISSEMENT · texte numérisé non relu

AVERTISSEMENT

Les zodiaques égyptiens sont jugés définitivement, quant à l’époque de leur exécution.

Tandis qu’on s’efforçait de découvrir cette époque par l’interprétation astronomique des emblèmes dont ils se composent, les philologues et les antiquaires ont abordé la question par un autre côté, et sont parvenus facilement à la résoudre. L’examen approfondi des inscriptions en caractères grecs et en hiéroglyphes phonétiques gravées sur les temples où ces zodiaques ont été découverts, vient de démontrer qu’aucun d’eux n’est antérieur à la domination romaine en Egypte. (1)

Ce fait capital, une fois mis hors de doute, il devait s’élever, dans l’esprit des hommes attentifs, plusieurs questions nouvelles: Pourquoi ces zodiaques sont-ils tous d’une époque si récente ? Pourquoi n’en trouve-t-on pas également dans ceux des temples égyptiens dont la construction porte des caractères indubitables d’une assez grande antiquité ? Ces questions étaient de nature à exciter d’autant plus d’in-

Voyez mes Recherches pour servir à l' histoire de l'Egjple, pendant la domination des Grecs et des Romains , etc. Introd, p. xxxviij , et p. 45o.

térêt, qu’avec un peu d’attention il était facile de s’assurer que parmi les autres représentations zodiacales qui nous restent de l’antiquité grecque et romaine, il en est très peu qu’on puisse faire remonter d’une manière certaine avant lere vulgaire , et que la plupart sont postérieures au premier siècle de cette ère. On ne pouvait s’empêcher de lier ensemble ces deux faits remarquables , et de soupçonner qu’ils dépendent de la même cause. Par une induction toute naturelle , on devait croire que de telles représentations tiennent probablement à un ordre d’opinions, et de croyances qui seront devenues vulgaires à une époque assez tardive, et n’auront trouvé leur expression, sur les monumens de la religion ou de l’art, que lorsqu’entrées dans le cercle des idées dominantes, elles auront formé, en quelque sorte, un besoin nouveau de la société. Dans ce cas, il était difficile de ne pas attribuer presque tous ces zodiaques au développement de l’astrologie, cette science mensongère, née chez les Orientaux, et qui semble n’avoir acquis une grande influence, chez les Grecs et les Romains, qu’à partir de lere chrétienne.

Quoiqu’une considération si simple ressortît avec évidence des faits exposés dans mes Recherches pour servir à l’Histoire de l’É-

gypte, les inductions qui l’appuient ne se sont réellement présentées à moi que lorsqu’un fait nouveau est venu servir de lien commun à une multitude de renseignemens, sur lesquels je ne m’étais point appesanti.

Ce fait nous est révélé par une des momies que M. Cailliaud a rapportées tout récemment de Thèbes. Donner l’explication de ce curieux monument , montrer son rapport avec l’objet des autres représentations zodiacales qui nous restent de l'antiquité, et avec l’esprit général de l’époque à laquelle il appartient; tel est le but que je me suis proposé dans ces Observations.

J’aurais pu attendre , pour les rédiger, qu’un plus grand nombre d’indications du même genre fussent venues confirmer les conséquences que j’en ai tirées. On trouvera peut-être encore que j’ai mis trop de précipitation à composer, et surtout à publier un écrit qui touche à beaucoup de points de l’antiquité , combat plusieurs opinions soutenues par des gens habiles, et tend à en établir d’autres que je crois nouvelles. En se hâtant ainsi , on court le risque, malgré le soin le plus scrupuleux, de commettre plus d’une erreur de détail dans un champ aussi étendu, de négliger des laits importons , de ne point apercevoir tous les rapports

des objets, ou d’en voir qui n’existent pas , et d’effleurer beaucoup de questions qui mériteraient d’étre approfondies. Comme cet inconvénient ne peut tomber que sur l’auteur, je m’en inquiète assez peu ; mais il m’a toujours semblé très utile aux intérêts de la science, d’appeler promptement la discussion et la critique sur les points de vue que suggère la découverte de faits nouveaux; et c’est ce qui m’a déterminé à ne pas différer la publication de cet opuscule.

Je le livre à l’examen des savans ; ils y verront, du moins, que l’auteur est animé d’un désir sincère de la vérité , qu’il la cherche avec ardeur partout où il espère la découvrir. C’est pour tâcher d’atteindre ce but, qu’il discute toutes les opinions qui se rencontrent sur sa route, et qu’il les examine en elles-mêmes , quelle que soit la patrie de ceux qui les ont émises ; car, à ses yeux , les opinions scientifiques ne sont d’aucune nation : elles sont vraies ou fausses, certaines ou douteuses , et rien de plus.

Ce que j’ai fait à legard des autres, je désire qu’on le fasse pour moi-même, persuadé que la vérité ne peut sortir que de la discussion libre des opinions contradictoires.

CRITIQUES ET ARCHEOLOGIQUES

sur l’objet des

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