‹ Observations de l'Hon. D.B. Viger contre la proposition faite dans le Conseil législatif le 4 de mars, 1835 [microforme]Chapitre 10 sur 10 · EN RE · texte numérisé non relu

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Il serait d’ailleurs facile, à lui (M. V.) de faire contraster l'importance des observations de M. Roebuck avec la faiblesse, pour ne rien dire de plus, de celles de M. Stan ley, quand il avuit tenté de Jui répondre et dont pourtant l'honorable membre avait rappelé le souvenir avec tant de complaisance. Il ( M. V.) se contenterait de signaler, dans le discours du ministre d’alors, quelques traits d’après lesquels les honorables membres pourraient juger s’il régnait une exactitude bien scrupuleuse dans l’exposé de faits au moyen duquel M. Stanley prétendait, dans cette occasion, justifier la conduite du bureau colonial, et, comme il le disait lui-même, défendre sa propre cause devant les communes d'Angleterre.

Entre beaucoup d’autres assertions, non moins extraordinaires, il avait avancé comme un fait qu’il y avait beaucoup d'animosités religieuses dans la province, et que le L'honorable membre pouvait regarder à sa gazette et voir si sa mémoire ( de Mr. V. ) était infidèle.

Ce discours, qu’il ( M. V.) avait entendu prononcer,

grand nombre d’émigrés français en était la cause.

l'avait jeté dans un si profond étonnement qu’il avait craint d’abord de n'avoir pas bien saisi le sens des termes ou des Hi (M. V.) avait aussi lu, dès le lendemain matin, à plusieurs reprises et depuis relu

expressions du ministre.

de mème ce discours dans les feuilles du jour dont les sténographes avaient la réputation la mieux établie. Ce n'était qu’en voyant le concert qui régnait dans leurs rapports, qu'il (M. V.) avait pu se convaincre qu'il ne s'était pas mépris sur ce sujet.

Sans parler de tant d’autres erreurs qui se fesaient remarquer dans toutes les parties de ce discours, celles qu'il (M. V.) venait d'indiquer n'étaient qu’un faible échantillon de celles dans lesquelles ce ministre était tombé relativement à cet objet en particulier. IL était revenu cinq fois à la charge contre les-émigrés français. Il avait parlé d’eux comme si, jouissant d’une influence puissante par leur nombre et leur importance dans le pays, ils avaient importuné son administration par des demandes exagérées, par des prétentions auxquelles on ne dût pas déférer aux dépens des sujets britanniques, qu' 2 gouvernement devait protéger. Si l’on en avait dû croire M. Stanley, les premiers auraient été jusqu’à réclamer les fonctions publiques, les faveurs du gouvernement au préjudice des seconds. Il asssurait avec une égale gravité, que sur deux cents fonctionnaires publics, il se trouvait quarante #rois émigrés français. C'était en observant qu’ils ne devaient pas l'emporter, par le nombre, dans les emplois sur les swjets britanniques, tandis que de fait il ne se trouvait point ici d'émigrés français revètus de charges du gouvernement; qu’il se trouvait à peine des personnes de cette nation dans la province.

Quelles assertions dans la bouche d’un secrétaire d’état ! que penser des renseignemens qu’on lui fesait parvenir en le voyant se donner en spectacle comme un homme absolument étranger à ce qui se passait dans les colonies dont l'administration était confiée d’une manière spéciale à sa

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surveillance ? Tout le reste de son discours était un tissu d'assertions tout aussi dénuées de faits pour les appuyer. Îl était vrai de dire que ceux auxquels il avait cru devoir s'en rapporter pour les débiter étaient sans doute les vrais coupables ; que ses erreurs devaient ètre leur ouvrage. En même temps il ( M. V.) voudrait pouvoir dire que l’ignorance fût alors véritablement invincible au bureau colonial, et qu’on n’eût pas les moyens de s’y mettre en garde contre les illusions ou contre l’infidélité de ceux dont le ministre était devenu l'instrument.

