‹ Observations et recherches sur la folie consécutive aux maladies aiguësChapitre 14 sur 14 · RÉSUME ET CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

RÉSUME ET CONCLUSIONS

Il survient quelquefois dans la convalescence d'un certain nombre de maladies aig-uës (fièvre typhoïde, choléra, roug-eole, varioloïde, variole, ang-ine tonsillaire, pneumonie, pleurésie, bronchite, rhumatisme articulaire aig^u, érysipèle) un véritable délire chronique.

La forme de ce délire n'est pas la même dans toutes les alTections ; cependant ces différents états sont reliés par un ensemble de symptômes communs (stupeur, hallucinations).

Des recherches de Scipion Pinel, Etoc Demazy, Belhomme et Baillarg^er sur la cause immédiate de la stupeur, et des recherches de M. Boureau sur les hallucinations, on déduit facilement le mécanisme du trouble mental qui nous occupe, dont il faut rechercher la cause efficiente, dans l'altération physico-chimique du sang*, laquelle ag-it en déterminant des cong'estions passives, en privant le cerveau de son excitant naturel et en altérant sa nutrition.

Le diag'nosticde cet état de folie est facile à faire, il sufQt que l'attention du médecin soit éveillée sur ce point.

Dans certains cas, une forme de délire se substitue à une autre (manie, monomanie, lypémanie),

il faut alors rechercher avec soin s'il n'existe pas une cause prédisposante d'une grande valeur, au point de vue du pronostic (action prolong-ée d'une cause morale, excès vénériens et alcooliques et surtout l'hérédité).

L'apparition d'un délire calme, caractérisé j.ar une conception délirante, la perte partielle de la mémoire, la stupeur, des hallucinations, une excitation maniaque lég-ère, avec cela point de rémittence, sont autant d'états qui doivent faire éloig-ner l'idée d'une cause prédisposante fâcheuse, et permettre conséquemment de porter un diag-nostic favorable.

L'existence d'une de ces causes prédisposantes n'entraîne pas nécessairement l'incurabililé, mais influe sur la durée de la maladie.

Ce délire se dissipe en g'énéral promptement lorsque les forces reviennent.

Un rég"ime tonique hâté ce retour, et devient spécialement indiqué, lorsque l'état anémique du sujet peut être mis hors de doute.

Page 1