‹ Observations météorologiques, faites a Avignon suivies d'un tableau monographique des taches du soleilChapitre 22 sur 31 · CHAPITRÉ HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRÉ HUITIÈME

Des Facules.

Si les tâches et leurs pénombres contribuent quoique insensiblement comme on ne saurait eu douter, à affaiblir la splendeur du soleil, les facules dont je vais m'entretenir , et certains espaces plus lumineux augmentent l'éclat et la caloricitc de ses rayons. Le disque solaire en apparence uniforme parait à l'aide du télescope rempli de petites ondulations , de sorte qu'on y distingue des parties plus brillantes, ayant comme les taches un mouvement de progression uniforme.

Ce phénomène n'est point , ainsi qu'on pour rait le croire, une illusion produite par les instrumens.

Les facules semblent faire quelquefois partie des taches, mais on les voit aussi plus ou moins isolées; elles les accompagnent , leursuccèdent, et sont quelquefois si déliées qu'on ne les apperçoil pas , ou qu'on ne les distingue qu'avec

peine lorsque l'atmosphère est agitée, ou qu'elle n'est pas d'une transparence parfaite. Tautôt on les prendrait pour un reste de la tacbe , tantôt pour un élément de sa formation.

Toutes n'ont pas le même éclat , elles sont plus ou moins brillantes. Les taches ainsi que les facules ne se voient pas sur tous les points du disque solaire , mais dans une bande que son équateur rotipe en deux parties égales. Mous pouvons considérer avec Scheiuer le globe solaire comme divisé en cinq zoues : celle du milieu correspondant à la lorride , comprend un espace de fVi degrés. Culte région agitée , tumultueuse, effervesseule est celle des lâches et des facules ; les zones adjacentes sont calmes ; on n'y distingue que des ombres légères et peu remarquables ; les régions polaires sout d'un éclat constamment uniforme.

Les taches sont au soleil ce que les nuages et les brouillards sont à la terre. Qu'on se suppose élevé de deux ou trois mille lieues sur notre globe; de cette hauteur on verrait les inégalités de sa surface , sans eu excepter les brouillards et les nuages , entraînés par sa rotation diurne. Ceux-ci ne couvraient pas entièrement sou <Us-

que , mais on les observerait ça et là , se former, s'agrandir, diminuer et disparaître. Us seraient entraînés avec une vitesse uniforme ducôtéde l'Orient et traverseraient en douze heures le disque terrestre. Si l'on regardait quelques points remarquables sur la surface de la terre on les verrait tous s'approcher de son bord oriental, disparaître et se montrer quelquefois le lendemain. Les nuages de la veille , s'ils exilaient encore , seraient aperçus sous une forme différente a causede l'agitation continuelle des vents. Tous ces objets semble raient plus élargis au milieu du disque et plus étroits eu approchant de ses bords. Leur progression paraîtrait inégale > plus lente éloignés du centre , plus rapide en s'en approchant Voilà ce qu'on observe dans les tacues du soleil , avec celte différence que les nuages de la terre traverseraient son diique en douze heures et ceux du soleil ou ses taches en M jours , temps que met cet astre vu de la terre pour faire une demi-révolution sur son axe. Nos nuages ressembleraient k des points blanchâtres, tandis que les taches du soleilqui nous cachent une partie de sa lumière nous paraissent sombres et noirâtres.

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