L’honorable membre, à la suite d'observations qui n'étaient pas moins vagues que celles qu’il (M. V.) venait de signaler, avait attaqué Mr. Roebuck sur la partie de son discours dans laquelle il avait dit que ce pays ne pouvait espérer de sagesse dans la conduite de son gouvernement, de voir le bonheur y régner autant de temps que la constitution du conseil n’éprouverait pas de changement. L'honorable membre en avait inféré que le conseil agirait contre son honneur en concourant à celte nomination. IL ( M, V.) avait déjà répondu d'avance à cette espèce d’objection par des observations particulières, restées sans réponse. Supposant même qu'elles laissassent quelque chose à désirer, resterait une foule de faits et de principes d’une bien autre importance qu’il (M. V.) avait invoqués, auxquels on n'avait non plus été capable de rien opposer. Aucun des honorables membres n'avait tenté d'élever des doutes sur la vérité des premiers, de contester les seconds. Pour toute réponse, ils avaient ressassé le prétexte, plus que vain, dans les circonstances, de l’honneur du conseil. Il (M. V.) pourrait demander si les honorables membres montreraient le même empressement à rejeter un Bi/2 dans lequel le nom de M. Stanley remplacerait celui de

M. Roebuck ? Regarderaient-ils comme une ignominic de souscrire à sa nomination ? Ne l’accucilleraient-ils pas au contraire avec une vive satisfaction ? Cependant les honorables membres n'ignoraient pas que M. Stanley s'était, en mil huit cent vingt-neuf, prononcé contre le conseil encore avec plus d'énergie ; qu’il avait condamné sans réserve celte branche du gouvernement comme la cause cle tous les abus qui régnaient dans l'administration des colonies,

Comment, au surplus, des hommes, qui fesaient de la science, de lu politique, et du gouvernement l’objet de leurs études journalières, pouvaient-ils tirer d’autres conclusions des faits qu’ils avaient sous les yeux quand les honorables membres n’ôsaient eux-mêmes les envisager, reculaient devant l'examen, ne croyaient pouvoir sortir d'embarras qu'en étouffant toute discussion à ce sujet ? 11 (M, V.) devait dès lors s’arrèter, quelqu'en fut la féfécondité, et laisser les honorables membres à leurs réflexions sur les résultats qu’ils devaient au moins entrevoir du parti que la majorité paraissait résolu d'adopter, de ne pas même mettre de leur côté les formes prescrites par les règles de la convenance en prenant le Bill en considération dans un comité général, enfin de le rejeter sans désemparer.

I ( M. V.) devait, avant de s'asseoir, remarquer au moins, qu'un honorable membre avait envisagé la mission dont il (M. V.) avait été chargé par son pays d’une manière on ne pouvait plus exacte, et l'avait présentée de mème dans ses observations. Il en devait dire autant de son discernement comme de celui d’un autre honorable membre, en évitant au moins insister sur des opinions comme celles contre lesquelles il avait été dans Ja néces-

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sité d'élever la voix, et qui ne tendaient pas moins qu’à dégrader à la fois le peuple et le gouvernement. Il (M. V.) avait dû les combattre avec quelque chaleur, comme avec énergie. Les discuter dans ces circonstances avec le sang froid de l’apathie re serait qu’une faiblesse pour celui qui se trouvait forcé de démontrer ce qu’elles renfermaient d'odieux et de funeste,

Avant que la question fut mise aux voix, Mr, Viger, se leva pour dire qu'il avait donné toute son attention aux observations d'un autre honorable menibre qui venait de parler en faveur de la proposition de rejeter le Z3117 immédiatement. Ne pouvant trouver dans son discours de raisonnemens capables d'appuyer la motion proposée, pas un mot de réponse à ceux par lesquels il( M. V. ) avait lui-même combattue,il devait laisser aux honorables membres à justifier comme ils le pourraient à leurs propres yeux et devant le tribunal de Popinion publique, le parti qu'ils paraissaicat résolu d'adopter.

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