‹ Observations de M. le maréchal-général [Bugeaud, duc d'Isly] sur le projet de colonisation présenté pour la province d'OranChapitre 13 sur 24 · TERRITOIRES DES TRIBUS · texte numérisé non relu

TERRITOIRES DES TRIBUS

EXISTANT C0M.ME USDFRUITIÈRES SUR LE SOL OU l'ÉTAT LEUR A PERMIS DE s'iNSTALL£R SANS POUVOIR ALIENER.

(Le mot de saôcya désigne la condition d'une terre ainsi occupée.)

Bétéoua.

Cette Iribu est originaire du Maroc, de la côte du Rif, elle s'était fixée à Chgniga , près de Mazagran. Le bey Mohamed-el- Kébir, ayant voulu disposer de celte localité, transporta les Bétéoua sur les ruines d'ArzoAv. Il leur assigna un territoire limité comme il est indiqué sur le plan , mais sans leur en conférer la propriété. — Dans cette nouvelle position , les Bétéoua se partagèrent des terres, firent des jardins et bâtirent des maisons. Pendant nos années de guerre, ils ont dû tout abandonner. Une partie enlevée par l'Émir a servi à peupler Tagdemt, une autre regagna Mazagran: beaucoup s'en allèrent isolément habiter les villes. — Ralliés en partie , ils comptent aujourd'hui 64 familles et cultivent approximativement 380 lioclares de terre ; leur territoire a une surface de 2 lieues et 1^2 carrés , soit de 4,000 hectares, dont plus de moite en bonnes terres : le reste , couvert de broussailles , est susceptible d'être défriche. C'est une movenno de 12» habitans par lieue carrée et l;10° de la .surface "mis en valeur. Le village de Bétéoua à

1 puils au pied de la colline, sur laquelle il est construil . l'un plus profond , niais de nieilleiire eau existe près de la mosquée. Dans le prolongement de la colline , qui limite au Sud la petite plaine qui s'étend le long de la mer, entre Bélcoua cl Arzew, on trouve en trois points dillérents des sources, dont 2, celles de Chabat-el-Ray et de Tesmamid , ont une réelle importance. Dans la partie Est, il n'existe ni source, ni puits, et la Macta à son embouchure est presque toujours salée.

Ahmîan .

Le territoire du Ahmian s'étend du cap de l'Aiguille aux marais de la Macta, de l'Ouest à l'Est. Il a la forme générale d'un 8, sa surface est de 16 lieues environ ou de 25 à 26,000 hectares, dont actuellement les lOjl 1" sont couverts de broussailles. Cependant, plus de la moitié des terres sont dans de bonnes conditionde fécondité, si on les défrichait. Le bord de la mer, qui est Irès-accidenté du côté de Djebel-bou-Arous , conviendrait bien pour des vignes. Plus à l'Est, les oliviers réussiraient: au centre. il existe d'excellentes terres. Les eaux y sont bien réparties, La partie de l'Est, vers la Macta, est dans de moins bonnes conditions. Les eaux y sont rares par suite l'habitation plus difficile, parties voisines du marais sont, en outre, malsaines.

La concession usufruitière en a été faite aux Ahmian sans leur demander de rétribution particulière, et sans privilèges d'exemption d'impôts. Cette disposition traditionnelle est fort ancienne : aucun titre ne vient l'infirmer.

Les Ahmian vivent sous la tente : ils sont installés par Mecheta : chaque chef de famille dans le principe a été appelé à recevoir sur la concession totale wne certaine surface déUmitée pour lui et pour ceux qui se rattachaient à lui, comme parents ou serviteurs. Cette organisation a subsisté jusqu'à nous sans modifications.

On compte 12 Mecheta dont suit l'état :

Nombre

Terres

de

Mecheta

Ben Aïsa-bea- Délia

Tentes.

ciiltivt'es

Bel)-Aiad

Ali-hen-Youb

GO

Bou-Relr.'il>

Ben-Rcir-Oiild-Ainer .

Hrahiml)en-Cliourach

Ben-Nekka

Ben-Assani

Mnliniid

El-Gueramin

A<kla-l)en-Be}^rit

Et-IVI(^"graïa

lOTAI

Ce qui corii'>poii(i poiir la population à 1200 individus et pour les terres cultivées à 830 hectares.

D'où il résulte que la densité de la population, est de 80 individus par lieue carrée.

Et la culture dans la proportion de Ip^ de la surface.

Comme productions particulières, ou trouve dans la partie de l'Ouest boisée en chênes verts beaucoup de kermès, et une plante appelée melrata dont les feuilles donnent par infusion une liqueur qui sort à teindre en jaune les cuirs des pantoufles en usage dans le pays

Il y a à signaler ici une prétention dont une portion du territoire des Ahmian , le Mecheta de Megraïa est l'objet de la part des Bcleoua ; ceux-ci en ayant eu la jouissance pendant 4 années sous le Bey Hassen disent en être propriétaires, ce dont ferait foi l'acte d'un cadi. Cet acte emporté au Maroc par un nommé Si-Mohamed-Bagrdad n'a pas été représente.

Garabas ( Proprement dits ).

Le territoire de cette tribu qui de la rive gauche du Sig, traverse le Tlélate, et s'étend jusqu'au près d'Oran, est sabegasans exception, nous n'en examinerons que la partie comprise dans la circonscription de la zone proposée autour d'Oran.

La terre chez les Garabas se divise en Mecheta qui portent chacun le nom du chef de famille auquel il a été donné, primitivement et aussi souvent le nom du délenteur actuel, dans certain cas, le Mecheta se trouve se composer de deux parties séparées, ce qui au moment du partage fut fait dans le but de répartir les pâturages et les terres labourables d'une manière équitable. Cette observation est nécessaire pour l'intelligence du plan.

La nature du pays des Garabas, dans la partie que nous considérons est d'ailleurs très variable. Les pentes des grandes collines sont boisées en broussailles, dans tout le N.-E. elles descendent rapidement vers les fonds pour envahir les terres labourables. La région la plus fertile et la mieux cultivée avoisinc le Tlelate et Tnésal.

MECHETA DES GARABAS

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