‹ Observations météorologiques, faites a Avignon suivies d'un tableau monographique des taches du soleilChapitre 29 sur 31 · OPINIONS · texte numérisé non relu

OPINIONS

Des philosophes grecs sur la nature , V éclat , la grandeur ou la distance de la lune.

Si les opinions relatives à !a morale étaient si incertaines et si multipliées chez les philosophes de la Grèce, les sciences pb y siques n'offraient pas une plus grande certitude , ni moins de variations. Le tableau suivant que j'ai extrait en grande partie de IMutarque et de Stobée (•)

1° La circonférence de la lune dl^dix-neuf fois plus grande que celle de la terre ; elle rcsremblcàuue roue concave et enflammée don r la position détermine les phases. — Anaximandre.

2" F.lle est une substance embrasée. — Aiiaximène.

3" Elle est un corps solide , enflamme qui renferme des plaines , des montagnes et des vallées, — DêmocrUe et Anaxayorc.

(°) Des opinions philosophique. — Plctahque.

De la figure que l'on ïuit dans la loue. — Idem. EgloguM phyjiques — Stob£b.

4° Elle est une pierre ponce embrasée.

— Dùtgène.

5" Elle est un corps à demi-bràlé. — Bdrose.

6" Elle est de nature ignée. — Pythaqare , Clcanthcs.

7° Le feu en forme une grande partie , l'autre ressemble à notre terre. — Platon.

8° Plus grande que la terre , elle est un mélange d'air et de feu. — Posstdonius.

9° Elle est un feu émané du soleil, qui aservi à l'évaporation des eaux. — Ohnjsippe.

10" Elle est delà grandeur du soleil et capable île réfléchir ses rayons. — Parutêmde.

Elle a la forme d'une nacelle entourée d'une épaisse nuée. — HèracUte.

12° Elle est un nuage épaissi ou concret. — Xénophanc.

13" Elle est une terre semblable h celle que nous liabilons. — Thaïes.

11" Elle est une terre entourée de nuages.

— HcracUde , Uccellus.

15" Elle est de la grandeur du soleil et plus grande que la terre. - Parmenidc, les Stoïciens.

16" La lumière de la lune provient de sa nature même. — Anaxiinandix , Jntiphon.

47» Sa lumière vient de son état aérien à demi

obscur. — tes Stoïciens.

18" Sa lumière est causée par la réverbération de celle du soleil. — Pythagorc , Parmenide , Empêdocle , Anaxagorc , Métradore.

49" Elle brille à cause du renversement de la nacelle dont elle a la forme. — Heraclite.

20" Elle parait obscure quant elle tourne du côlé qui n'est pas éclairé. — Béro se.

21° Ses phases sont occasionnées par sa positiou relativement au soleil. — Platon, Aristotci les Stoïciens , les Mathématiciens.

22 u Elle est semblable à la terre et nourrit des plantes et des animaux. — Pliilolaiis.

23° Elle réfléchit l'image des mers situées en delà de la zone torride, — Quelques Pythagoriciens. »

21° Sa surface inégale renferme des plaines, des cavités , des montagnes, des parties obscures et d'autres éclairées^ — Anaxagore.

25" Elle renferme des vallons et des montagnes qui y projettent .leurs ombres. — Démocrate.

2(3° Elle est ua mélange de feu et d'obscurité. — Parménide.

27° Le mélange de l'air s'oppose à l'homogéDéitë de sa surface. — Les Stoïciens.

28° Les nuages de la lune plus ou moins denses , plus ou moins éclairés par le soleil , lui donnent l'aspect sous lequel nous la voyons. — « Quelques, mathématiciens.

29° Elle est un astre superflu.— J(énophane.

30" Elle est sphérique comme le soleil — Les Stoïciens. •

3 1° Elle est deux fois plus éloignée de la terre que du soleil. — Empédocle,

32" Le soleil est éloigné de la terre de huit cent quatre mille myriades de stades, et la lune de sept cent quatre- vingt myriades. — Eratostficne.

33" Elle est huit ou dix fois plus éloignée de la terre que du soleil. — - Quelques mathèma-, ticiens.

34 n Elle est à une distance de cinquante-six demi diamètres de la terre. — Arislanpte.

35" Son volume est soixante et douze fois moindre que celui de la terre. — Astronomes Egyptiens cités far Ptuiarquc.

3& Il ne pleut jamais dans la lune. — Ptutartfue-

37° Sa surface, ainsi que celle de la terre, présente des sinuosilés , de profondes vallées, d'immenses précipices, de; gouffres dans lesquels la lumière du soleil ne pouvant pénétrer est ré ilérlik' jusqu'à nous. — Phttartjuc.

38" four être certain que la lune n'est point habitée, il faudrait l'être aussi que des créatures sans bouche ne pourraient pas vivre au moyen des «leurs, el telles sont peut-èlre les créatures de la lune. — Pliitarqitc.

-10" Siquclqucs plantes d'Arabie se flétrissent et meurent quand on les arrose, pourquoi ne croîtrail-il pas dans la lune des végétaux qui peuvent se passer de pluie ? — Platarf}itc.

Au milieu de tant d'erreurs et de contradictions ou découvre ici des vérités frappantes , qui sans doute appartiennent à une astronomie plus antique et plus perfectionnée que celle des Grecs. Cette science , toujours au berceau chez eux , ne pouvait leur avoir donné les moyens de calculer l'éloiguement du soleil, trouvé par EraiostUène , de nuit cent quatre mille myriades de stades , ou d'environ 3350JD;K) lieues de 2280 toises et de 25 au degré ( en employant,

comme je l'ai fait , le stade tle 9 1 toises et demi tel i|iie le désigne Barthélémy dans son Anacliarsis. )

La distance de la lune de sept cent quatre myriades , que j'ai trouvée de 1 H!iG des mêmes lieues, donne encore une distance qui ne diffère que d'un dixième de celte indiquée par nos astronomes modernes !

Aristarque ne pouvait avoir découvert non plus, que la luoe était à 5(i demi-diamètres de la terre, ce qui n'est pas U'ès-élui^ué de la vérité j etc, etc. C'est ainsi que les anciens (Jrecs mêlaient aux opinions les plus absurdes des connaissances empruntées à des peuples ipii , sous bien des rapports, et avec juste raison, les regardaient comme des eufaus à demi-barbares.

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