Et encore « honi, home, homes, ommes, preudomes
3. J'ajoute à cette liste la préposition o (M 17, 33, 37), signifiant avec, qui ne devait pas s'écrirg ou.
lettre u alterne avec le b dans les mots : « estable (D 13, H 79, » L 23, M 88, N 82, P 31, 39), honorables (M 6, 13), hoime- » râbles (N 12, Q 7), parmenablement (E 30). On peut dire en outre que dans cette phrase : « Pour ce ke ce soit ferm et estavle » (F 38), » le neutre estavle a un e final uniquement parce que l'articulation vl doit s'y appuyer; car, en supposant que la consonne l eût été précédée de la diphthongue au, on eût écrit le neutre estaul, comme le neutre fenn, sans e final ^ Enfin, les leçons : « paisivelement (H 24), yritavelement (L6), » ne permettent pas d'assigner dans ces mots à la lettre u des cliartes une autre valeur que celle de notre consonne v .
Il n'est pas ordinaire que le suffixe latin bili soit représenté comme dans ces deux adverbes par vêle au lieu de vie ou ble, et l'on peut être certain que la prononciation était plutôt d'accord ici, comme dans bien d'autres cas, avec l'orthographe qui supprimait Ye représentant Yi étymologique de la syllabe bi. Par la même raison, les lettres soulignées dans les exemples suivants devaient rester complètement muettes : « aposteles (A 25)~, ca- » pitdes (B 17), chartere (SI), onkele (K 4), virgene (J 16), » viverai (J 24). » De là vient qu'on écrivait aussi : « capitles (A, F, H), oncle (S 123), » de même que : « souvrains (K 12, N 79), souvrain (0 21), » au heu de : « souverains (Q 65). » Peut-être aussi doit-on croire que le participe : « connie (J 2), » calqué sur le latin : « cognita, » n'existait pas dans la langue parlée, et que ia prononciation y avait introduit définitivement Y II qu'on retrouve dans : « conut (S 115), conutes (H 38, N 56), » recogniit (S 84) ^. » En tout cas, il y a lieu de ne rien affirmer en présence de telles variantes, et celles qui s'éloignent le plus de
1. L'e final n'aurait pas existé non plus au féminin singulier, et l'on aurait dû former les adverbes « iretaulment, parmenaulment, paisieulment », et non « iretaulement », etc. par la même raison que l'on disait » loialmenl (A V2), loiaunient (G 41), perpetuelmeut (J 10), perpetueument » (i\ 60), etc., et non (1 loialement, perpetuelement «, etc.
2. Peut-iHre y avait-il une prononciation différente pour apostole (G 48), titre qui désignait le souverain pontife.
3. Cependant il serait possible que le son de 1'/ se rapprochât quelquefois de celui de Vu et réciproquement; ou s'expliquerait ainsi le participe consenlu (U 22), et vesiu (N 9) qui concourt avec ravcsti (F 33). L'usage a rejeté coiuentu et ravesti; mais il a conservé vestu, comme issu (M 73), temi (A 34) et revenu (H 50).
l'étymologie sont en général celles qui se rapprochent le plus de la prononciation.
Avant de terminer ce Mémoire, je crois nécessaire de prévenir une critique qui pourrait m'etre adressée. Sans contester ce que j'ai dit sur les principaux caractères du dialecte des chartes d'Aire, qui sont les articles féminins li et le, les pronoms féminins le, me, se, l'emploi du k, du c dur et des lettres ch dans des mots où d'autres dialectes n'us mt pas des mêmes formes orthographiques, on pourrait m'objecter que tous ces faits sont connus depuis longtemps, et qu'ils n'ajoutent rien à nos connaissances grammaticales. Ma réponse est faite d'avance ; je répéterai ici ce que j'ai dit à la fin de mon Mémoire sur la langue de Joinville : « Je n'ai pas eu la prétention de découvrir des théories nouvelles ; mais j'ai pensé que, tout en m' appuyant sur des" règles déjà connues, je pourrais j rattacher des observations qui ne seraient pas inutiles à l'étude de nos anciens dialectes. Il m'a paru, en outre, qu'il était toujours bon de constater avec précision jusqu'à quel point ces règles ont été observées dans un temps et dans im lieu déterminés. »
Natalis de Wailly.