‹ Observations et recherches sur la folie consécutive aux maladies aiguësChapitre 13 sur 14 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Quel est le g*enre de traitement qu'il convient d'employer?

En premier lieu, la question qui doit nous occuper est celle de l'isolement sur lequel le Max. Simon appelait l'attention des médecins lorsqu'il publiait, en 4844, les premières observations sur la folie consécutive à la fièvre typhoïde.

Si l'isolement est un moyen puissant, énerg»ique et rationnel de traiter les aliénés, il n'est pas à dire que, pour cela, il doive être indistinctement employé dans tous les cas d'aliénatfon mentale, et .Si jamais une restriction à ce sujet a présenté un

véritable besoin d'étude, c'est assurément dans la question qui nous occupe.

Est-il possible de déterminer dans quel g-enre de délire consécutif l'isolement doit être employé d'emblée, quels sont les cas, au contrnine, dans lesquels il faut temporiser? D'une manière précise qui formule à cet ég-ard une véritable loi, la chose est difficile, sinon impossible; il existe pourtant des circonstances dans lesquelles on peut s'arrêter à l'un de ces deux partis, sans aucune hésitation. Lorsque le malade, consécutivement à la fièvre typhoïde, est en proie à un délire calme, dont le caractère est une conception délirante ambitieuse ou autre, lorsqu'il tombe dans un véritable état de stupeur ou d'affaiblissement intellectuel, si encore il n'y a que quelques hallucinations ou une ag*itation maniaque qui permette de le maintenir sans difficultés, il ne faut pas hésiter à conserver le malade dans sa famille, la g'uérison n'est pas loin; et lorsque quelques jours après il reviendra à la santé, il serait fâcheux qu'il se trouvât dans un établissement d'aliénés, lorsqu'il eût été si facile d'éviter cet incident pénible.

Consécutivement aux maladies aig'uës, les symptômes que nous venons d'énumérer n'ont aucune tendance, comme dans la folie commune, à se succéder et à donner ainsi au trouble mental une durée considérable. La forme primitive du déhre chronique développé est celle qui, en g-énéraî, persiste jusqu'à la g-uérison, qui ne se fait pas attendre.

Mais lorsque, au contraire, le malade est atteint^

d'ag"itation maniaque qui rend son voisinage difficile, il n'y a pas à hésiter, il faut employer l'isolement qui, dans ce cas, est destiné à protég-er la famille et l'aliéné, et ramènera plus promptemenL ce dernier à la santé, par les moyens appropriés dont disposent les établissements spéciaux.

Une des circonstances qui militera le plus en faveur de l'isolement, sera l'existence d'une de ces causes prédisposantes dont nous avons parlé déjà, et parmi lesquelles nous avons compté surtout les excès alcooliques, les excès vénériens, l'hérédité.

Dans les cas où on a jug-é qu'il y a lieu de conserver le malade au sein de la famille, et que, par conséquent, on a droit d'espérer une prompte g^uérison, quels moyens doit-on employer pour favoriser, pour hâter' ce retour à la santé?

En nous appuyant sur les faits et sur les opinions des hommes qui ont eu à traiter de semblables malades, c'est au traitement tonique, représenté surtout par un rég-ime fortifiant, aidé de l'exercice au grand air, qu'il faudra avoir recours. Nous avons vu que la guérison, sous l'influence de ce moyen, ne se fait pas attendre. -

Il est bon de mentionner ici une remarque faite par M. Delasiauve. Cet aliéniste distingué rapporte que, lorsqu'il eut à traiter des cas de folie développée pendant la convalescence du choléra, il usa du traitement tonique avec une grande modération au début, afin, dit-il, de ne pas éveiller la susceptibihté des organes digestifs. C'est surtout dans les cas de folie consécutifs à la fièvre typhoïde et à

Ghéron.

l'affection qui a motivé la remarque de M. Delasiauve, qu'il est bon de suivre un pareil avis.

Dans quelques circonstances où. un état d'anémie bien caractérisée coexistera avec l'état d'aliénation, il faudra avoir recours aux préparations de fer, et principalement à celles de quinquina. Nous avons vu que, dans un cas de folie survenue dans la convalescence de l'ang-ine tonsillaire, l'état anémique du malade suscita la pensée d'en venir à l'administration du fer et du quinquina, et la g^uérison, qui ne semblait pas près de se faire, apparut dès les premiers jours d'un semblable traitement.

Des observations publiées ultérieurement permettront, il faut l'espérer, de donner plus de précision que nous n'avons pu le faire aux questions de diag-nostic, de pronostic et de traitement de la lolie développée dans les conditions que nous venons d'étudier. Il est à désirer que les antécédents du malade, les causes prédisposantes de toute nature y soient notés avec soin; d'autres pourront alors, plus heureux que nous, écrire sur ce sujet un travail plus complet, plus précis, et, par conséquent, plus profitable que le nôtre.

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