‹ Observations de M. le maréchal-général [Bugeaud, duc d'Isly] sur le projet de colonisation présenté pour la province d'OranChapitre 12 sur 24 · DU BOL QUELLES OCCUPENT · texte numérisé non relu

DU BOL QUELLES OCCUPENT

PROPRIÉTÉS PARTICULIÈRES DANS LA ZÔNE COLONISADLE d'oRAN

(Celte nature de propriété est caractérisée par la dénomination de Melk).

Christels.

Celte tribu, formée de la réunion de gens venus des différentes villes de la province, présente un titre très-régulier qui délimite son territoire, et en justifie l'acquisition au prix de 1,000 dinars d'or (le dinar valant 2 douros d'Espagne), soit 12,000 fr. (ancienne valeur ). Le vendeur fut le Bey Mohamed-el-Kcbir. Le plan présente les limites de ce territoire , dont la surface est de 6 lieues carrées ou de 9G00 hectares. Son aspect et sa nature sont très-variés ; au bord de la mer, sous un long arrachement, parallèle au rivage et dans la partie Nord de son abaissement, s'étendent de beaux jardins, arrosés par deux sources dont l'une est très-abondante. Les jardins ont une surface de 50 hectares. Ils sont plantés d'arbres fruitiers. On y cultive avec succès le henné. Entre les jardins et la montagne est le village de Christel. Il compte 62 familles, c'est la population de la tribu. Quelques Espagnols amenés sur ce point comme ouvriers dans une entreprise de sparterie y sont actuellement fixés avec leurs femmes et leurs enfans. Une location de jardin a élé faite à l'un d'eux par les Indigènes. Au Nord de Christel, à une 1i2 lieue, on trouve une petite source ferrugineuse, Aïn-Defla, dont les eaux sont tièdes ; au côté opposé, au Sud, à 2 lieues le long du rivage, est une autre source , Ain-Feranin : elle marque un point de la limite : elle arrosait un jardin , elle pourrait être utilisée avec quelques soins. La montagne des Lions s'élève au-dessus d'Aïn- Féranin : ses versants sont boisés en buissons épineux, Icntisques et chênes verts qui sont très-riches en Kermés-Azelef , présente une source d'une certaine importance. Touirès désigne un beau bassin de terres fertiles. Entre Touirès, Telaminc, et Assi-Mefcssour s'étend une plaine dont Gudyeil occupe le centre : le fond en est très-riche, une grande partie a élé envahie par les palmiers nains et les broussailles ; la source de Gudyeil obstruée par les boues où piélinent chaque jour les bestiaux serait susceptible avec quelques travaux de donner des irrigations jusque dansla plaine. A Tazoul, on trouve des terrains humides où il sulïil de faire une excavation pour avoir de l'eau ; de belles terres légèrement sablonneuses s'étendent de Tazoul vers

Tafrai ; au N.-E. ilc Tazoul, le Djebol-Manissat présente à sa crôtc de grands accidents rocheux : ses pentes peu accessibles sont couvertes de broussailles, on y signale sur plusieurs points la présence de minerai de fer. En considérant attentivement la nature du terrain , on peut assurer que le territoire de Christel oH're actuelloniont un cinquième do sa surface au moins , soit ■2,000 hectares, tout préparés à la culture des céréales : avec des défrichenients assez faciles, on arriverait au chiOre de 6,000 hectares. Il existe dans le surplus des lieux très- favorables à la plantation des vignes ; la partie boisée pourrait être améliorée ou continuer ;\ servir comme pâturages.

La p'^pulation s'élève, ainsi qu'il a été dit, à G2 familles, c'està-dire ;\ 360 individus-, la surface du territoire est de fi lieues carrées, ce qui donne 60 individus par lieue carrée. Christel cultive en céréales 4 80 hectares. La relation entre la surface disponible et le nombre d'habitants, l'étendue restreinte des cultures expliquent comment ce territoire, malgré son appartenance régulière , a été envahi à Gudycil, à Mefessour par les limitrophes, "qui , en assumant la responsabilité des évènemens qui se produiraient sur la route ou dans les environs, { ce dont ne pouvaient se charger les gens de Christel ), jouirent à leur aise chez ces dernier.-î de terrains fertiles et d'eaux abondantes. C'est le fait des Oulad-Sidi-Mansour ( Garabas ), à Gudyeil et d'un douar de Bou-Relrab des Ahmiana-Mefessour. Ils ne peuvent d'ailleurs justifier aucun droit par im titre et il no sont, ni les uns ni les autres, admissibles dans les prétentions qu'ils pourraient élever pour ne pas vider les lieux qu'ils habitent, lorsqu'il y aura lieu d'en disposer.

Propriété particulière de Bel-Gaïd, cadi d'Oran.

L'origine de cette propriété remonte au moment où les Espagnols sortirent d'Oran ; le Bey Mohamed-el-Kébir fit alors des dons de terrain sur ce qui venait de lui écheoir par cette circonstance. Un nommé Mustafa-bea-Mioul reçut en partage tout ce qui entoure le port d'Arzew, eu partantde Mers-Chcher, pour se diriger au Sud jusqu'à l'Oued-Chemrnaar dont la limite suit le cours pour se diriger ensuite sur 1 Oued-Tesmamid au point où il sort des collines, le cours de ce ruisseau jusqu'à la mer formant le polygone. Cette vaste propriété, transmise à des héritiers, a été achetée en 1845 par Si-Ben-Gaïd, cadi dOran. Il en a revendu presqu'immédiatcment le 1|3 à l'État, ce qui a constitué le territoire d'Arzew. Il en reste encore entre ses mains 1,000 à 1,200 hectares dont il est disposé à se défaire. Cette dernière partie est assez mauvaise et nulle pour la culture des. céréales : peut-être pourrait-on y planter des vignes. Il ne faut pas compter sur ce point plus de GOO hectares labourables , Arzew compris.

Terre de Bou-Mcdîan-ben-Ismaël.

Elle s'étend à l'Ouest de la route d'Oran à Mascara, parle Figuier et se termine à Dika ; elle appartient par héritage au ueveu de l'agha Mustafa-ben-Ismaèl-Hou-Médian-bon-Ismaél ;

— sait en a déjà vcnilii une partie : la partie Siul est encore entre ses mains : on le dit disposé à s'en défaire. La surface dé celte terre, qui est d'une grande fertilité, pourrait avoir do surface totale 450 à oOO hectares.

Terre des Asamaiaa.

Elle est située entre la terre du beylik d'El-Kerma et les Salîilia-Assi-el-Biad en fait partie. La possession est constatée par un titre régulier qui existe entre les mains du khalifat de Mascara, Si-Brahira. il la tient de son père le bey Osman. Cette terre est comprise au\ o/i dans le territoire civilement administré, où le détenteur jouit paisiblement de ses droits. Il a pour colons parliaires un douar originaire dos Garabas , qui cultive sur une portion de la terre et fait valoir l'autre pour le khalifa. Celte terre supporte les impôts ordinaires de l'achour et de lazekkat; la surface extérieure au territoire civil est d'environ 350 hectares.

Outre les puits d'EI-Biad dont deux donnent de l'eau potable, il existe encore un bon puits près de la Assi-Bou-Nefad. Récapitulation sommaire des territoires et terrains Melk avec leurs surfaces.

Christei.s 9G0O h.

Propriété (W Ke)-(;aïd 1000

Propriété de lV)ii-Mé(iian-l)en-Isinaël 450

Terre de Asanmia ( liors du territoire civil). . 350

lotal 11400 hectares.

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