‹ Observations météorologiques, faites a Avignon suivies d'un tableau monographique des taches du soleilChapitre 30 sur 31 · CONJECTURES · texte numérisé non relu

CONJECTURES

De quelques astronomes modernes , relatives à la nature du globe de la lune et à Vexistcnce de ses habitons.

S'il faut eu croire Buffon, toutes les.planètes ont été détachées à la fois du soleil , les grosses', telles que Jupiter et Saturne , sont encore brûlantes ; l'excès de la chaleur n'y permet pas l'habitation. Dans les petites, telles que la Lune, le refroidissement est consommé : elles sont dans un état de glace et de mort. La Terre avec sa grandeur moyenne , avec les secours du So« leil, jouit de cette heureuse température qui rend habitable le plus grand nombre de ses climats ; ses pôles seuls , abandonnés du Soleil , sont inhabités , circonscrits et fermés [par une zône de glaces qui s'étend et s'avance lentement sur le globe , en lui annonçant sa destinée.

Il paraît que la Lune n'a point d'atmosphère ou qu'elle existe dans un tel état de ténuité qu'elle échappe à nos investigations et ne laisse que de faibles doutes relatifs à son existence.

N'est-il pas naturel de croire que U Lune est

privée de cette chaleur qui agite l'intérieur du corps et en fait évaporer les parties les plus subtiles ? Scrait-il trop hardi do conclure que quand un corps n'a pu se former une enveloppe de ses propres émanations , il est entièrement stérile , dans un repos absolu et glacé, qui esfc l'état de mort pour les corps inanimés ? Comment la Lune aurait-elle, avec de la chaleur , des liquides sans émanation ? Comment aurait-elle des êtres vivans sur un globe sans eau et presque sans air ? Comment ses végétaux pourraientils croître si elle ne tire rien de son sein {1).

La Lune n'est pas dans un état semblable à celui de la Terre ; une quantité de vapeurs s'élève dans notre atmosphère, des nuages s'y amassent qui , vus de loin , doivent cacher les

(■) Est-il bien philosophique , □«craï»rj« d Huvgens, Buffon , Biillv , etc. , de mettre m parallèle U constitution géologique et les productions des planHes »wc ce que nous observons sur un globe qui n'est qu'un atome dans fesface comparé à la masse des corps céleste* ! Un point de voe aussi orgueilleusement rétréci ne senble-t-ilpM assigner des limites à Ia puissance infinie ! Si lesproduetionide la terre tontiimiées ,pour~

conlinens el varier leurs apparences. Le inégalités de la Lune sont toujours visibles , jamais aucun voile ne lus couvre, lille n'a ilouc ni vapeurs ni nuages : il lui manque une atmosphère pour les recevoir cl des eaux pour les formée. Les grands espaces qu'on avait pris pour des océans , ont des cavités ou l'on voit L'ombre à cùlé de la lumière ; ou n'aperçoit nulle part le niveau d'un fluide. Sa surface est entièrement raboteuse et aride ; tout y paraît tranquille et sans mouvement.

Il semble que Tyclio l'un des grands bassins de la Lune ait renfermé un volcan immense d'où sont sortis des fleuves de lave dont les dut s durcis forment l'assemblage de ces rayons extraordinaires qui l'entourent. L'eau de la Lune comme le suppose Buffon, serait-elle toujours

quoi ne pas admeilre des créations animales, végétales et minérales- ou appartenant 11 dis re^r-cs dont nous ue pouvons nom former aucune idée , oui se nourrissent et tf multiplient d'une manière inconnue.

Nous répuçnerait-il de croire qu'il existe dans chaque planète, brûlante ou refroidie, aride ou humectée, aiec ou sans atmnsphiVe , des îties organisés qui, incompréhensibles a notre faible intelligent , échappent a ses

( loi )

en état de glace, et cet état produirait-il ces mêmes rayonnemens ? (Jue d'incertitudes , que de doutes !

La Lune nous laisse voir des plaines, des montagnes el le spectacle d'une terre semblable à la mitre. Ces demeures pareilles demandent les mêmes habitans. Pourquoi La nature aurait' elle placé des êtres vivaus -dans un point de l'espace et abandonné tout le reste à la solitude et au silence ? Au milieu de tant de globes plus vastes, la nature étendue , imposante, n'a pas élé ordonnée pour un globe étroit et pour quelques individus. L'univers appartient à l'homme; l'homme en est l'habitant , puisqu'il le parcourt de la pensée el le décrit par sou intelligence. Cette idée de la pluralité des mondes habités est une idée antique. Fontanelle a rajeuni ce système qui n'en est point un pour les esprits ' philosophiques : eu formant ou eu adoptant les conjectures il se renferma dans les bornes convenables, ïïuygens , qui écrivit aussi sur celte matière, se montra moins sage. Il ne se contente pas de placer des hommes cl des animaux dans toutes les planètes ; il examiouq [telles peuvent être les l'ormes, les allures de ces auiinaux,

les sens que doivent avoir les hommes ; il y retrouve les mémos inventions que sur la terre ; il y fait naître les sciences et particulièrement l'astronomie.

Baillt. Hist. deVAstron. , passlm.

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